Titres et travaux scientifiques. Octobre 1919
nous pouvons revendiquer, comme l’un de nos titres les plus chers, d’être l’un des fils scientifiques de Cornil.
Depuis quelque vingt ans, nous nous sommes donc efforcé, l’expérience aidant, d’édifier peu à peu une science jadis bien rudimentaire — l’anatomie pathologique comparée — et de remplir, pour le mieux, notre mission éduca-
tricè. Au point de vue de la recherche, dans un établissement comme l’École d’Altort, qui est une mine inépuisable, que de matériaux, que de richesses anatomo-pathologiques et cliniques ne peut-on pas rassembler I Et quel profit, pour la science expérimentale, si l’on disposait, pour les étudier moins superficiellement, d’un nombre suffisant de collaborateurs !...
Quoi qu’il en soit, nous avons pu constituer des Collections qu’on nous affirme uniques au monde, comprenant plusieurs milliers de pièces et documents, qui nous permettent aujourd’hui de substituer à nos cours, comme il convient, de véritables leçons de choses.
On nous permettra de ne pas insister sur l’organisation parallèle — qui nous a coûté beaucoup d’eitorts — de notre enseignement pratique, macroscopique et microscopique et celui, que nous avons innové, de la technique des autopsies.
Notre activité s’est en outre constamment exercée au sein de nombreuses sociétés médicales, dont la fréquentation régulière nous a été si profitable : la Sociàé anatomique, dont nous avons été vice-président ; la Société de pathologie comparée, que nous avons présidée et la Société centrale de médecine vétérinaire, que nous présiderons demain, après en avoir été, pendant douze ans, le secrétaire et, pendant cinq ans, le vice-président ; l'Association française pour l’étude du Cancer, dont nous sommes, depuis l’origine, l’archiviste ; la Société d’études scientifiques sur la tuberculose, que nous avons contribué à fonder, etc.
Notre Index chronologique mentionne un total de près de quatre cents communications, d’importance d’ailleurs tort inégale, mais qui, à défaut d’autre mérite, témoignent pour le moins d’un labeur ininterrompu et du désir de faire apprécier, dans les divers milieux scientifiques, l’École.réputée à laquelle nous avons l’honneur d’appartenir et que tant de Maîtres éminents ont illustrée.
Les divers chapitres de cet exposé révèlent l’ensemble de notre programme: Recherches sur la tuberculose et les pseudo-tuberculoses, sur les tumeurs et en particulier le cancer, sur la pathologie comparée du système nerveux, sur le radium et la radiumthérapie, etc. (Voir la Table des matières).
Expérimentalement, nous avons contribué à établir l’importante notion de l’identité de la tuberculose humaine avec celle des Carnivores domestiques, d’où découlent certaines mesures prophylactiques. Pour le cancer, étudié avec prédilection chez les animaux domestiques, nous avons réalisé, parfois avec succès, d’intéressantes tentatives de greffes. En ce qui concerne les applications de la radioactivité à la thérapeutique humaine, — par exemple la radiumthérapie de certaines formes de démence, — ou vétérinaire, voire même à la physiologie et la pathologie végétales, ou, si l’on préfère, à l’Agriculture, tout est expérimental et, nous l’espérons, quelque peu suggestif, dans ce que nous avons produit ou ébauché.
, Mais nos travaux dominants sont bien ceux qui se rapportent à l’anatom
logique, c’est-à-dire à notre spécialisation. La comparaison, qui captivait dàÿà Cruveilhier, des lésions observées chez l’homme avec celles constatées chez l’animal, est déjà fructueuse en soi; d’autre part, maints faits obscurs ou énigmatiques de la pathologie générale et de la pathologie humaine s’en trouvent vivement éclairés.
C’est, abstraction faite des charges de notre enseignement, à cette œuvre patiente d’intéressante et précise documentation, annoncée, il y a vingt ans, dans notre Programme raisonné de la Chaire d’anatomie pathologique, que nous nous sommes, jusqu’ici, principalement consacré.
TITRES, FONCTIONS, DISTINCTIONS HONORIFIQUES, OUVRAGES D’ENSEIGNEMENT ET DIVERS