LES ALTÉRATIONS DU COLON DROIT — LA STASE COLIQUE
Dans ce travail, nous avons essaye «le diiïerencier les dilTérenlcs altérations du colon droit qui toutes se traduisent par le syndrome : eonstipation avec crise de diarrhée, altération progressive de l’état général.
Ces altérations sont : a. la péricolite membraneuse ; b, le cæcum mobile primitif; c. la typhlectasie atonique; tl. la typhlo colite chronique.
Le cæcum mobile est décelable par l’examen clinique (manœuvre de Wassermann) et par l’examen radiographique, d’abord sur le dos, puis sur le côté gauche; la péricolite membraneuse se décèle à la radiographie par les brides sus-cæcale et le colon « barreled » ; l’ectasie, par l’examen clinique et la radiographie.
Quant a la typhlocolite. douloureuse, diarrheique. elle se traduit a la radiographie par un état moucheté, piqueté spécial que nous avons décrit avec Henri Béclère. Elle se traduit aussi de la façon la plus nette à l’examen chimique des fèces.
Il est nécessaire de différencier les différentes alterations dans le syndrome général constipation.
Très différente de la constipation colique gauche, la constipation colique droite est justiciable dans ses formes moyennes et graves d’un traitement chirurgical variable.
La libération simple des adhérences donne des résultats immédiats intéressants, mais celles-ci sont vouées à la reproduction. Les résultats tardifs de nos interventions ont été nettement mauvais. La radiographie montre la reproduction plus ou moins tardive des brides et des coudures.
La cæcopexie, accompagnée ou non de cæcoplicature, donne des résultats durables dans la forme cæcum mobile pur. Les résultats fonctionnels éloignés sont excellents, la radiographie montre la fixité définitive du cæcum lorsqu’il a été attaché au petit psoas (voir Méd. opératoire, p. 17).
Les anastomoses intestinales se présentent sous la forme de l’iléo-sigmoïdostomie et de la cæco-sigmoïdostomie. D’une façen générale l’iléo-sigmoïdostomie est contrindiquée à cause du reflux qui se produit toujours; surtout parce qu’elle ne draine pas directement le colon droit en rétention, la cæco-sigmoidostomie au contraire draine le colon, et ses résultats fonc-
« Ces deux méthodes ne sont pas opposées; elles ont chacune des indications précises ».
Ces indications dépendent ; a. de l’état clinique dans lequel se présente le malade; h. de l’état pathologique du colon.
En période d’occlusion intestinale, la colectomie est absolument contreindiquée. I,a paroi colique est infiltrée à longue distance au-dessus du néoplasme, la muqueuse présente des altérations parfois très lointaines; c’est alors l’occlusion qu’il faut traiter par une fistulisation colique temporaire et non le cancer ; il ne peut s’agir de traiter les deux à la fois.
Si le malade est « à froid » la colectomie d’emblée doit être pratiquée.
La colectomie doit être faite intra-abdominale avec suture totale immédiate du colon sur certains segments du gros intestin ; colon pelvien très long; colon transverse, partie moyenne parfois.
Sur tout le colon droit, cæcum, colon ascendant, partie droite du transverse, elle est la méthode de choix.
La colectomie en plusieurs temps, après extériorisation, ou avec résection immédiate, mais anus contre nature in dlu, est la méthode de grande sécurité applicable à tous les autres segments du gros intestin.
Dans notre thèse, nous avions préconisé l’opération idéale, totale, en uii temps, comme la méthode de choix. Une plus grande expérience nous la fait réserver pour certains cas favorables, à certains segments coliques, le colon pelvien, où elle constitue une admirable méthode.
La colectomie en plusieurs temps est la méthode de sécurité ; elle donne de très beaux résultats.
En période d’occlusion, toute opération colique est contre-indiquée; la fistulisation temporaire du colon doit précéder toute intervention sur le
Les colectomies intra et exlra-abdotninales ont chacune des indications précises, s’appliquent chacune à des états cliniques différents présentés par
Dans le cancer du colon comme dans toute affection chirurgicale, l’étal anatomique des organes, cl l’étal clinique du malade régissent les indications techniques opératoires.
La symptomatologie est très nette : dilatation abdomintle parfois monstrueuse, constipation progressive entrecoupée de crises d’obstruction intes-
Actuellement la radiographie permet de poser le diagnostic avec une cer-
Le méga-colon est tantôt segmentaire, tantôt total. Segmentaire, il siège le plus souvent sur le colon pelvien, anse du colon qui n'a pas terminé son évolution morphogénétique.
Dans ce premier mémoire nous signalions déjà la colectomie comme l’opé-
En 1909 nous avons repris l’étude thérapeutique du méga-colon.
En dehoi-s de la colectomie, il n’est pas d operaiion curative.
L’anus contre nature est un pis-aller qui comporte une grosse mortalité.
La colotomie avec extraction des fécalomes et suture de l’intestin est palliative au premier chef.
La coloplicature et la colopexie ont donné des résultats immédiats encourageants, mais ont dû souvent être complétées par une colectomie ulté-
La résection du sac colique au contraire est l’opération logique et efficace.
La colectomie segmeiilaire reseqiie les ectasies localisées; la dilatation générale des colons doit être traitée par la colectomie totale terminée soit par une caeco-sigmoïdostomie, soit par une iléo-sigmoïdostomie.
Nos observations personnelles de résection partielle ou d’ablation totale du colon nous ont permis d’affirmer que la colectomie est le traitement de choix du méga-colon.