ANATOMIE GÉNÉRALE
{Dictionnaire de physiologie, par Cil. Richet, 1. I, p. 481, chez Félix Alcan; Paris, 1895.)
Le mol Anatomie a un peu dévié de son sens étymologique.
Formé de deux mots grecs (av», au travers; TtpvM, je coupe), il est, par son origine, synonyme du mot dissection (secare, couper). En fait, on lui donne depuis longtemps une compréhension plus étendue. L’analomie est la science de l’organisation des êires vivants, comme la physiologie est la science de la vie; la dissection est le moyen que le chercheur emploie pour arriver à connaître l’anatomie, comme rexpériincatation est la méthode qui conduit les travaux du physiologiste.
L’anatomiste analyse, décrit, compare, généralise; le dissecteur sépare les organes et les isole. Le premier travaille avec son cerveau, le second avec.ses mains. L’anatomie est une science, la dissection un art; la première, le but qu’on poursuit; la seconde, la méthode qui permet de l’atteindre.
8 ANATOMIE GÉNÉIIALE
Étudier les formes extérieures, les saillies et les méplats de la surface du corps, « les inégalités et les enfoncements sous-cutanés », les proportions.
rtîpétition brève de sa généalogie; que l’ontogenèse est le résnmé de la phylogenèse; ou encore, comme disait Serres dans une langue autrement
l’organisation des êtres vivants, l’anatomiste déduit des aperçus généraux, formule des lois, pose des principes, s'élève de la constatation simple des choses ù l’abstraction, « du posteriori au priori », de l’examen à la théorie et à la spéculation, de la sensation à l’idée, quand il généralise, enfin, on dit alors qu’il fait de Yanatomie philosophique ou transcendantale.
L’analomie transcendante est tout entière édifiée sur la constatation des homologies et des analogies.
Quand je compare les unes aux autres les différentes parties d’un même individu, je m’attache à l’étude des homologies. Je constate, par exemple, que le membre supérieur droit est l’homologue du membre supérieur gauche; que le membre supérieur est l’homotype du membre inférieur; que le crdne, formé de plusieurs vertèbres dilTérenciées, est, à la tête, le représentant de la colonne vertébrale du cou, du dos et des lombes. ’Voilii autant de types d'homologies spéciales ou partielles, parce que la comparaison porte sur certaines parties seulement de l'individu. Quand, au contraire, d’après l’étude de la formation des plaques vertébrales, je considère, par généralisation, l’animal supérieur, formé, comme les vers, par une série de pièces disposées à la suite les unes des autres, par une superposition d’anneaux ou de segments renfermant chacun une portion d’organe respiratoire, digestif, circulatoire, etc.; quand j’établis, au résumé, la théorie des zoonites, des somites ou des mélamères, je fais là ce qu’on appelle de Yhomologie générale. Si, enfin, pénétrant dans le domaine de l’anatomie comparée, je fais un parallèle entre les organes dans la série animale pour découvrir, sous leur apparente diversité, leurs nombreuses ressemblances, je me préoccupe des analogies : ainsi, quand j’établis les rapports qui unissent le bras do l’homme et le train antérieur du quadrupède, l’aile de foiseau et la nageoire du poisson.
C’est dans la recherche des homologies et des analogies que les savants ont découvert les grandes lois qui régissent l'organisation du règne animal. Malheureusement, sur ce terrain, la pente est glissante. S’il est permis d’aller plus vite que Cuvier qui voulait qu’on étudiât d’abord les faits, qu’on en déduisît seulement les conséquences immédiates, qu’on observât et qu’on raisonnât ensuite, s’il n’est pas défendu, à l’exemple de notre grand Geoffroy Saint-Hilaire, le père de l’anatomie transcendantale, de subordonner, dans une certaine mesure, les faits aux idées et l’examen à l’absiraclion, c’est-à-dire de penser, de concevoir, de généraliser sur dès données incertaines et insuffisantes, sauf à les vérifier ensuite, à soumotire la spéculation à l’épreuve de la constatation des faits et à démolir de