I. — Constatation d’un hicrocoque. — Étude biologique
De 1904 à 1906, nous avons pratiqué systématiquement chez les malades atteints d’oreillons, l’hémoculture. Cette hémoculture a été faite sur 45 malades. Le sang recueilli par piqûre aseptique, d’une veine superficielle du pli du boude, était réparti en petites proportions dans des ballons ou des tubes de gélose, de bouillon, etc. La répartition dans les milieux de culture était pratiquée soit avec le sang total, soit avec le sang défibriné. La salive et divers
Pareille hypothèse ne serait point dé prime abord invraisemblable, étant donné, d’une part, le caractère épidémique nettement localisé de certaines infections tétragéniques, étant donné, d’autre part, que le tétragène détermine généralement des lésions locales siégeant au niveau des orifices naturels ou dans des régions ou organes en rapport direct ou de contiguïté avec ces orifices.
Un bactériologiste russe, M. Korentschewsky, à qui j’envoyais des échantillons du microcoque que nous avions constaté dans les oreillons, et qu’il voulait contrôler avec celui qu’il avait trouvé lui-même, a confirmé nos résultats tout en apportant une proportion d’hémocultures positives, inférieure à celle que nous avions observée. Des recherches ultérieures, nous donnent à supposer que la proportion de Korentschewsky se rapproche plus que la nôtre de la vérité.
Avec le microcoque trouvé dans les oreillons nous avons déterminé des lésions expérimentales.
Nos expériences ont eu lieu sur le cobaye et le lapin, accessoirement sur le rat blanc et le singe.
Une première série d’expériences (assimilable aux expériences de MM. Uaveran et Catrin) fut négative. Cela pouvait s’expliquer, par une atténuation de virulence du microcoque ou par la dose insuffisante de culture inoculée.
Dans une deuxième série d’expériences, faites avec des doses plus considérables, et avec un microbe exalté par passages successifs sur l'animal, les résultats furent positifs. Nous avons pu reproduire ainsi des lésions souscutanées, séreuses, analogues à celles que l’un de nous, en 1895, avaient obtenues avec.une variété de microeoque tétragène septique.
En dehors dé cês lésions, s’observait une congestion intense de tous les viscères (intestin, rate, foie et surtout pancréas) du genre de celles qui ont été publiées dans certains cas de septicémie tétragénique humaine et aussi d’infection généralisée ourlienne.
Après avoir ainsi réalisé des lésions qui semblaient confirmer l’assimilation que nous avions faite du M. trouvé dans les oreillons avec une variété de
M. tétragène, nous avons recherché si sur des cobayes mâles nous ne pourrions pas réaliser par inoculation intra-péritonéale (procédé de Straus pour le diagnoslic de la morve) des lésions testiculaires. Sur 7 cobayes, 4 présentèrent un gonflement testiculaire évident. Dans ces 4 cas l’examen montia avec un léger épanchement de la vaginale, une congestion intense, comme œdémateuse des deux testicules.
L'étude histologique des lésions du foie, de la rate, du pancréas a donné des résultats assimilables aux constatations rapportées par MM. Lemoine et Lapasset en 1905, lors d’une autopsie d’un cas d oreillons, dans lequel ils avaient observé la congestion généralisée des viscères.
Sans vouloir forcer l’interpretation des faits nous avons tenu à les enregistrer — par suite de l’analotne de localisation et de nature qui nous a paru exister entre les lésions expérimentales que nous avions déterminées et les lésions observées dans des oreillons humains.