BACTÉRIOLOGIE, PARASITOLOGIE, PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE ET COMPARÉE
Étude des propriétés chromogènes permanentes on facultatives de certains microbes pathogènes ou saprophytes cultivés sur l’albumine de l’œuf coagulée. (Archives île Médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, mars 1894.)
C'est l’étude de Yovo-albumine coagulée, comme milieu de culture des microbes pathogènes ou saprophytes chromogènes. — L’albumine, coagulée à 70*, se transforme en un milieu nutritif. I/albumme, puisée directement par une pipette à travers la coquille stérilisée de l’œuf, était répartie dans des tubes à essai parfaitement stériles, et gelalmisee. tantôt par la coagulation a une température de 70\ tantôt par la coction à une température plus élevée. Ce procédé nous avait paru plus simple que l’utilisation de l’œuf lui-même ou des tranches de blanc d’œuf cuit.
Ensemencement était fait de différents microbes pathogènes ou saprophytes, doués d’un pouvoir chromogène permanent, comme le st. p. aureus, le bacille pyocyanique, etc., etc., ou susceptibles d'acquérir la propriété de former du pigment, comme le bacille de la morve, du charbon, delà diphtérie.
I.cs résultats obtenus furent les suivants : le pouvoir chromogène du si. p. aurais, qui sur les milieux nutritifs exposés à la température dé 37“, arrive à disparaître à peu près complètement, non seulement persiste sur le milieu albumineux, mais encore s’exalte d’une façon très marquée. 11 en fut de même pour le bacille pyocyanique, le bacille de la diarrhée verte.
L’albumine coagulée révèle le pouvoir chromogène facultatif de certaines variétés microbiennes : bacille de la fièvre lyphoide, de la morve, du charbon, du choléra, de la diphtérie. C’est ainsi que le bacille du charbon donne une culture qui, d’abord blanc laiteux, tourne rapidement au gris et au marron; que le bacille de la morve, dont la culture sur 'pomme de terre devient foncée au bout d’un certain temps, donne sur l’albumine des colonies de couleur jaune citron. Ce milieu peut donc être un élément intéressant de différenciation microbienne.
Contribution à l'étude du microcoque tétragène. (Archives de Médecine expérimentale
Depuis quelques années, un certain nombre de recherches cliniques et expérimentales mettaient en lumière les propriétés biologiques et les effets pathogènes du microcoque tétragène. Koch lui faisait jouer un rôle dans le processus destructeur des cavernes; Kablinsky mettait en évidence ses propriétés pyogènes; Njstteb, Ciiauffabd montraient que ce micro-organisme était également susceptible d’amener une infection généralisée.
Il y avait intérêt, pour ces raisons, à étudier expérimentalement les effets pathogènes du tétragène. Les caractères morphologiques et biologiques de la variété de tétragène que nous avions pu recueillir, variété dite septique, par rapport aux autres espèces presque exclusivement saprophytes, ont fait l’objet de la première partie de cette étude.
Voici lés conclusions de ces recherches ; Le micrococcus tetragenus est microorganisme surtout aérobie; il peut végéter et conserver très longtemps
sa vitalité dans les milieux privés d’air, mais sans donner d’abondantes cultures.
Il est constitué de coques plus ou moins volumineuses, isolées, associées en diplocoques, ou disposées en tétrades. Ces tétrades tirent leur origine d’une cellule volumineuse, qui se divise par bipartition successive et non simultanée, comme on l’avait prétendu. Les éléments de la tétrade sont de même forme, mais de moindre volume que la cellule mère. Les éléments isolés ou les tétrades sont dépourvus do capsule dans les milieux de culture; la capsule existe, au contraire, pour le tétragène recueilli dans le sang ou les viscères des animaux inooulés. Celle capsule facilement colorable présente des contours irréguliers et des stries plus ou moins nombreuses qui séparent les éléments accolés.
Les cultures de tétragène en stries sur milieux solides ont un aspect pathognomonique. La température eugénésique est de 37" à 39". Une température de 42* suffit à diminuer la vitalité du tétragène. La vitalité disparait complètement après plusieurs heures d’exposition à une température de 65", 62", 52”.
H. — RÔCS PATHOGENE.
Le micrococcus tetragenus est un organisme très pathogène pour les . animaux, surtout pour le cobaye et la souris blanche. Sa virulence, parfois extrême, est très persistante, et indépendante de l’âge et de la culture; elle est exaltée par l’inoculation préalable aux animaux en expérience, de cultures chauffées, du filtrat, de la tuberculine. Pour un tétragène d’une virulence donnée, les effets pathogènes dépendent plutôt de la virulence que de la quantité de la culture injectée.
Selon la virulence, le tétragène détermine, injecté sous la peau, de l’induration, des escarres sèches ou humides, des abcès caséeux à évolution froide ou des collections renfermant un pus rappelant l’aspect des cultures sur gélose.
Injecté dans les séreuses, le tétragène provoque, selon sa virulence, une simple inflammation avec hyperémie généralisée, une exsudation néo-membraneuse se terminant parfois par des adhérences, des épanchements séreux, hémorragiques, où purulents offrant toujours le même pus caractéristique.
En dehors de la lésion locale, il se développe toujours une septicémie généralisée d’intensité variable. Celte septicémie se manifeste par des symptômes généraux, tels que: élévation de température, prostration, somnolence, immobilité, amaigrissement.
Injecté à des femelles cobayes pleines, le tétragène se retrouve dans le placenta et les viscères du fœtus.
Le tétragène, introduit spontanément ou expérimentalement par la voie stomacale, peut déterminer une septicémie mortelle; il peut, par sa pénétration à travers les parois intestinales, provoquer une péritonite, lorsque le péritoine a été préalablement traumatisé par une inoculation de culture filtrée ou de culture chauffée.
Les cultures, chauffées à 60“ ou à 115* et devenues stériles perdent toute propriété pyogène, mais restent douées d'une certaine toxicité.
Les cultures filtrées sont peu toxiques. 11 en est de même du précipité alcoolique repris par l’eau distillée.
Les cultures réduites au dixième de leur volume par l’ébullition et l’extrait alcoolique évaporé dans le vide à basse température, sont plus toxiques, et déterminent de l’hypothermie, de l’amaigrissement.
Contribution à l’étude du champignon du muguet. (Archives de Médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, mai 1897.)
En mars 1895, nous avions relaté un fait, le premier à notre connaissance, d’angine pseudo-membraneuse chez une syphilitique, due exclusivement aux formes levures du champignon du muguet. Nous avons été ainsi conduit à étudier plus complètement ce champignon au double point de vue de sa morphologie et de ses propriétés pathogènes.
Les résultats obtenus, confirmatifs ou infirmatifs de certaines données récentes, nous ont paru comporter quelques applications pratiques. Voici ces résultats :