MALADIE DU SOMMEIL
La maladie du sommeil. — Leçon clinique professée & l’Hôpital des Dames Françaises, Semaine Médicale, 1903.
Les trois noirs atteints de maladie du sommeil, qui faisaient l’objet de cette leçon avaient été ramenés du Congo par M. Brumpt, sur mon initiative, pour mon enseignement à l’Institut de Médecine coloniale.
Agglutination du Trypanosoma Castellani-Kruse, parasite de la maladie du sommeil. (En collaboration avec M. Buumpt, Société de Biologie décembre 1903.)
Nous avons présenté à la Société de Biologie des trypanosomes de la maladie du sommeil agglutinés.
Maladie du sommeil expérimentale chez les souris, rats, cobayes, lapins, marmottes et hérissons.
Maladie du sommeil expérimentale chez les singes d’Asie et d’Afrique.
Maladie du sommeil expérimentale chez les singes d’Afrique, les makis de Madagascar, le chien et le porc. (En collaboration avec M. Brumpt, Société de Biologie, mars 1904.) La maladie du sommeil chez tous les animaux réceptifs inoculés est une simple septicémie avec production d’une toxine, qui agit d'une façon spéciale suivant la réaction habituelle de l’animal inoculé (œdème, hypothermie, dégénérescence du foie, hypertrophie de la rate).
Dans toutes lès espèces étudiées, le sommeil est fonction de l’hypothermie, il se produit également chez les mêmes espèces en dehors de
Nous avons découvert, au cours de cette campagne, un nouveau foyer do maladie du sommeil complètement ignoré jusque-là, et situé à quelques kilomètres de la voie ferrée de Dakar à Saint-Louis. Certains villages ôtit été détruits entièrement et abandonnés à la suite d’épidémies locales de la maladie.
Dans chaque village, nous examinions systématiquement les ganglions des enfants atteints de polymicroadenite et nous recherchions aux points d’eau et dans les marigots avoisinants les mouches tsé-lsé.
Les mouches piquantes, et en particulier les tsé-tsé, sont rares à l’époque où nous avons fait notre tournée (avril). On n’observa jamais en route sur les animaux de la mission que des Stomoxes ou des Lyperosia. Tabanides et Glossines se trouvent cantonnées dans les endroits
et surtout la broussaille, sont plus dangereuses quelesséanes découvertes situées aux environs immédiats des villages, autour desquelles nous n’avons pas pu trouver de glossines. Ces dernières peuvent cependant
devenir également dangereuses lorsqu’elles se couvrent de végétation pendant la saison des pluies. C’est d’ailleurs un fait connu depuis quelques années, que c’est dans la broussaille peu élevée et non sur les arbres que se tiennent les tsé-lsé aux environs des points d’eau. Le meilleur moyen d’en capturer est d'installer un cheval âa voisinage d’un point d’eau bien abrité et de remuer les buissons, principalement les palmiers nains, qu’elles semblent affectionner plus particulièrement.
Les enfants indigènes qui nous accompagnent prétendent que les
et Ghssina longipalpis, dont nous avons rapporté plusieurs spécimens ; marigot argileux de N’Dougoura et plaine argileuse de la rivière Pannlior, aux environs do N’Dougoura pour la Petite Côte. Dans les Niayes, les villages reconnus atteints sont tous situés à proximité (1800 mètres au maximum) d’un des trois marigots à fonds argileux de Sangalkam, de M’Baouar ou de Wangel, dans lesquels nous avons pu retrouver : Glossina palpalis, Glossina longipalpis et 2 glossirtes (sp?)
La zone infectée par les glossines et la trypanosomiase humaine s’étend tout le long de la Petite Côte; vraisemblement elle va rejoindre au Sud la Gambie anglaise et la Casamance; sa profondeur semble être limitée par les sources des marigots peu importants qui se jettent dans la mer ou dans les lagunes qui bordent une partie de la côte. 11 est possible qu’elle s’élargisse au niveau de la rivière Saloum pour embrasser une partie du Niani-Ouli et venir se confondre avec les limites de la Gambie
Au Nord, elle se continue par les Niayes jusqu’à 100 kilomètres de la presqu’île de Dakar, un peu au-dessus de 18° de latitude Nord, point à partir duquel les Niayes ayant été déboisés, les marigots tributaires des lagunes se sont desséchés. En largeur, la région contaminée des Niayes ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de la mer; elle est bornée par les sources des marigots infectés et n’atteint même pas la voie ferrée de Dakar à Saint-Louis, qui la borde à l’Est.
De l’atoxyl préventif.— Revue de Médecine et d Hygiène tropicales, 1908.
L’atoxyl est un médicament dangereux, ainsi que l’ont démontré de nombreuses communications, postérieures à cette note ; je pense néanmoins qu avec les doses que je préconise, il n’y a aucun inconvénient h l’employer à titre prophylactique, étant donné que sous son influence les trypanosomes disparaissent du sang de l’homme infecté en vingt-quatre ou quarante-huit heures.
L importance des territoires où la maladie du sommeil sévit en Afrique, l’abondance de distribution des glossines qui propagent la maladie, enfin le réel danger que la vague épidémique régnante fait courir aux populations du continent noir ainsi qu’aux blancs qui sillonnent les terri-
toires africains, m’ont fait penser à l’utilité qu’il y aurait à tenter de prévenir ia maladie du sommeil comme on prévient le paludisme.
Dans quelles circonstances ?
Il y a des circonstances qui s’imposent. Les exploratèurs, les voyageurs. les commerçants se trouvent parfois dans la nécessité de traverser des régions infectées par les tsé-tsé. Dans une récente mission, j’ai recueilli des exemples, j’ai recueilli des témoignages do personnes obligées, pour des raisons diverses, de traverser des régions à glossines et littéralement assaillies par les tsé-tsé au point d’être obligées de fuir ou de changer de campement pour éviter un danger réel. Il se trouve, entre autres, de tels endroits sur le tracé du chemin de fer Konakry-Niger ; dans ces conditions, il me semble légitime et utile d’essayer si l’atoxyl ne jouit pas d’un pouvoir préventif contre l’infection du T. Gambiense. A la vérité, ce médicament n’a pas fait ses preuves au point de vue de la spécificité, comme la quinine vis-à-vis du paludisme; mais il n’en est pas moins vrai qu’il gêne notablement les trypanosomes et qu’il n’y a rien d’absurde de tenter son pouvoir préventif. On sait qu’expérimentalement la prévention a été essayée et n’a pas donné de résultats probants. Mais je pense que l’intérêt extrême du problème vaut qu’on passe outre et c’est ce que j’ai fait dans une récente tournée avec le D r Thiroux dans la région comprise entre Rufisque et Saint-Louis. Je m’étais chargé de la récolte des glossines dans les marigots. Il n’y avait toutefois qu’une chance minime à courir, la saison étant sèche, les tsé-tsé piquant mal et étant rares, comparativement à ce qui se passe pendant la saison humide. J’ai pris un cachet de S centigrammes d’atoxyl tous les jours, pendant la traversée des régions à glossines. Cette dose est absolument, je crois, sans inconvénient pour tout le monde.
Il se peut que cette précaution si simple soit inefficace, mais l'intérêt vital, pour nos possessions africaines, qui résulterait de son application, si cette application réussissait, me parait devoir être pris èn considération.
Je dois ajouter quelques remarques en ce qui concerne la question de la prophylaxie du paludisme.
Il y a peu de temps encore, la quinine préventive n’était admise qu’avec restrictions, elle était même considérée comme inutile et nuisible, surtout dans le personnel colonial subalterne militaire.
Wurtz utilise le gaz d'éclairage qu’on a à sa disposition dans tous- les laboratoires : on prend un tube contenant de la gélose additionnée de 2 pour 100 de glucose. On remplace le tampon d’ouate par un bouchon de caoutchouc muni de deux tubes de verre. On fait bouillir la gélose et on fait passer un courant de gaz d’éclairage dans le tube, pendant cinq minutes, puis on ferme le robinet; on verse rapidement par le tube de sortie du gaz, du pétrole pu de l’huile stérilisée et on laisse refroidir. Pour ensemencer, on incline le tube de façon à mettre à nu la moitié de la surface de gélose et on fait la piqûre au moyen d’un fil de platine monté sur la paroi d’un tube de . verre creux, en rapport par un tuyau de caoutchouc avec une conduite de gaz.
Modification du tube d’Esmarch, in Technique bactériologique , p. SS.
Ce tube d’Esmarch est beaucoup plus commode que les tubes ordinaires de diamètre uniforme. En effet, quelque horizontal qu’on tienne un do ces tubes pendant qu’on le tourne sous le courant d’eau, cette eau vient mouiller la coiffe de caoutchouc et pénètre jusqu’au bouchon d’ouate. De plus la gélatine vient coller le bouchon aux parois du verre. Tous ces inconvénients n existent pas avec le modèle que j’ai indiqué, et s qui a remplacé l’ancien tube d’Esmarch.
Appareil dialyseur permettant de dialyser les liquides organiques à l’abri des germes de l’air. (Ibid., p. 186.J
C’est un dialyseur, en forme d’entonnoir renversé ; il est porté par 3 cubes de cristal au-dessus du fond de. la cuve à dialyser. Celle-ci porte . deux ajutages par où passe un courant d’eau distillée. On peut se débarrasser rapidement, à i’aide de cet appareil, des substances telles que le sulfate de magnésie ou le sulfate d’ammoniaque qui ont précipité des substances colloïdes ; de plus, la forme du dialyseur met l’opération à l’abri des impuretés et des germes de l’air.
J’ai depuis simplifié cet appareil, en employant un entonnoir ordinaire en verre. On fait remonter le papier parchemin jusqu’au sommet du cône de l’entonnoir, où on le lie.
fectionnées, calquées toutes sur la mienne et qui servent partout à faire le diagnostic bactériologique de la fièvre typhoïde et de la dysenterie
Seringue à ponction ganglionnaire (en. collaboration avec
M. Thiroux), Revue de M(d. et d'Hyy. Tropicales, 1909 p. 143.
Cette seringue est munie d’un ajutage dans lequel on peut faire le vide à l’aide du piston de la seringue ; une fois le ganglion ponctionné, un dispositif très simple, dû à l’ingéniosité de M. Colin, permet d’aspirèr le suc du ganglion sans que les mains de l’opérateur changent de place.