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Notice sur le professeur Lasègue

{Archives gén. de méd., juill. 1883.)

163. — La Phtisie pulmonaire, par Hérard et Cornii (Collaboration à la deuxième édition, avec 63 figures en noir et en couleurs intercalées dans le texte et 2 planches en chromolithographie, 1888).

d’être fixée sur les points les plus importants de Thistoirc de la phtisie pulmonaire. La conception anatomo-pathologique de Laënnec était attaquée de différents côtés, battue en brèche par les travaux des pathologistes allemands, par Virchow et Niemeyer en particulier. L’inoculabilité des produits tuberculeux, après un premier moment de surprise et d’incrédulité, était vivement

Aujourd’hui les doutes, les obscurités ont disparu.

L’œuvre de Laënnec est sortie triomphante de toutes les attaques, de toutes les critiques ; l’unité de la phtisie n’est plus contestée : les idées de notre éminent confrère Villemin sont universellement acceptées, et elles ont reçu une éclatante consécration de cette autre grande découverte, dont l’honneur revient à Robert Koch, la découverte du microbe pathogène, du bacille

ans dans l’étude anatomique et clinique de la phtisie.

Parmi les plus importants nous signalerons, dans le domaine de l’anatomie pathologique, l’identité de structure de la granulation et des amas caséeux, définitivement établie par les

de celles-ci; les adénomes gastriques dans les gastriques chroniques, les adénomes généralisés des deux reins survenant chez d’anciens brightiques, seraient-ils susceptibles de l’explication que nous donnons des adénomes du foie ?

La genèse du cancer primitif du foie n’est pas sans présenter un très grand intérêt ; le cancer du foie, selon nous, est un épithéliome parenchymateux, qui se développe aux dépens des cellules propres du foie.

Nos études montrent, de la façon la plus nette, comment se produit la transformation de la cellule hépatique en cellule cancéreuse. Pour cette démonstration il faut étudier les régions voisines des masses néoplasiques, quoique souvent même, dans la plus grande étendue du foie, les cellules hépatiques présentent des altéralions caractéristiques.

La première modification des cellules consiste en leur division : on trouve alors deux ou plusieurs noyaux dans leur intérieur et en môme temps qu’elles perdent leurs réactions habituelles, elles prennent parfois des dimensions exagérées, gigantesques même, puisqu’elles peuvent atteindre jusqu’à 100 |a de diamètre; leurs noyaux, divisés et accolés entre eux, constituent une masse volumineuse, qui bientôt se désagrégera pour former une infinité d’éléments dont les dimensions varieront plus tard, suivant des types divers.

Que ce processus de multiplication atteigne un lobe entier, on a le cancer massif ; qu’il frappe seulement des parties isolées du foie, on aura le cancer nodulaire ; mais ce qui est particulièrement intéressant, c’est de savoir que le plus souvent le foie est atteint dans presque toute son étendue, alors que, macroscopiquement, il paraît atteint seulement en des points localisés. Les nodosités néoplasiques ne répondent qu'à des maHma de lésion.

Les lésions du tissu conjonctif ne sont pour ainsi dire que des lésions par retentissement ; la disposition que prennent les travées conjonctives jouent cependant un grand rôle, puisque ce sont elles qui donnent à l’épithéliome la disposition qui lui est propre. En effet, si les éléments du tissu conjonctif, provenant de la sclérose péricapillaire, s’entre-croisent entre eux formant des logettes, l’épithéliome prend la forme alvéolaire ; si cette sclérose fait défaut, ou si elle respecte les travées d’épithéliomes, le cancer prend la forme trabéculaire.

Ce sont là les deux variétés histologiques les plus importantes du cancer primitif du foie ; quoique à une forme anatomique ne réponde pas nécessairement une variété histologique, on peut dire cependant que le cancer massif et le cancer nodulaire ressortissent à l’épithéliome, à l’épithéliome alvéolaire, et que le cancer avec cirrhose est surtout un épithéliome trabéculaire.

Suivant les modifications cellulaires on aura, pour l’épithéliome alvéolaire, plusieurs sous-variétés : l’épithéliome alvéolaire à cellules pohjmorphes., à petites

cellules polyédriques, à cellules gigantesques ou à cellules cylindriques, ce dernier étant exceptionnellement rare.

Quoi qu’il en soit de ces diverses variétés, l’examen histologique montre que les cellules du foie, dans la presque totalité de l’organe, présentent des manifestations évidentes d’inflammation, que le tissu interstitiel est le siège de lésions inflammatoires plus ou moins étendues. Aussi nous demandons-nous si l’on a eu raison de laisser dans l’oubli l’opinion ancienne de Portai, de Broussais qui regardaient le cancer comme le résultat d’une inflammation ; les désignations à'hépatite carcinomateuse, i'hépatite parenchymateuse infectante ne conviendraient-elles pas au cancer primitif du foie ?

Les causes mêmes qui semblent présider au développement de celte néoplasie plaideraient encore en faveur de cette manière de voir, si l’on admet avec les auteurs que, parmi elles, l’alcoolisme et l’impaludisme occupent une place importante.

L’intérêt que présentent au point de vue anatomique les diverses variétés de cancer primitif du foie s’accroît encore puisqu’en clinique ces trois formes de néoplasies restent différenciées. Dans le cancer massif, avec l’hypertrophie totale régulière du foie, avec les troubles digestifs, on n’observe presque jamais d’ascite, ni surtout d’ictère, les cellules hépatiques étant généralement altérées au point qu’elles ont perdu leurs fonctions physiologiques; l’hypocholie ou l’acholie qui est la règle, dans ces cas, détermine alors la décoloration des matières fécales et leur putridité, en même temps qu’une distension des anses intestinales par l’accumulation des gaz.

Dans le cancer nodulaire, avec les tumeurs marronées qui font saillie à la surface du foie, se développe presque toujours de la périhépatite, qui souvent ainsi détermine de l’ascite et de vives douleurs ; enfin l’ictère est un symptôme fréquent, auquel peuvent succéder, dans une période terminale, des symptômes d’acholie comme dans le premier cas.

Suivant aussi que les divers phénomènes sont plus ou moins accusés, on aura diverses modalités cliniques, les formes ictérique, dyspeptique, douloureuse, marastique ou fébrile ; dans ce dernier cas, le thermomètre accuse parfois une température si élevée que c’est avec une affection fébrile aiguë que le diagnostic peut être

Enfin le cancer avec cirrhose, l’adénome, présente, de son côté, une symptomatologie qui le rapproche, à bien des égards, de la cirrhose vulgaire ; souvent en effet, le foie est petit, la rate peut être hypertrophiée ; on constate de l’ascite, de l’ictère, et n’était l’évolution rapide de la maladie, la ressemblance clinique de ces deux affections serait presque complète.

Quelle que soit la variété de cancer à laquelle on ait affaire, la durée en est

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