Titres scientifiques de M. Pierre Gratiolet
Observations sur un cas d’absence presque complète des Hémisphères cérébraux, coïncidant avec une conformation régulière du Crâne.
d’entre-croisenients, entre les faisceaux moyens d’un côté et les faisceaux antérieurs du côté opposé.
Sur la composition du faisceau postérieur de la Moelle épinière, et sur la signification des petits cordons accessoires connus sous le nom de cordons médians postérieurs.
(Bulletin de la Société Philomathique, page 8o; ii août i855.)
M. Gratiolet a démontré dans ce travail que les faisceaux postérieurs de la moelle épinière sont formés de trois systèmes enchevêtrés, qtti se succèdent en quelque sorte suivant la longueur de la moelle épinière. Le premier système, formé par les cordons postérieurs du prolongement caudal de la moelle, s’épuise et disparaît vers la partie antérieure du renflement lombaire, et se trouve interposé entre deux cordons postérieurs de formation nouvelle qui se constituent par l’adjonction de fibres émanées princi-
paiement des nerfs des membres postérieurs. Ces deux cordons sont le point de départ du second système, ou système dorsal ; ils se prolongent dans toute l’étendue de la moelle épinière jusqu’au bulbe, mais dans ce trajet ils s’atténuent graduellement, si bien qu’à la région cervicale ils ne sont plus constitués que par deux funicules très-grêles, sur les côtés desquels les fibres émanées des nerfs des membres antérieurs s’unissent pour former de nouveaux cordons postérieurs composant le troisième système ou système cervical. Ce dernier système s’atténue à son tour à mesure qu’il s’approche du bulbe, mais cette atténuation est assez peu marquée.
Il résulte de ces observations, faciles à vérifier sur les singes et sur ies carnassiers, que les cordons médians postérieurs du renflement lombaire et du renflement cervical ne sont rien autre chose que l’extrémité atténuée :
des faisceaux postérieurs de la région dorsale.
On tire de ces faits une conséquence immédiate dont l’observation microcesse renaissants s’épuisent continuellement dans la profondeur de la moelle, ce qui permet d’expliquer la persistance de certaines sensations dans les parties postérieures du corps, après la section de ces cordons vers
les faits observés par M. Brown-Sequard avec les résultats des expériences
Comparaison du noyau de VEncéphale et de la Moelle épinière.
Dans cette Note, M. Gratiolet insiste sur un mode d’enrotdement, jusqu’ici mal apprécié, de toutes les parties de l’axe nerveux dans le crâne. Il démontre, d’après cette vue nouvelle, que le noyau de l’encéphale ( Foviile) représente, sous une forme àla vérité très-modifiée, la partie céphalique de la moelle épinière, et qu’il est, en fait, à cette moelle, ce que le crâne est ait rachis.
Cette manière d’envisager l’une des parties les plus compliquées de l’organisation des animaux mammifères a permis de formuler d’une manière simple, et pour ainsi dire élémentaire, un ensemble de faits presque indescriptible, et dont la démonstration par les anciennes méthodes était à peu
d’un Rapport favorable de M. Duveriioy; et l’Académie, adoptant les conclusions de ce Rapport, en avait voté l’insertion dans le Recueil des Savants étrangers (Comptes rendus, t. XXXIII, séance du 3 novembre i85i).
M. Gratiolet, dans cet ouvrage, s’est proposé de découvrir les caractères zoologiques que peuvent fournir les plis cérébraux dans la série entière des Singes, et de déterminer ainsi d’une manière naturelle les limites des lobes et des groupes de circonvolutions, dans le cerveau humain.
Ces longues recherches ont conduit aux résultats suivants ;
i“ En Zoologie, elles ont permis de reconnaître combien peu était naturel le groupe des pseudo-anthropomorphes, tel qu’il était auparavant conçu par les zoologistes ; elles établissent en eflet que VOrarig appartient au type des Gibbons, le Chimpanzé à celui des Macaques, et le Gorille, suivant toutes les probabilités, à la division des Cynocéphales, chacun des trois grands types de Singes observés dans l’ancien monde ayant de la sorte ses réalisations anthropomorphes. Ce résultat avait obtenu l’assentiment de M. le professeur Isidore Geoffroy.]
2° En Anthropologie, elles ont, d’une part, rendu possible l’établissement d’une anatomie comparée et scientifique du cerveau des differentes races
d’autre part, une base à la physiologie de cet organe considéré dans ses rapports avec l’intelligence.
Cf. Rudolph Wagner, Vorstudien zu emer wissenscha/tlichen Morphologie und Physiologie des menschlichen Gehirns aU Seelenorgan. Erste Abhandlung.
Huxley, On the zoological relations of Man wilh the lower Animais. In Nattirai history Review. January i86i.
M. Rodolphe Wagner s’exprime en ces termes : « Ce classique ouvrage [Mémoire sur les plis cérébraux de l’Homme et des Primates) contient des descriptions et des figures si parfaites de la surface du cerveau des Singes, que désormais ces animaux appartiennent sous ce rapport aux êtres les mieux connus. On peut dire, en fait, que, sur ce point, cet ouvrage rend
tains poinu. M. Huschke n’a rien emprunté sans doute à M. Gratiolet; toutefois l’ouvrage de celui-ci, étant déposé dans les archives de l’Académie et résumé dans ses Comptes rendes depuis i85o, a droit de prétendre à une priorité incontestable.
superflu tout ce qui l’a précédé. » [Ueber die HirnbiUiung des Men'schen und der Qmdrumanen und deren Ferhaltniss zur zoologischen Syslematik, mit besonderer Rucksicht auj die Ansichten von Owen, Huxley und Gratiolet.)
Sir Ch. Lyell s’est également appuyé sur cet ouvrage dans son nouveau livre intitulé Antiguity of Man, et en a reproduit plusieurs figures. Il qualifie ainsi l’auteur : « The highest authority in cérébral anatomy of our âge. »
Observations sur un travail de M. Dareste ayant pour titre : Mémoire sur les circonvolutions du cerveau.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tome XXXIV, pages 2o5 et 54a.
— Revue zoologique, mars i852.)
MM. Leiiret et Cruveilher avaient admis que l’arrangement des circonvolutions cérébrales est en généra! plus compliqué dans les cerveaux d’un grand volume. D’autre part, M. le professeur Geoffroy avait fait cette importante observation, que. les animaux dont la taille est fort petite ont en général un cerveau lisse ou du moins fort peu plissé. M. Dareste, ayant médité et comparé ces différentes observations, avait cru pouvoir formuler cette règle, que la complication des circonvolutions n’a aucun rapport à l’intelligence, mais suit au contraire le développement de la taille.
M. Gratiolet indique quelques exceptions à cette règle, et, tout en acceptant la réalité des faits qu’invoque M. Dareste, il conteste la généralité de la loi que ce naturaliste a formulée et combat ses conclusions, en montrant que, dans chaque groupe naturel, les Mammifères qui ont le plus de circonvolutions sont aussi les plus intelligents, quelle que soit d’ailleurs la grandeur de leur taille. Au surplus M. Gratiolet ayant ultérieurement démontré que, chez tous les Mammifères qui naissertt les yeux ouverts, le système des plis cérébraux est complet et achevé dès la naissance, la proposition de M. Dareste, que la complication des plis cérébraux est en raison directe du développement de la taille, cessait dès lors d’être certaine et évidente. Quoi qu'il en soit, il demeurait vrai de dire que parmi les Mammifères les grands animaux ont en général des circonvolutions compliquées.
M. Gratiolet, par des ob.servations ultérieures (Leurelet Gratiolet, Anatomie comparée dit Cerveau, t. Il, iSSy), est parvenu à résoudre ce paradoxe, et il a pu à son tour formuler la règle suivante, savoir, que dans les genres
dentes recherches à l’étude du crâne et du cerveau de trois microcéphales humains. Il y fait voir que ces petits êtres, malgré l’excessive réduction de leur cerveau, plus simple souvent que celui du Chimpanzé ou du Gorille, conservent les caractères humains et, dans beaucoup de cas, la faculté du langage.
L'extrême vivacité qui les caractérise, et que tous les observateurs ont constatée, peut être expliquée fort aisément, d’après les vues de M. Flonrens, par le volume de leur moelle épinière et la grandeur relative de leurs hémisphères cérébelleux.
Ces recherches ont permis d’établir un fait intéressant, savoir ; un accroissement énorme du volume des nerfs cérébraux, et en particidier du nerf optique, dans les microcéphales. La puissance du cerveau diminuant, il semble que, par compensation, la nature ait donné plus de force aux nerfs qui l’excitent. Ces résultats présentent une analogie frappante avec ceux que Scemmerring et M. le professeur Serres ont obtenus en comparant le cerveau du nègre à celui du blanc.
Les conclusions de ce travail ont été récemment acceptées en .Allemagne. M. Rodolphe Wagner l’a traduit presque en entier, et montré son importance dans la discussion qu’a soulevée en Europe et en Amérique la célèbre hypothèse de Ch. Darwin sur l’origine des espèces.
Note sur la disposition des plans, fibreux de différents ordres qui entrera dans la composition de l'hémisphère cérébral.
i854j et Journal l’Institut, tome XXII, page 198.)
Dans ce Mémoire l’auteur distingue:
1*^ Un système de fibres propres à chaque hémisphère, unissant les unes aux autres, dans un même hémisphère, ses différentes régions.
a® Un système de fibres unissant un hémisphère à l’autre hémisphère. Ce système est celui de la commissure antérieure.
3°'Un système de fibre.s qui, d’une des moitiés de Taxe, vont à l’hémisphère qui lui correspond.
4“ Un système de fibres qui, d’une des moitiés de Taxe, vont à l’hémi-
sphère du côté opposé. Ces fibres composent un vaste ensemble d’entrecroisements d’où le corps calleux résulte, et s’épanouissent dans toute l’étendue des hémisphères.
5“ Des fibres émanant des expansions radiculaires des nerfs cérébraux. 6® Des fibres propres aux couches corHcales.
Note sur la découverte d’un plan fibreux résultant des expansions cérébrales du nerf optique.
de l’Académie des Sciences, tome XXXIX, page 274; 1854.I
centres nerveux de la vie automatique deviennent exclusifs. Ces faits, rigoureusement constatés, font entrer la physiologie du cerveau, eu égard au sens de la vision, dans une phase nouvelle, et sont gros de conséquences.
Sur quelques différences que présente l’organisation intime du Cerveau dans les animaux mammifères.
page 429.)
I.’auteur signale dans ce travail de très-grandes différences entre le cerveau de l’Homme et des Singes d’une part, et d'antre part celui des autres
de la commissure antérieure et des racines des nerfs optiques.
Après avoir insisté sur les faits précédemment exposés relativement aux racines cérébrales des nerfs optiques, il signale des différences profondes dans la distribution de la commissure antérieure. Dans l’Homme et dans les Singes, les expansions terminales de cette commissure se distribuent dans les lobes postérieurs du cerveau. Dans les autres Mammifères monodelphes, ils s’épuisent au contraire dans les parties antérieures de l’encéphale, c’està-dire dans les lobes olfactifs.
Ces faits montrent, de la manière la plus évidente, combien les types diffèrent en Zoologie; ils peuvent être invoqués contre l’hypothèse des transitions graduelles et des métamorphoses indéfinies des espèces.
Note sur le développement de la forme du Crâne humain et sur quelques différences qu’on observe dans la marche de l’ossification de ses sutures.
(Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, tomeXUII, page 428; i856.)
L’auteur, en suivant attentivement les modifications que la forme du crâne éprouve depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte, est arrivé à démontrer que la région frontale de la loge cérébrale s’accroît de plus en plus à
7ja seconde partie du livre contient une analyse expérimentale et comparée des fonctions de l’intelligence humaine.
Note sur l’Encéphah du Gorille (Gorilla gina, Isid. Geoffroy Saint- Hilaire).
{Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tome L, n® 8oi; 1860.)
En rattachant (dans son Mémoire sur le cerveau de l’Homme et des Primates) le Gorille aux Cynocéphales, M. Gratiolet s’était exclusivement fondé sur l’examen du crâne; le cerveau du Gorille n’était point alors connu, he travail dont il s’agit ici a confirmé cette prévision. C’est donc à tort que les zoologistes anglais ont fait du Gorille le premier des Singes ; le Gorille n’est qu’un Cynocéphale anthropomorphe. Les vues de M. Gratiolet sur ce point avaient obtenu l’approbation d’un des savants les plus compétents en pareille matière, feu M. le professeur Isidore Geoffroy, et M. Rodolphe Wagner les a récemment acceptées (in Vorstudien, etc., 1860).
Mémoire sur l’Encéphale des Éléphants.
!S, tome XL, page loSS; 7
Ce Mémoire, lu en 1855 à l’Académie des Sciences, n’a encore été publié qu’en extrait. L’auteur y démontre que, malgré sa richesse apparente, l’encéphale de l’Éléphant réalise un type inférieur.
Mémoire sur V Encéphale de V Hippopotame.
Daubenton avait déjà démontré que par l’organisation de son estomac, l’Hippopotame se rapproche surtout des Pécaris. La configuration des apo-
La loge frontale du crâne est le domaine propre des lobes antérieurs de l'encépliale, c’est-à-dire des lobes olfactifs; les hémisphères cérébraux peuvent pénétrer, il est vrai, dans la partie supérieure de cette loge en se prolongeant au-dessus d’eux, mais ils ne les dépassent jamais ; si donc les lobes olfaclifs se raccourcissent, la partie antérieure tles hémisphères doit se rac-
Ces derniers mouvements se produisent dans quatre conditions différentes. Ils se développent en effet :
A. Dans un sens prosbolique ou direct, quand l’objet est présent et actuellement perçu.
B. Dans un sens sympathique, quand ils se développent automatiquement dans un organe, à l’occasion de l’action prosbolique d’un autre organe.
C. Dans un sens s/méo/ique^ quand l’objet est purement imaginaire.
D. Dans un sens métaphorique, quand ils traduisent par voiè d’analogie les mouvements éveillés dans l’âme par la considération d’une idée abstraite, et purement intelligible.
Ces mouvements, associés en mille combinaisons diverses, composent le
langage d’expression, et diffèrent par certains caractèresque l’auteur définit
Sur quelques particularités de la Myologie des Singes supérieurs, et sur l’organisation de la main considérée comme organe du toucher dans ces animaux.
Note sur la veine porte rénale des Oiseaux, et sur la découverte d’une veine porte dans leurs capsules surrénales.
(Journal l’Institut, tome XXI, page 386; i853.)
M. Nicolaï avait critiqué Jacobson, et nié l’existence d’un système veineux afférent dans le rein des Oiseaux. M. Gratiolet, en démontrant dans tous les lobules du rein l’existence de deux veines, disposées de telle façon, eu égard à la direction des courants veineux principaux, que Tune, collatérale de l’artère du lobule, est nécessairement efférente, et l’autre nécessairement afférente, fait voir l’erreur de M. Nicolaï et justifie l’assertion de M. Jacobson. Il fait connaître en outre l’existence d’une veine porte dans leurs capsules surrénales.
Note sur l’existence de réseaux admirables analogues a ceux que présentent les artères des membres des Bradypes et de certains LémurienSy dans la région palmaire de Vaile des chauves-souris et dans le pied de quelques Rongeurs.
(Journal l’Institut, tome XXI, page 433, i853.)
Les Mammifères qui présentent cette décomposition des artères des metnbres en réseaux admirables ont des mouvements très-lents, et possèdent en outre la faculté'de conserver pendant longtemps des attitudes actives, sans paraître incommodés par leur immobilité; Ils manifestent au plus haut point ce que M. Barthez appelait la force de situation fixe; tels sont les Loris parmi les Lémuriens, et les Bradypes parmi les Édentés. La décomposition de l’artère palmaire des Chauves-Souris en un réseau admirable correspond sans doute au pouvoir que possèdent ces animaux de maintenir pendant le vol leur aile constamment étendue. Si ce rapport est réel, on expliquerait aisément pourquoi cette disposition se retrouve dans le pied de quelques Rongeurs qui, tels que les Rats, ont l’habitude de se tenir dressés sur leurs pattes postérieures.
Mémoire sur le système vasculaire de VHippopotame.
(Lu à l'Académie des Sciences. — En extrait dans les Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tome LI, page 524; 1860.)
M. Gratiolet kisiste dans ce travail sur les dispositions anatomiques qui font de l’Hippopotame un animal éminemment plongeur.
Mémoire sur l’organisation du système vasculaire de la Sangsue médicinale et de V Aulatosme vorace, pour servir à l'histoire de la circulation du sang dans les Hirudinées bdelUennes.
tome XXXI, .8 novembre i85oi publié m extenso dans les Ann. des Sc. nat.; 1862.) ’
Dans ce Mémoire, qui a été devant l’Académie l’objet d’un Rapport favorable, l’auteur a donné un grand nombre de détails nouveaux sur l’ana-
I. Relativement au .système vasculaire, M. Gratiolet a établi qu’il y a dans la peau de l’animal trois réseaux très-riches, savoir :
i" Un réseau respiratoire superficiel d’une délicatesse extrême, abondant surtout sur les anneaux, et assez rares dans leurs interstices ;
2” üh réseau intermédiaire ou musculaire ;
3° Un réseau variqueux sous-cutané. Ce réseau forme quatre bandes épaisses, savoir: deux aux côtés de la ligne inédio-dorsale et deux aux côtés de la ligne médio-ventrale.
'Ces trois réseaux communiquent I un avec l’autre.
Ceci posé, l’auteur constate que les deux grands vaisseaux latéraux font l’office de cœurs et se contractent alternativement. Au côté ventral ils communiquent de zoonite en zoonite, par des branches abdominales transverses. De ces arcades transversales naissent des vaisseaux destinés aux anses et aux vésicules mucipares. Au côté dorsal, les branches qui naissent des vais-
et font l’office de diverticulum où s'épuise la force impulsive des de peut être changé. '
du sang ; parié ne
On voit immédiatement ce que ce travail ajoute aux recherches de Dugès et à celles de M. Brandt qui avait aperçu un grand nombre de faits exacts, mais qui n’en avait pu tirer de conséquences, l’existence des grands plexus vanqueux n’ayant point été connue de cet habile auteur.
II. Relativement aux organes mucipares, M. Gratiolel, après en avoir donné, l’anatomie complète, démontre l’erreur de Dugès qui avait pris ces glandes pour des coeurs, et résout la difficulté qu’avait soulevée une fausse apparence de communication entre cesorganes et les glandes spermatogènes. Il soupçonne une analogie probable entre ces organes et des appareils urinaires, et constate, après M. Moquin-Tandon, que ces organes sont en rapport avec la faculté d’errer hors de l’eau que possèdent quelques Hirudinées. En effet, ils humectent puissamment la peau de l’animal, et peuvent aider ainsi à la respiration d’un ver aquatique dans un milieu aérien.
III. Relativement à l’histoire deszoonites, M. Gratiolet a fait connaître l’existence d’une double série de points blanchâtres, qui, d’espace en espace, apparaissent au coté dorsal de l’animal^ dans le voisinage de la ligne médiane. Ces points occupent expressément le côté dorsal des anneaux qui portent à leur côté ventral les ganglions nerveux de la chaîne, et caractérisent ainsi l’anneau antérieur et pour ainsi dire céphalique de chaque zoonite. Les orifices excréteurs des glandes sont percés dans les derniers anneaux des zoonites et les caractérisent. Ces faits ont permis à M. Gratiolet d’élablir rigoureusement que le nombre des anneaux constituant les zoonites diminue aux deux extrémités de l’animal, où les éléments nerveux offrent une condensation évidente.
Que sont d’ailleurs ces points dorsaux? Sont-ils l’indice de poinis oculaires atrophiés? L’auteur n’a pu jusqu’à présent résoudre cette question importante.
Notice sur les travaux de Soukyet.
(Journal de Conchyliologie, tome IV; l853.)
M. Graliolet a résumé dans celle Notice le résultat de ses propres obser-
1® Sur la comparaison de l’anneau oesop'hagien, avec un segment nerveux complet d’animal vçrtébré ;
2® Sur les sinus veineux des Mollusques;
3° Sur l’existence d’un système lymphatique dans quelques Mollusques, et, en particulier, dans les làmaces.
On avait tiré de la découverte de ces grandes dilatations que présentent chez les Mollusqués gastéropodes les troncs qui rapportent aux poumons ou aux branchies le sang veineux du corps, des conséquences exagérées, et l’on avait considéré cette disposition curieuse comme un signe de dégradation sériale ; M. Gratiolet, tout en reconnaissant la justesse des faits observés, a démontré : i® que ces dilatations n’interrompent en aucune façon la marche générale du sang ; que, loin de là, elles favorisent le mouvement circulatoire, l’enveloppe extérieure pouvant les comprimer à la manière d’un cœur veineux ou pulmonaire ; a" que, loin d’être l’expression d’une dégradation sériale, elles constituent une sorte de compensation physiologique, dont la nécessité est assez manifeste chez les animaux qui, n’ayant point de charpente solide, ne peuvent avoir d’autres mouvemenls d’extension que ceux qui résultent d’une érection vasculaire.
M. le professeur iMoquin-Tandon, dans son Histoire des animaux moüusques, a fait à l’auteur l’honneur d’approuver ces conclusions, qu’il a adoptées dans les termes où elles avaient été résumées.
Note sur les Zoospermes des Hélices et sur les métamorphoses qu’ils subissent dans la vésicule copjxlatrice où ils ont été déposés pendant l’accouplement.
(Journal de Conchyliologie, tome I, pages n6 et 236; t85o.)
En prenatit un grand nombre de fois la nature sur le fait, M. Gratiolet a
Mémoire sur l'i
•nie de la 7'érébratule australe.
3" A la recherche du système nerveux dont il a donné une description nouvelle, en rectifiant certains faits annoncés par MM. R. Owen et Albany Hancock.
mental. M. Gratiolet le premier, et d’après des observations antérieures, combattit l’erreur de cet habile physiologiste en démontrant qu'on peut extraire et lacérer la capsule surrénale gauche sans aucun danger pour la
vie de l’animal, et qu’il en serait probablement de même de l’ablation simidlanée des deux corps stirrénaux, si le voisinage de la veine cave et du foie permettaient d’atteindre au corps surrénal droit, sans léser ces organes si importants pour la vie.
Or M. Waller, ayant heureusement découvert que l’ablation du corps surrénal droit peut être pratiquée chez les rats sans aucun danger pour le foie, M. le docteur Philippeaux put extraire chez ces animaux les deux corps à la fois sans porter atteinte à la vie, et justifier ainsi les conclusions que M. Gratiolet avait tirées de ses propres expériences.
Observations sur Us propriétés vénéneuses que'présente l'humeur lofitescente sécrétée par Us pustuUs des Batraciens (en commun avec M. Cloëz).
Ces recherches ont démontré la présence, dans le liquide lactescent que
sont très-friands, mais ne les mangent qu’après les avoir longtemps pressés et lavés entre leurs pattes dans l’eau des mares, sans doute pour débarrasser la peau du venin qui remplissait ses pustules.
Observations sur la '«égétation des plantes submergées (en commun avec M. Cloëz).
Recherches relatives auxmouvements de rotation sur l’axe du corps que déterminent certaines lésions du cervelet.
xxxvm.
Mémoire sur les Scissures anormales de la bouche, et sur le Bec-delièvre en particulier.
L’auteur établit dans ce travail que le bec-de-lièvfe et les scissures du palais résultent ; 1° d’une atrophie des os de la face; 2° d’un écartement forcé de ces os qu’entraînent en se développant les apophyses latérales du crâne. Il fait voir en outre que les os intermaxillaires ne font point partie intégrante du maxillaire supérieur, mais sont une dépendance du vomer auquel ils
Note sur l’existence et la composaton de l'os intermaxillaire dans l’Homme.
page 307; i84o.)