SA TECHNIQUE ET SES RÉSULTATS
Par L. BOUCHACOURT
Historique. — Dès le début des applîcâlions médicales de la découverte de Rôntgen, on a songé à faire suivre au tube de Crookes, et à ses rayons, les voies naturelles d’accès dans l’organisme. L’assimilation de l’ampoule à une lampe produisant des rayons très péné.
idée.
dans les cavités pelvienne et buccale, outre qu’elle diminuerait beaucoup l’épaisseur des tissus à traverser, éviterait la superposition des surfaces osseuses situées sur des plans différents, et doiit l’enchevè- Irement était si gênant pour l’interprétation des images obtenues avec la méthode ordinaire. - - :
Les premiers expérimentateurs se^ sont heurtés à des difficultés
d’ordre électrique, qui ont fait abandonner les recherches commencées,
en mai 1896, par MM. Oudin et Barthélemy. L'apparition des troubles trophiques a encore reculé la solution du problème, et a certainement contribué pour beaucoup à arrêter l’expérimentation dès les premières tentatives, qui datent presque de la découverte de Rôntgen.
En mai 1897, M. Destot a indiqué la possibilité du fonctionnement
bipolaire quelconque.
Mais son dispositif semble être resté à l’état de projet, car aucun
M. Destol plaçait son malade dans le circuit, et l'isolait, ainsi que l’opérateur, sur un grand tabouret h pieds de verre.
Il conseillait surtout ce mode d’excitation pour éviter les troubles trophiques, qui étaient très redoutés à cette époque.
Dès le début de nos recherches, en janvier 1898, nous nous sommes dirigé dans une voie toute différente et toute nouvelle.
Nous avons basé notre technique opératoire sur la mise au sol parfaite du tube de Crookes, du malade et de l’opérateur, de façon à bannir toute crainte des phénomènes électriques.
L’innocuité de la machine statique, au 'point de vue de la production des troubles trophiques, paraissant établie, nous avons choisi la seule machine statique qui pût fonctionner normalement avec un pôle à la terre, c’est-à-dire la machine Carré.
Ayant de suite obtenu des résultats pratiques encourageants, nous avons appelé endodiascopie cette méthode d’utilisation des rayons de Rüntgcn, caractérisée par l'introduction du tube de Crookes dans les cavités naturelles, le pôle positif da générateur d'électricité étant mis à la terre, et le malade se trouvant en dehors du circuit.
La suppression des phénomènes électriques a, en outre, pour résultât de permettre d’employer de grandes intensités, en laissant toute confiance au malade et à l’opérateur. Ceux-ci, en effet, peuvent tou-
I)e plus, l'éclairage est meilleur, toutes choses égales d’ailleiuï, puisque les rayons de Uôntgen peuvent être utilisés dans le voisinage immédiat de leur point d'émission.
Enfin, rien n’est plus simple que de mettre une image au poinU puisqu’on peut déplacer le tube de Crookes, à la main, pendant la marche ; le promener sur les différentes parties du coi-ps, et le placer dans tous les plans possibles d’orientation.
Nous avons publié dans la Presse médicale (») nos premières endo^ diagraphies; et nous avons exposé dans notre thèse inaugurale (a) cette méthode nouvelle, complète en théorie, mais bien imparfaite pratiquement, tout au moins à cette époque.
Générateurs d’électricité. — Un grave inconvénient de ce mode de production de rayons de Rôntgen était d’abord l'obligation d’em- ■
LA MACHINE STATIQUE CARRê, liait la lïîéthode à toutes les imperfections actuelles de cette source électrique.
Aussi avons-nous cherché a réaliser une bobine qui présentât les caractères de l'unipolarité.
s’est surtout préoccupé d’utiliser la partie centrale de l’inducteur.
Des galettes, en très petit nombre, ont été placées de telle sorte que le pôle à basse tension de la bobine fût réuni au fil d'entrée de l’induit, et que le seul pôle actif réuni au fil de sortie de cet induit.
bans cette bobine, qui donnait i8 centimètres d’étincelle entre bornes, on obtenait i 5 centimètres de longueur d’étincelle quand le pôle faible était mis au sol. Le transformateur dit unipolaire de
Le modèle que nous avons l’honneur de présenter à l'AFAS est le
que la description rapide, tous les détails de physique pure faisant l’objet d'un mémoire, que M. Rémond soumet à la section de physique
Dès l’instant que nous ' n’employions que la tension négative de la bobine, il était indiqué, pour nous, de n’utiliser que le champ correspondant de l’électro-aimant inducteur. Nous avons donc placé notre induit seulement à partir de la ligne neutre du noyau de fer doux, et dans un sens tel que le pôle final fût négatif.
Notre système de bobinage, qui emploie de nombreuses galettes minces, accouplées alternativement au centre et à la périphérie, est à
L’épaisseur de la couche isolante va en augmentant, comme la
les particularités nouvelles de
électriques unipolaires, on réduisait à néant l’action de toute la partie de l'induit qui se trouvait dans le champ inutilisé.
On conçoit donc que, dans ces conditions, la marche en bipolaire
Producteurs de rayons de Rôntgen. — Les tubes de Crookes destinés h être excités par la méthode unipolaire, présentent une
à atteindre cliniquement.
Au-devant du tube s'appliquent deux autres disques demi-circulaires, réunis par des liges de bois, et recouverts par un placage résistant; celui-ci, perméable aux rayons de Rôntgen, forme un demi-cylindre
Cet appareil, qui sert de soutien et de protection à l’ampoule, sur les chairs, avec la partie antérieure rigide de la lanterne. On
étale au-devant du faisceau de rayons.
La partie postérieure de ce porte-ampoule étant ouverte, rien n’est plus facile que de surveiller, à chaque instant, l’état de fluorescence
Pour examiner un point quelconque du corps avec ce tube ainsi protégé, il suffit de relier l’extréraité cathodique de l’ampoule au fil unique de la bobine, et la borne anodique du support au fil de sol. On prend alors la lanterne par sa poignée, et on la promène à la
relies, et plus spécialement du vagin.
isolante et protectrice, formée par un spéculum cylindrique en bois,
Mais, préoccupé d’avoir un appareil moins volumineux et antiseptique, et d'éviter les phénomènes d’influence sur le malade, j’ai employé ensuite des tubes entourés d’une enveloppe métallique extéiieure reliée 'k l’anode, et s’étendant au dehors sur une certaine longueur de la tige cathodique. Une gaine isolante était interposée entre cette surface métallique et le verre de l’ampoule.
Mais le fonctionnement de ces tubes, appuyé en théorie sur la loi de Faraday, qui semblait applicable — puisque le générateur d’électricité était la machine statique — fut défectueux.
Leur durée, très éphémère, n’était pas leur seul inconvénient. Le
instant dans des limites étendues ;
i) Des effluves directs partaient, dans l’air, entre l’extrémité cathodique du tube et la gaine métallique extérieure ;
a) Entre les portions des deux électrodes positive et négative engainées l’une dans l’autre, se produisaient des décharges obscures, se Iransl'onnant parfois en étincelles, amenant la rupture du tube.
On se trouvait, en effet, dans les mêmes conditions électriques, la partie anodique enveloppant la partie cathodique, que dans les tubes construits spécialement pour produire de l’ozone ;
3 ) La décharge utile entre la cathode et l'anode, qui aurait dû être prépondérante, n'était que la décharge résiduelle des deux actions précédentes.
Aussi le rendement de ces tubes en rayons de Rôntgen était-il très faible et très inconstant.
électriques plus fortes, dans l’espoir d’obtenir des rayons plus péné-
le but d’essayer de remédier à d’aussi graves défauts.
Pour lutter contre les effluves directs, léchant le verre d’une extrémité métalliquedu tube à l'autre, on a allongé la partie cathodique,
forme de pavillon de
Pour empêcher la production des décharges obscures entre les pa^ ties cathodique et anodique, des artifices variés ont été essayés, avec l'espoir d'augmenter beaucoup la protection de la tige cathodique dans sa partie enveloppée par l'anode.
C’est ainsi qu'on a accru l'épaisseur du tube de verre dans lequel le tube de platine est soudé. Le résultat le plus clair de ce dispositif a été la rupture de cette grosse tige de verre, pour ainsi dire dès les
On a alors essayé d'engainer plusieurs tubes les uns dans les autres, mais l'effet a été presque identique : le tube de verre, en contact avec
fuite d’électricité; car il se faisait, en ce point, un court circuit sur le secondaire, empêchant toute production de rayons de Rüntgen.
Dans le modèle actuel d'endodiascope, sur lequel rien n’a été publié jusqu’à ce jour, nous avons complètement renoncé à faire pénétrer dans l’organisme une portion de la tige cathodique.
Nous avons été conduit à cette idée par l’impossibilité — contre laquelle nous nous sommes heurté trop longtemps — de protéger efii* cacement la tige cathodique, dans sa portion engainée par la partie anodique.
Les recherches de M. Villard ayant montré que, pour un tube quelconque, un certain degré de vide, approprié aux constantes du tube, donne un faisceau cathodique cylindrique, et rend presque indifférente la position de l’anticathode sur ce faisceau, nous étions autorisé à éloigner beaucoup la cathode de l’anticathode.
Dans l’ampoule endodiascopique que nous présentons aujourd’hui, la partie éclairante du tube, et l’enveloppe métallique extérieure qui la recouvre, ont la forme d’un battant de cloche, comme dans les modèles que nous avons présentés, dans le courant de cette année, à diverses sociétés savantes (•)■
Cette forme est rationnelle, en ce qu’elle permet à la cavité naturelle de se refermer, en partie, sur une portion rétrécie du tube.
présente une forme et un volume variables suivant la cavité à explorer; de façon à ce que la paroi de verre soit le plus loin possible de l’anode.
A une distance du fond du tube supérieure à la longueur de péné-
Comme dans les modèles précédents, l’enveloppe métallique extérieure est percée d’une fenêtre en regard de l’anticalhode, cet orifice étant fermé par une feuille de mica placée à glissière.
Ce volet, transparent aux rayons de Rôntgen, l’est aussi aux lueurs
surveiller constamment la marche du tube, sans ouvrir la gaine métallique extérieure.
Celle-ci est constituée par deux demi-gouttières s embodant réciproquement, de façon à constituer une fermeture complète : elle protège donc complètement le malade contre les dangers possibles de
L’autre extrémité de l’enveloppe extérieure porte un anneau à bords mousses, qui maintient les deux gouttières au moyen d’une vis de pression placée sur deux prolongements coudés, assurant ainsi leur coaptation parfaite.
Ces prolongements, par leur réunion, constituent une poignée, par laquelle on tient le tube, et qui présente en un point un serre-fil :
tubes suffisamment pénétrants, on pourra étendre beaucoup le champ d’exploration dans l’organisme, par ses voies naturelles d’accès.
Fluoroscopes rationnels. — Une des caractéristiques de la production des rayons de Rüntgen, suivant la méthode unipolaire, est
Cet intermédiaire, qui transforme la lumière invisible en lumière visible, joue, en effet, le rôle du viseur ou du verre dépoli de la mise au point des appareils photographiques.
Jusqu’à présent, les fluoroscopes étaient lourds, encombrants; obturaient mal la lumière extérieure; et présentaient, à leurs extrémités, une forme véritablement irrationnelle.
M. Rémond et moi avons construit un fluoroscope, qui est petit, léger, d’un maniement facile, répondant à tous les besoins de la pratique.
La partie oculaire est formée par un loup, inscrit dans la grande base
La partie objective est constituée par un écran de forme ovalaire,
de cône, et limité seulement par ses bords.
Cette surface fluorescente présente, dirigée suivant le grand diamètre de l’ovale, une concavité inverse de celle du loup.
Le tronc de pyramide oculaire et le tronc de cône objectif se réunissent par une surface articulaire cylindrique qui, par emboî-
an fluorescent, la partie oculaire restant immobile, a voit qu’à l’aide de ce dispositif, une obscurité parfaite est rée dans l’intérieur de l’appareil en service, i lumière éclairante ne pourrait, en effet, pénétrer que par les.