SYNDROME BIOLOGIQUE DE LA MÉLANCOLIE
Ce travail, basé uniquement sur des recherches personnelles, a pour but de mettre en évidence/à côté de signes cliniques connus, les manifestations nerveuses, humorales et tissulaires d’un syndrome organique des états mélancoliques ; mais pour prendre toute leur signification ces manifestations ne doivent plus être envisagées dans le cadre habituel des perturbations fonc-
Lamache
tionnelles de glandes ou de viscères isolés ; elles doi vent être groupées en de grandes fonctions physiopathologiques intéressant divers organes ou systèmes en tenant compte de l’activité tissulaire générale dont l’importance est considérable. D’ores et déjà ces recherches permettent d’isoler le syndrome somatique de la mélancolie de celui des états confusionnels et d’établir une distinction fondamentale entre la dépression et l’anxiété. Le syndrome organique des états dépressifs se caractérise essentiellement par un processus d’inhibition générale des échanges. L’excitabiüté neuro-végétative est nulle ou presque nulle (réflpxe oculo-cardiaque, réflexe solaire, tests pharmacodynamiques). La déficience des glandes à sécrétion interne (ovaire, thyroïde, surrénale, hypophyse) est révélée par les constatations cliniques et les réactions aux extraits glandulaires. L’équilibre circulatoire est profondément troublé et marque à la fois une atteinte périphérique et une atteinte cardiaque (abaissement de la maxima, faiblesse de l’indice, hypertension veineuse). A la déshydratation de tout l’organisme s’ajoute un ralentissement extrême des échanges aqueux (perméabilité tissulaire, sécrétion choroïdienne et rénale) mis en évidence par les différentes épreuves de diurèse provoquée, le test d’Alrich et l’injection intraveineuse d'eau distillée avec action parfois faible ou nulle des agents excito-sécréteurs (théobromine). Le métabolisme des hydrates de carbone est profondément troublé, si la glycémie est normale ; la méthode des hyperglycémies provoquées montre une perturbation : exagération de l’hyperglycémie alimen-
taire, hyperglycémie adrénalinique, faible, diminution de la glycolyse pulmonaire, etc. De même les fonctions de dépuration et de défense de l’organisme sont déduites et ralenties ; le foie est particulièrement déficient, il semble qu’il y ait insuffisance biliaire, dont l’hypercholestérinémie serait une expression, et insuffisance de toutes les fonctions de nutrition auxquelles il participe (métabolisme des sucres, des albumines) ; il y a parfois hypoazotémie et hypoazoturie, mais souvent l’urée sanguine est en léger excès de façon relative. Diverses épreuves cliniques (phénolphtaléine, constante d’Ambard) mettent en évidence l’insuffisance de l’élimination urinaire.
L’ensemble de ces troubles évolue parallèlement à l’état clinique et disparaît avec lui ; les agents thérapeutiques symptomatiques sont sans action curative. La mélancolie apparaît comme une véritable maladie organique, sorte de dyscrasie tissulaire avec auto-intoxication, comme des maladies de la nutrition.
Différent est le syndrome biologique des états anxieux : ici tout traduit une toxi-infection discrète : hyperazotémie légère ; ictère fruste, transitoire ; courbe de la cholestérinémie, absence de modifications importantes de l’excrétion rénale. Les échanges sont plus ou moins exagérés (métabolisme basal, métabolisme des sucres, hyperendocrinie) et on note un déséquilibre du système neuro-végétatif avec hyperexcitabilité.