SCÈNE IX
LE BARON
BLUTEAU
Je ne m’appartenais plus, alors ; depuis mon mariage, je me devais à mes enfans.
LA BARONNE
C’te bêtise, vous n’en avez jamais eu.
Aux enfans... que j’aurais pa avoir... et à leur défaut à mes parens.
LA BARONNE
Oh oui ! parlons-en... c’est ça que tu as été tendre et généreux à leur égard...
LE BARON
Eb bien ! ce Bluteau , est-ce que Je ne viens pas de le mander près de moi., à peu près certain, maintenant, d’être le dernkr de ma souche, je me décide à chérir ce neveu et h l'adopter , sauf votre consentement... que vous ne me refuserez pas, attendu que je ne vous connais ni tenant ni aboutissant, comme disent les petites gens.
LA BARONNE
Adopter Bluteau , not’ neveu, c’est lui laisser après nous toute notre fortune ; j’ai ruminé h ça et je ne mettrai ma pataraphe qu'à certaines conditions.
LE BARON
Quelles conditions ?
LA BARONNE
Je me réserve à moi seule le droit de marier Bluteau ; il sera obligé de prendre la femme que je lui aurai choisie, et vous n'aurez rien à y voir.
LK BARON
11 est bien entendu, pourtant, que vous ne marierez pas mon neveu avec quelque hile de rien, de vivandière , par exemple !
Ah ça! tu oublies donc, M. l'embarras, que Madame ton épouse a distribué, pendant cinq, ans le parfait amour aux chasseurs du 2* de la garde?
LF. BARON.
Le parfait amour en liqueur... je le sais, hélas! trop.
LA BARONNE
Mais ton bêta de neveu serait bien heureux d'épouser l’enfant d’une de ces braves filles-là , entends-tu?
LE BARON
Chut donc ! mais , chut donc !
LA BARONNE
Eh non! fichtre! Je ne veux pas que t’aie l’air de mécaniser mon ancien état. Tiens , t’as de la chance que je sois de bonne humeur à ce matin... On vient., c'est ton pataud de neveu, qui a l’air aussi embarrassé de scs habits neufs que moi de mon baronnage.