DISTANCE
XI m'a troublé comiaae ixn enfant ton rendez-vous au téléplione- J*avaîs dît, plus <i*une heure avant, qu'on ne laissât entrer personne dans 1^ otiamlire où j'avais éteint pour t 'attendre toutes les lampes.
TOI ET MOI in
Je sentais bourdonner mes tempes.
Et je n'étais pas bien certain, seul au fond de cett6 ombre pleine de la promesse de ta voix, que je n'allais pas contre wioî sentir te vent de ton haleine...
Lorsque ton brusqua appel tinta je crois que mon sang s'arrêta dans mes veines plusieurs secondes...
Puis tu parlas. Je t*entendis.
Mais tous les mots que tu me dis semblaient venir du bout du monde.
Elle avait dû, ta pauvre voix, parcourir d'une seule haleine des collines, des champs, des plaines, d€s villes, passer sous des bois, longer des fleuves et des routes.-.
Et c'était pour cela sans doute qu'oUe m'arrivait, cette voix,
si changée, si diminuée,
si ténue et si dénuée,
que ce n'était presque plus toi
qui parlais dans la chambre somEré,
mais quelque chose comme l'ombre
ou le fantôme de ta voix...
Je m'étais dit, ma chère aKsente,
que je te sentirais penchée
vers «ma bouché, et sinon présente,
du moins mille fois rapprochée...
Mais au contraire à ce moncient
la distance semblait accrue
entre nous indéfiniment.-.
Et soudain tu m^es apparue
au bout de ce fil décevant,
si désespérément lointaine,
que 3 e me suis trouvé, devant
ce téléphone, avec ma peine,
plus seul et plus perdu qu'avant.