CHANCE
Et pourtant, nous pouvions ne jamais nous connaître I
Mon amour, imagînez-vous
tout ce que le Sort dut permettre
pour qu'on soit là, qu'on s'aime, et pour que ce soit nous ?
TOI ET MOI 3i
Tu dis : « Nous étions nés l'un pour Tautre. )î Mais pensa
à ce qu'il dut falloir de chances, de concours,
de causes, de coïncidences,
pour réaliser ça, simplement, notre amour î
Songe qu'avant d'unir nos têtes vagabondes,
nous avons vécu seuls, séparés, égarés,
et que c'est long, le temps, et que c'est grand, le monde,
et que nous aurions pu ne pas nous rencontrer.
As-tu jamais pensé, ma jolie aventure, aux dangers que courut notre pamTe bonheur quand l'un vers l'autre, au fond de l'infînie nature, mystérieusement gravitaient nos deux coeurs ?
Sais-tu que cette course était bien incertaine qui vers un soir nous conduisait, et qu'un caprice, une migraine, pouvaient nous écarter Tun de l'autre à jamais ?
Je Be t'ai jamais dit cette chose inouïe :
lorsque je t'aperçus pour la première fois, je ne vis pas d'abord que tu étais jolie.
Je pris à peine garde à toi.
Ton amie m'occupait bien plus, avec son rire. C'est tard, très tard, que nos regards se sont croisés. Songe, nous aurions pu ne pas savoir y lire, et toi ne pas comprendre, et moi ne pas oser.
Où serions-nous œ soir si, ce soir-là, ta mère t'avait reprise un ipeu plus tôt ?
Et si tu n'avais pas rougi, sous les lumières, quand * voulus t 'aider à mettre ton manteau ?
Car souviens-toi, <îe furent là' toutes les causes.
Un retard, un empêchement,
et rien n'aurait été du cher enivrement',
de Teïquise métamorphose I
Notre amonr aurait pu ne jamais advenir !
Tu pourrais aujourd'hui n'être pas dans ma vie !...
Mon petit cœur^ mon coeur,, ma petite chérie, je pense à cette maladie dont vous avez failli mourir...