‹ Tolstoï et les doukhobors; faits historiquesChapitre 1 sur 8 · P.-V. STOCK, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

P.-V. STOCK, ÉDITEUR

(AncUnne Librairie Tresse et StocA)

L'auteur et Téditeur déclarent réserver leurs droits de traduction et de reproduction pour tous pays, y compris la Suède et la Norvège.

Ce volume a été déposé au Ministère de l'Intérieur (section de la librairie) en janvier 1902.

De cet ouvrage il a été tiré à part cinq exemplaires sur papier de Hollande, tuimérotés et paraphés.

En plaçant le nom de Tolstoï en tête de ce recueil d'articles, dont l'ensemble donne le tableau le plus complet que nous ayons jusqu^ici de la vie des Doukhobors, nous avons voulu non seulementprendre le grand écrivain comme le Génie bienfaisant de ce livre, mais rappeler qu'il fut aussi celui de la secte dont nous nous occupons. En effet, les Doukhobors doivent tant à Léon Tolstoï que son nom restera intimement associée leur histoire.

Ce n'est pas que (opinion parfois émise)

^rvr^

Léon Tolstoï ait été leur inspirateur ; — dans le bel article de M. Tchertkov :

« Où est ton frère », le lecteur verra ce qu'il faut penser à ce sujet — , mais si Tolstoï n'a pas eu d'influence sur le développement moral des Doukhobors, il y a aidé indirectement, en favorisant leur émigration au Canada. D'abord, grâce à son intervention énergique, le gouvernement autorisa l'émigration des Doukhobors, et ensuite par diverses souscriptions et surtout par la vente de son admirable « Résurrection », il leur fournit les moyens matériels de quitter la Russie.

Et depuis, Léon Tolstoï a consacré une grande partie de son puissant talent à la cause des Doukhobors, et par une série d'articles retentissants, il a attiré l'attention du monde entier sur ces hommes qui mettent en pratique la loi chrétienne de la non-résistance au mal par la violence.

A côté de Tolstoï, le futur historien des Doukhobors n'oubliera pas V. Tchertkov,

P.Birukov, Trégoubov et quelques autres qui n'ont reculé devant aucun sacrifice, Texil même, pour aider aux malheureux opprimés, et qui complètent leur oeuvre par une grande entreprise : l'édition de tous les matériaux relatifs à l'histoire des Doukhobors , matériaux dont l'ensemble ne formera pas moins de seize volumes, composés sous la direction de M. Bontche-Brouievitch.

Dans des revues et des journaux français ^ quelques articles concernant la secte des DoukhoborSj Vune des plus remarquables des sectes russes i ont paru à diverses époques.

Mais chacun de ces articles^ écrits le plus sou» vent à propos d'un événement spécial de la vie des DoukhoborSy ne contenait qu'un bref aperçu de Vhistoire si mouvementée de cette secte y et nen donnait pas le tableau complet et clair {\).

(i) Le meilleur article et le plus complet, paru en français sur les Doukhobors, est celui d'Ivan Strannik, publié dans la Revue de Paris du 15 octobre 1901.

Note du traducteur.

Le but de ce recueil est de suppléer à ces lacunes.

Ecrire une monographie des Doukhobors est un travail si considérable, que 7ious ne voulons pas la faire attendre au public fr ançaisy quelques années peut-être, sans lui donner au moins des renseig-ftements exacts et précis sur le grafid mouvement de cette secte, mouvement remai^quable tant au point de vue social, qu^au point de vue historique et moral. Ces renseignements ftous seront fournis par des articles déjà parus et par d'autres, qui jusqu'ici n'o?it pas été publiés en français. Les articles qui composent ce recueil ont été écrits à diverses époques et pour divers motifs, aussi demandons-nous au lecteur de n'y pas chercher de lien organique. Leur ensemble donne un tableau asse^ complet du passé des Doukhobors, de leur vie présente, de leur développement spirituel, des persécutions et des souffrances quils ont endurées pour leur foi.

Et la foi de ces hommes, presque tous naijs et frustes, à peine effleurés par la civilisation européenne, est si pure, si sublime, qu'elle mérite d'attirer l'attention des plus grands

esprits, et celle de la foule qui cherche un modèle de vie, et qui est toujours heureuse de suivre les indications de la vérité. Et nous espérofîs que ces pages donneront à réfléchir à beaucoup j sur les questions les plus impoi^tantes de la vie humaine.

Celui qui écrit ces .lignes connaît les DoukhoborSy il a vécu avec eux, il a touché les blessures^ que leur flrent les nogaïki des Cosaques, et, à leur contact^ il a puisé les forces morales qui lui ont servi d*appui dans la ?юи1е difficile de la vie.

P. BlRUKOV.

Onex. Janvier lçQ2.

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