LIVRE XI, CHAPITRE IX
It'ès-résolue de s'informer le lendemain de la demeure de la dame sous la protection <ie laquelle nous avons déjà dit qu'elle avait projeté de se mettre en fuyant de chez Son père. Quelques remarques particulières qu'elle avait faites en route l'avaient tellement affermie dans cette résolution, que lien n'eût pu la faire agir différemment.
Ce n'est pas que notre héroïne fût Capable de concevoir, sans fondement, le plus léger soupçon de la vertu de son prochain; ee n'est pas non plus que madame Fitz-Patrick, par ses démarches, et moine encore par ses discours, eût laissé transpirer la moindre apparence de scandale : mais le lord, un peu moins formaliste qu'elle, s'était quelquefois, quoique sans y penser, assez mal observé dans la route, pour éclairer Sophie sur bien des petites réticences dont ' elle avait soupçonné sa chère cousine dans le récit de son histoire.
Miss Western n'eut pas de peine à trouver la dame qu'elle cherchait : il n'était point de pon^urs dans la ville â qui son hôtel ne fdà parfaitement connu. Son messager revint
avec une invitation si gracieuse et si pressante, quelle se disposa à si'y rendre sur-lechamp.
Madame Fitz-Patrick ne fit d'autres instances poiir la retenir que celles qu'exigeait la politesse. Soit qu'elle pensAt qu'elle fut soupçonnée j soit par <juelquc autre motif que nous ne voulons point pénétrer, il est certain qu'elle était aussi en^prèssce de voir partir Sophie , que Sophie pouvait l'être de se séparer d'elle.
Miss Western, au moment qu'elle lui dit adieu, né put s'empêcher de lui dire:
Au nom du Ciel, ma chère, tenez-vous sur vos gardcsy et réfléchissez mikrement sur les dangers que vous. allez courir. Il est peutêti^ encore des voies de conciliation avec votre époux; Uichez', je vous en supplie, de ne pas vous les interdire.
Épargnez-vous ces craintes, ma cousine, lui répondit madame Fitz-Patrick avec un sourire équivoque : vous avez moins vécu que moi; gardez ries, je vous en supplie, f>our vous-même. JTrai vous voir dans^elques jours. Daignez pourtant aussi ne pas