LIVRE III, CHAPITRE HI
verttt^ et Square la religion , dans la composition de leurs différens systèmes, et n'eussent pas exclu du cœur humain tout principe de bonté naturelle^ je me serais gardé de les représenter comme deux objets de dériÂOn, dans une histoire que je crois, après cette déclaration, pouvoir enfin poursuivre.
L'incident qui mit fin à la contestation rapportée au dernier chapitre n'était autre chose qu'une querelle entre M. Blidl et Tom Jones, et dans laquelle ce dernier avait ensanglanté le nez de son camarade. Le jeu avait occasioné leur différend. Le sage Blifil s'était oublié au point de traiter Tom de vilain bâtard; et l'autre, qui souvent n'était pas endurant, y avait répondu par un vigoureux coup de poing.
Blifil, les yeux en larmes et le nez en sang, demandait justice à son oncle et au redoutable Tuakum ; Tom ne s'excusait que sur l'atrocité de l'insulte, dont Blifil n'avait eu garde de parler; et M. Alworthy allait l'absoudre en lui recommandant plus de modération à l'avenir, lorsque le vindicatif
1 BUGl, obstiné à nier l'injure qu'il avait faite
à Tom, s'écria qu'il n'était pas étonnant qu'un menteur^ capable de nier certains faits y sut au besoin en inventer tT autres,
Quelâ sont, quels sont ces faits ? interrompit Tuakum avec chaleur.
Blifil, qui se sentait soutenu, révéla alors le secret que Tom lui avait confié la veille, de sa partie de chasse avec le garde.
A ces mots, Tuakum, les yeux étincelans de joie , chanta victoire , et insulta au malheur de Jones autant qu'à la crédulité dé M. Alworthy.
Tom, aux genoux de ce seigneur, ne se fit plus presser d'avouer sa faute. Le men- ' songe, dit-il, lui était aussi odieux qu'à tout autre ; mais il avait cru que l'honneur l'obligeait de sauver le garde -chasse, et avec d'autant plus de raison que c'était lui-même qui, par ses instances, avait forcé ce pauvre malheureux d'entrer avec lui sur le territoire du gentilhomme voisin. Il affirma ce fait, et finit par supplier M. Alworthy de ne punir que le vrai coupable, et de regarder en pitié la famille d'un infortuné dont lui seul avait causé la perte. Reprenez vos