CHAPITRE IL
>ecoiid service pour les mêmes gens.
LTRÉME émotion de Jones à cette dé~ •te augmentait encore par les rets douloureuses qui se présentaient en k son esprit. Il était loin d'imaginer penchant de cette aimable iille pût ir assez puissant pour Taveugler au le jamais consentir à faire le bonheur imant si peu digne d'elle. En suppoailleurs que son espoir dût ne point itrer d'obstacles de la part de la fille, -il pas certain que de la part du père Lurait d'insurmontables à combattre?
e, quoique rustique et vraiment cam~ rd, surtout dans ses amusemens, n'és moins un très-bon gentilhomme, et en reprendre les sentiraens lorsque constances l'exigeaient Ce père aimait ivement sa fille : il avait dit et réi^été
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ceot fois, tant à table qu'aillcui-s, qu'il m mourrait coûtent que lorsqu'il la verrai l'épouse du plus riche seigneur de la province. Tom aurait-il été assez vain , asscî imbécilement fat pour se âatter, quelque amitié que ce père montrât pour lui, de h voir jamais consentir à sacrifier de si brillantes espérs^nces à la passion lidicule d'ui jeune homme sans naissance et sans bic*ns i Et si ce consentement ne pouvait être espère sans extravagance, n'était-ce pas être bien ingrat, n'était-ce pas violer bien bassemepi les lois de l'hospitalité, que de nourrir la passion d'une héritière si puissante , à tous égards si peu faite pour lui , et qui pis est à rinsu de son père ?
Si Tom n'envisageait ces conséquences qu'avec une espèce d'horreur, à quel poiqt ne frémit-il pas en songeant au^ nouveaux reproches qu'il allait s'attirer de la part de M. Alworthy ! Ignorait-jil coJWbien l'apparence même de la trahison ou de la lâcheté était capable de blesspr l'Ame de ce çeigiicur, et de rendre pour jamais le coupable odieux il ses yeux ?
tIVRE V, CHAPITRE II. l65
L'aspect de tant d'obstacles , tous également invincibles, l'eût jeté dans le plus affreux désespoir, si le souvenir d'une autre femmie n'était pas venu tout à coup s'offrir à sa pensée.
Qu'avait fait la tendre Moly ? Par quel crime avait-elle mérité son sort ? Il avait juré de lui être fidèle; elle avait juré mille fois de ne pas survivre à l'infidélité de son amant; Tom la voyait dans les bras de la mort; il était l'auteur de sa perte!
Il se peignait tout ce qu'elle avait du souffrir depuis que son accident le retenait chez •M. Western; il ne pouvait se pardonner d'avoir payé de tant d'ingratitude une flamme aussi peu suspecte. La pitié exagère tout :
Moly, dans cet instant, lui reparut mille fois plus aimable, plus fidèle, plus tendre que jamais; et ce tourbillon d'idées échauffa tellement la tête du désolé Tom, qu'il ne dormit pas de la nuit. Le résultat de ses réflâKipns fut de retourner à Moly et d'oubli(J|totalement miss Western.
Aais ce qu'on aura peine à croire, c'est que peut-être il eût effectué ce cruel sacri-
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fice, si la discrète Honora, qui le savait seul dans sa chambre, n'était venue ^ans cet instant le voir.
Devinez, dit-elle en entrant, d'où je reviens dans la minute ?... Je vous le donne en mille.
Tom devina long-temps en vain : Honora voulait être pressée; la chose était très-importante. Tom fut pressant; et cette fille enfin, après s'être assurée de sa parole, voulut bien lui livrer son secret
Apprenez donc, lui dit-elle mystérieusement, que ma maîtresse m'a envoyée chez Moly Seagrim, pour savoir par moi-même si cette fille ne manquait de rien. La commission n'était pas trop de mon goût; mais que faire ? les domestiques sont faits pour obéir.... Ah ! mon cher Jones ! comment avezvous pu vous encanailler ainsi ?... Ma maîtresse a pourtant voulu que j'y allasse, que je lui portasse du linge et quelques autres nippes... Elle est en yérité trop bonne MJn pareil bagage serait bien mieux logé à Bridwel... Quoi (interrompit Jones) ! ma Sophie est assez généreuse... Oui, oui, votre So-