‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 18 sur 99 · DE HENRI-LE- JEUNE · texte numérisé non relu

DE HENRI-LE- JEUNE

On doit aux mêmes artistes, sous la direction de M. Barthélemy, l’érection des deux mausolées. Aussi a-t-il porté, à ma connaissance, dans un seul et même compte, tel que nous le mettons sous les yeux du lecteur, le chiffre de la dépense des deux monuments :

Fourniture de pierre de liais de Senlis . 2,404 fr. 32

Taille des montures, etc., pour les deux ensemble, sculptures d’ornements . 2,000 60

Gravures d’inscriptions sur pierre et sur plomb . 122 »

Statue neuve de Henri-le-Jeune, reproduction de l’ancienne statue. . 3,000 »

Restauration de la statue de Richard-Cœur-de-Lion. . 400 »

Deux grilles de fer pour protéger les deux monuments, ensemble. . 400 »

Deux grandes feuilles de plomb sous les mausolées pour les préserver

de l’humidité . 119 40

Dépenses diverses pour placements, raccords des socles, fournitures de dallages, pierres, etc . 1,092 54

Montant des travaux . , . . . 9,638 86

Honoraires des deux architectes, 3 1/2 0/0 . 337 36

Total . 9,976 fr. 22

Les deux princes, dont nous venons de mentionner et de décrire les sépultures, étaient morts dans la seconde moitié du xue siècle, Henri-le-Jeune en 1183, Richard-Cœur-de- Lion en 1199. Si l’on admet qu’on leur eût élevé des tombeaux immédiatement après leur mort et leur inhumation dans la Cathédrale , ces mausolées ne pouvaient être ceux qui furent renversés en 1734.

La Cathédrale de Rouen ayant été complètement détruite par le feu, en l’année 1200, ces premiers tombeaux ne purent certainement pas échapper au commun désastre. L’église, grâce aux soins et à la libéralité de Jean-sans-Terre et de Philippe-Auguste, sortit promptement de ses ruines ; six ans après le formidable incendie, elle était déjà debout '. Je présume que c’est dans cet intervalle que les tombeaux de Henri-le-Jeune et de Richard-Cœur-de-Lion auront été relevés, et probablement par les mains de l’arche-

1 La Chronique de Rouen raconte, à la date de 1211, qu’un nouvel incendie ayant ravagé la ville, l’église cathédrale fut épargnée comme par miracle; preuve qu’a cette époque elle était déjà rebâtie : « Eodem anno, feria tertia

in hebdomadà Paschæ, prima vigilia noctis, incepit ignis in parochiâ S'1 * * * 5 Machuti, et totam civitatem Rothoma-

gensem combussit et domos et ædifîcia archiepiscopi , cathedrali ecclesia miraculose conservata perDei gratiam. »

Recueil des Historiens de la Gaule et de la France, t. XVIII, p. 360. Une note du texte donne en outre la date du

5 avril, — F. B.

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