JAMQUE VALE, ET TUMULUM, ROGITO, REVERENTER ADORA
JAMQUE VALE, ET COEPTUM PERGE, VlATOR, ITER 1 .
En voici la traduction :
« Le Voyageur.
« Quel est ce tombeau? pourquoi ces autels en deuil? Et toi, France, d’où vient que tu as revêtu tes habits funèbres?
La France.
« Elle n’est plus mon espérance ! elle est tombée ma seule félicité 1 la colonne du cardinalat s’est écroulée !
Le Voyageur.
« Et qui est-ce, je te prie?
1 Ce dernier distique, donné par Farin en entier, et par Dont Pommeraye à moitié seulement, avait été supprimé par M. A. Deville. — F. B.
TOMBEAU
La Frange.
« Quoi! tu l’ignores? c’est d’Amboise, l’archevêque, la lumière, la palme, le triomphe, l’honneur de Rouen. Légat dans les Gaules, Georges dédaigna le diadème du monde, persuadé que c’est un crime d’acheter le sceptre pontifical. Par lui, le roi des lys a mis sous ses pieds l’aigle et la couleuvre ; il a fait tourner le dos au lion de Venise. Sous ses auspices, un roi pieux a doté celte ville d’un Sénat et lui a donné des droits et des lois nouvelles. Mais pourquoi continuer*? la foi, la paix, la gloire, la vertu, l’appui de la justice, le bien-aimé de la piété ne sont plus !
Le Voyageur.
« Suspends tes pleurs. Son âme est dans les cieux, son nom dans toutes les bouches, et tu possèdes sa cendre, vrai gage d’amour. Du haut du ciel, son âme seconde les vœux ardents du peuple. Heureuse France, veille sur ses restes sacrés!
La France.
« La joie sur le front, je donnerai de l’encens, des parfums odoriférants, notre Minerve entonnera scs louanges. Adieu donc, et ce tombeau, je t’en prie, adore-le avec respect; adieu donc, et poursuis ton chemin, voyageur 2. »
Voici la seconde inscription, toujours en vers latins, laquelle a dû être placée longtemps après celle que nous venons de rapporter, car elle s’applique également à Georges d’Amboise 11, qui ne fut enseveli dans le tombeau de son oncle que quarante ans après lui 3 :