‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 75 sur 99 · TOMBE DE ROBERT TOUSÉ TOMBEAU DE L'ARCHEVEQUE ROTROU · texte numérisé non relu

TOMBE DE ROBERT TOUSÉ TOMBEAU DE L'ARCHEVEQUE ROTROU

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

C’est en vain que Rotrou, pour protéger son nom et sa mémoire, indépendamment de dix-huit superbes manuscrits, parmi lesquels figuraient un Pline l’ancien et un Vitruve, Stace, Ovide, Juvénal, avait légué au chapitre sa chapelle, dont l’inventaire, « capella felicis memorle Rotrodi archiepiscopi, Chapelle de l’archevêque Rotrou d’heureuse mémoire, » donne une haute idée de sa richesse. Nous nous contenterons d’en citer quelques objets, d’après la copie que nous avons relevée.

« Des vases de crystal et d’ivoire, deux autres en argent doré avec figures, deux grands anneaux d’or ornés de pierres précieuses, un petit autel en agate, une table en argent doré, un calice et sa patène en or, une superbe mitre chargée de perles, une croix d’or avec diamants, avec une petite croix contenant du bois de la vraie croix. »

Nous ne parlerons pas des riches et somptueux vêtements faisant partie du mobilier de la chapelle.

Nous ne quitterons pas notre archevêque, sans mentionner, comme peinture du temps et pour mettre le lecteur à même de l’apprécier, au point de vue moral, la charte par laquelle il accordait aux religieux, aux frères du Mont-aux-Malades de Rouen, qui soignaient les pauvres lépreux, et à ceux qui y venaient en pèlerinage, la rémission du tiers de leurs péchés de l’année, et, s’ils venaient à mourir, dans l’année, une entière absolution et la libre admission au cimetière, en môme temps qu’il menaçait d’excommunication tous ceux qui voudraient troubler ces bienfaiteurs des malades dans leur pèlerinage 1 .

1183. Henri-le-Jeune, fils de Henri II, roi d’Angleterre.

Né en 1155. Associé au trône par son père en 1170, mort le 10 juin 1183, inhumé dans le sanctuaire. (Voir p. 43).

1199. Richard-Coeur-de-Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie.

Né à Oxford, en 1157, fils de Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine, mort le 6 avril 1199, inhumé dans le sanctuaire. (Voir p. 31).

1207. Gautier de Coutanges, archevêque de Rouen.

Il avait été élu, en 1183, à l’évêché de Lincoln, en Angleterre. Son passage de cet évêché à l’archevêché de Rouen ne s’effectua pas sans une lutte animée et de curieux incidents.

' M. l’abbé Langlois n’a pas parlé de ces faits dans son Histoire du Prieuré du Mont-aux-Malades-l'es-Rouen. — F. R.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1235. Maurice, 54e archevêque.

Décédé au mois de janvier 1235, après avoir occupé le siège de Rouen durant quatre années. (Voir p. 51).

1247. Eudes Clément, 56e archevêque.

Eudes Clément était abbé de Saint-Denis, depuis dix-huit années, lorsqu'il fut appelé, en 1245, par un bref du pape Innocent IV, en date du 30 mars, à l'archevêché de Rouen, où il fut intronisé, le quatrième dimanche après Pâques, le 14 mai.

Deux ans s’étaient à peine écoulés, qu’il mourut subitement, à Déville, auprès de Rouen, le 6 mai 1247. Il avait laissé, par testament, aux chanoines de la Cathédrale, pour son anniversaire, 7 livres, à prendre sur' le moulin de Déville, et, aux clercs, 30 sous.

Son corps fut porté, selon l’usage, à l’église de l’abbaye de Saint-Ouen. Un moine de cette abbaye, acteur et témoin dans cette cérémonie, en a laissé la description suivante :

« L’abbé et le couvent, avec la croix, l’eau bénite, l’encensoir et les cierges, allèrent au devant du corps, dans Paître, auprès de la croix. Alors le doyen des chanoines nous livra le corps en disant à notre abbé : « Je vous remets mort le seigneur archevêque pour que vous nous le rendiez le lendemain. » Introduit dans l’église, le corps fut mis là où se lit l’évangile à la grande messe; et le sacristain mit auprès autant de cierges qu’Eudes avait régi d’années l’archevêché de Rouen *. »

Après avoir minutieusement décrit, une à une, toutes les cérémonies, entrecoupées des allées et venues du réfectoire au dortoir, qui se succédèrent, le moine termine en disant : « La messe achevée, nous reportâmes le corps dans Paître2, et nous retournâmes tous, aussitôt, dans l’église. »

Là s’arrête la narration.

Nul doute que les chanoines ne soient venus reprendre le corps de leur archevêque, pour le porter à la Cathédrale et procéder solennellement à son inhumation. Silence absolu sur l’endroit où il y fut enseveli. On présume, toutefois, sans qu’on ait aucune

1 11 ne dul placer que deux cierges, Eudes Clément n’ayant occupé le siège que deux années : évidemment les moines de Saint-Ouen n’entendaient pas se ruiner en luminaire.

Cette remarque de M. Deville nous rappelle une autre coutume encore en usage au xvne siècle. Du Fossé dit avoir vu, dans le chœur de l’église Saint-Maurice, cathédrale d’Angers, autour de l’autel, « autant de grands cierges de cire jaune que l’éuesque a d’années d’épiscopat et un pardessus. » Mémoires, t. IV, p. 51. — F. B.

1 Le narrateur passe sous silence les paroles sacramentelles des abbés de Saint-Ouen en rendant le corps : « Vous nous l’avez donné mort; nous vous le rendons vivant (de la vie éternelle). »

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