LE BATTAGE
Et c’est toujours l’hiver. L’air est plein de frissons ; Aux gouttières de bois s’accrochent les glaçons, Comme des glaives nus ou comme une denteile.
Et tout semble frappé d’une torpeur mortelle.
Sous le voile brillant des neiges, des frimas,
Avec ses chants d’amour et ses prés de damas, Toujours la terre attend la chaleur printanière.
. Le coursier sous le fouet agite sa crinière
Et fait sonner au loin ses grelots éveillés.
Au milieu des vallons les arbres effeuiliés
Ressemblent aux vaisseaux qui dérivent sans voiles.
Pendant qu’à la maison l’on fabrique des toiles
La hache frappe dru. La ferme s’agrandit, Et le fléau pressé sur l’aire rebondit.
Si Jean Lozet dénoue u'e gerbe pesante, Il en bénit le ciel, il sourit, il plaisante.
Comme sur-un parquet ou déroule un tapis,