LE FOU
Pendant qu’on se livrait à ces joyeux transports, On entendit quelqu’un chanter gaiment dehors, Ruzard entra. Son air était lugubre et bête ; Ses cheveux emmêlés se dressaient sur sa tête Comme les rameaux secs des sapins rabougris.
On eut dit que du sang luisait dans ses yeux gris. Son vêtement, son front étaient souillés de boue ; Ses doigts étaient crochus, pliés comme une houe. Il riait par moment, mais d’# rire idiot.
Il chantait :
— Viens ! ô viens ! je suis le loriot Qui redit ses amours sur la verte prairie.
. Tu m’as donné ta main, viens, la couche est fleurie.
Re 7
Et, pendant qu’il chantait, d’un air sombre, anxieux, Tout autour de la chambre il promenait ses yeux. Il aperçut le chef :
—Gardez ce mort farouche!
T1 s’approche de moi : je crains qu’il ne me touche.
Comment donc est-il là ? Je l’ai tué.... j'ai fui....
Il me tient! Il m’entraîne!... Au secours !... Un appui... Et, secouant la peur, d’un ton de violence :
—dJ’ai bien su te punir, moi, de ton insolence, J’ai deviné, vieux chef, ta lâche trahison!.... Je perdais ma Louise et j'allais en prisone.se
Les morts ne parlent point. Sivrac dort dans sa cave. Chamberst qui l’a tué m’a dit: le sang se lave. De Chamberst l’assassin moi j'ai guidé les pas ;
Mais ce qu’il m’a donné je ne le dirai pas ...
Il eut peur de nouveau :
—La justice est prochaine !
Dans ses bras tout sanglants le sauvage m’enchaîne |... L’entendez-vous ? il parle ... il voudrait m'appeler.
—Pour ton malheur, Ruzard, le mort vient de parler,
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Repartit le vieux Jean surpris de ce délire.
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