Hist. cFAuœerre continuée par MM. Challe et Quantin
2. La Ville de Paris offrit une bannière aux citoyens Députés de l'Yonne, à la fête de la Pédéiation du 14 Juillet. (Molard. Rapport sur la publication des Procès-Verbaux du Conseil Général de l'Yonne).
de la Patrie qu'elles ornèrent de fleurs et de guirlandes. Le jour de la cérémonie, elles prirent place dans le cortège, toutes vêtues de blanc, ceintes d'écharpes tricolores.
Après une distribution de pain aux indigents et une messe solennelle dans l'Eglise de l'Hôpital, les habitants de la Ville, ceux des hameaux et des villages voisins accourus en foule, se réunirent au Pâtis. Les Gardes Nationales de chaque canton du District s'y trouvèrent en armes et en drapeaux. M. Carteron de Magny prononça un discours et le serment fédératif fut répété par chacun des assistants Des boîtes placées près de la rivière mêlaient leurs salves aux bruyantes acclamations du peuple ; l'enthousiasme fut immense et les habitants s'embrassèrent, oubliant leurs vieilles querelles. Les réverbères de la Ville avaient été transportés au Pâtis et le soir, les Tonnerrois se confondirent en groupes joyeux, en danses animées, sous les arbres séculaires de la promenade. 4
C'est ainsi que nos pères ne laissaient échapper aucune occasion d'affirmer leur profond attachement à la Révolution. Il est intéressant de noter cette ivresse du Peuple dans cette première phase du drame révolutionnaire, cet enthousiasme s'épanchant en manifestations qui ne manquaient ni d'originalité, ni d'éclat.
La Justice de paix ne fut organisée que le 3 octobre, On nomma M. Gueniot, avocat et médecin à Avallon,
i. Registre H. — Séances des 26 Juin, 12, 13 et 14 Juillet 1790.
juge de paix, et Cherest-Verne, greffier. MM. Claude Bernard ; Charles Thomas ; Bruley, écuyer ; Régnier, gendre Javey, furent désignés comme assesseurs. M. Gueniot n'accepta pas ; il fut remplacé par M. Perrenot, avocat au Petit Bailly de Riceys.
Le Tribunal fut constitué au mois de Novembre. Les électeurs choisirent MM. Millot, de Noyers ; Decourtive, fils d'un médecin de Tonnerre; Leloup, cultivateur à Châtel-Gérard ; Simonet, de Noyers et Lauxerrois, de Pacy ; M. Millot fut nommé Président.
L'installation des juges fut fixée au 27 Novembre, et fut l'occasion de nouvelles réjouissances. Le Conseil déclara que ce devait être « un jour à jamais mémorable pour la Ville » et qu'il convenait qu'il fut célébré d'une façon particulière; il arrêta qu'on offrirait aux membres du Tribunal un banquet où figureraient tous les produits du pays, et des citoyens de bonne volonté furent priés d'organiser des chasses dans les bois de la Ville et des pêches dans la rivière de l'Armançon, pour fournir la table de gibier et de poisson. Le matin, une messe fut chantée dans l'église de Notre-Dame, en présence de tous les corps constitués : le maire y prononça un discours à la suite duquel les juges prêtèrent le serment. Le soir, il y eut des illuminations et des salves d'artillerie ; les cloches sonnèrent une partie de la journée. *