RUELLE DES TROIS-CHANDELIERS
Cette petite voie est encore une de ces c descentes à la rivière*, comme il en existait plusieurs entre les rues de la Bûcherie, de la Huchette et la Seine, ce qui amenait une confusion dont la trace se retrouve dans les anciens titres; on les prenait et on les désignait les unes pour les autres, parce quelles étaient parallèles et avaient les mêmes tenants et aboutissants.
La plupart ont disparu par suite de reconstruction ou d’absorption des immeubles qu’elles longeaient; celles qui sont restées desservaient sans doute des immeubles plus importants, ou avaient été ouvertes dans l’axe d’autres voies, dont elles formaient la continuation.
C esl le cas de la rue des Trois-Cbandeliers, qui fait aujourd’hui suite à la rue Zacharie, à laquelle on l’a incorporée. Avant de porter la dénomination des Trois-Chandeliers, qu’elle dut à une enseigne et qu’on lui a donnée à partir du xiv siècle, elle parait avoir été appelée rue Hébert aux broches, Bertaut aux broches, Thibault aux broches, du nom de trois rôtisseurs fameux (1293-1/121), et simplement rue (les Broches (1/1/17), ou des Broches ( 1 h f> 5 ) . Comme on trouve également rue des Tables et des Bouticles, il faut, selon toute apparence, ne voir dans ces dénominations, communes à toutes les ruelles descendant à la Seine, que des indications relatives à 1 industrie de la pèche et au commerce du poisson. Là est la cause des confusions commises par Sauvai, Jaillol et autres auteurs, qui ont cru voir la rue Bertlie dans celle des Trois-Cauetles ou celle des Trois- Chandeliers, et réciproquement.
Ou trouve encore cette dernière appelée, par erreur, ou par corruption de mots, Grillon, Dorrelion, Doreillon, Frépillon (1 253) , et aussi Chandelière, à cause d’une chandellerie. L’enseigne d’une fabrique de cette catégorie a dû, plus tard, s étendre a la rue entière. C’est en 1 3GG qu’011 la voit appliquée à l’Hôtel de l'nouAits, dont nous parlons plus loin.
Peut-être faut-il ajouter aux divers vocables de la rue des Trois Chandeliers celui de ficus Boberti Normanni, dont il a été question à propos de la ruelle des 1 1 ois-Canettes , et qu un titre de j 2 3 ô localise juxla Saquelie.
La ruelle des Trois-Chandeliers offrait des dangers de diverse nature, que les pouvoirs publics ont voulu prévenir. En 1611, le Prévôt des Marchands et les Echevins en autorisèrent la fermeture comme d’une trvoie sujète aux accidens*,, Lu i654, une ordonnance des Trésoriers de France prescrivit de nouveau la clôture de cette ruelle «pour obvier aux accidens qui arrivent journellement par la mort de plusieurs personnes qui s’y introduisent de nuit*.
La construction du quai Saint-Michel, livré à la circulation en 1816, a coupé
à la rue des Trois-Chandeliers son extrémité septentrionale qui aboutissait au fleuve. Ainsi réduite, elle n'a plus été qu’une rallonge de la rue Zacharie.
CÔTÉ OCCIDENTAL
(du Nord au Sud).
Hostel de Tiiouars , contigu à la maison qui faisait le coin de la rue de la Hucliette, ayant englobé cette maison d’angle, et s’étendant jusqu’au petit bras de la Seine, où son jardin avait vue. Les vicomtes de Tiiouars, ne voulant pas le reconstruire, quoiqu’il fût cren masure* dans la seconde moitié du xiv° siècle, l’abandonnèrent, ainsi que le jardin en friche, à la fabrique de tt Saint-Germainle-Vieil, ù cause de plusieurs années de rente foncière dues à ceste église*. La fabrique parait lavoir laissé tel quel, puisque, a la lin du \vic siecle, il est encore n en l’estât de masure et jardin*.
Ces détails sont tirés de Sauvai, qui, après avoir constaté la confiscation de l’hôtel pendant l’occupation anglaise, en résume ainsi l’historique :
nLes ancêtres des ducs et pairs de Tiiouars et de la Trémoille, dit-il, si fameux dans l’histoire, du temps qu’ils n’étoient que vicomtes, avoient hostel en la rue do la Huchette et à celle des Trois Chandeliers, qui y aboutit. Et, parce que, en 1879, il tomboit en ruine, que son jardin, qui regardoit sur la rivière, étoit en friche, ils aimèrent mieux l’abandonner à la fabrique de Saint-Germamle-Vieux, pour plusieurs années de rente foncière qu ils lui dévoient à cause de ce logis, que de le réparer ou de le rebâtir1'1.*
C’est, du reste, pour le même motif que nombre de maisons étaient jadis abandonnées, d'où la fréquence des tt masures*, dont le chiflre se serait élevé à vingt-quatre mille sous la domination anglo-bourguignonne. Exagération évidente.
Maison des Cinges et des Civettes, mentionnée, dans les Comptes de la Pitancerie de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, comme taxée d’une redevance de cinq sous. Elle est désignée : b Maison qui fu Pierre de Brisolles. joignant celle des Chandeliers. *
CÔTÉ ORIENTAL
Maison de la fleur de lvs, occupant tout ce côté de la rue des Trois-Chandeliers.
(l) Sauvai . t. II . p. 1 28.