‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 26 sur 302 · LA RUELLE DES PETITS-DEGRÉS · texte numérisé non relu

LA RUELLE DES PETITS-DEGRÉS

Cette voie, qui est parallèle au petit bras de la Seine, a pour point de départ, à l’est, les Grands-Degrés, la rue du Pavé de la place Maubert, et poui aboulissant, à l’ouest, la descente, ou rue du Petit-Pont. Les anciens titres lui donneni deux noms qui impliquent des origines différentes : bûchene indiquerait le voisi-

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, nage d un port aux bûches, sur le bord du fleuve naturellement; boucherie viendrait d un groupe d étaux, ou marché à la viande, à moins que ce ne soit une altération orthographique du premier mot. Aussi lit-on vicus de Bocheria dans le censier de Sainte-Genevicve de 1 année 12Û3, et vicus de Boucheria dans celui de 1 2 5o.

Ce qui porte à penser que cette dernière lecture est vicieuse et provient d’une erreur de copiste, cest que 1 orthographe véritable se retrouve dans les mêmes pièces : ainsi, dans le censier de 12Û3, où se trouve vicus de Bocheria, 011 lit également viens de Buscheria, et, dans celui de 12Ù8, de Buscharia. Le litre le plus ancien que nous ayons rencontré, une charte de 121g, fait mention d’une maison située relro Buscheriam ParviPonlis; désignation qui devient la plus fréquente, soit en latin, soit en français, dans les pièces des xiv° et xve siècles. La voie qui nous occupe y est communément appelée rue de la Buscherie de Petit Pont, dénomination qui se retrouve au xvic siècle, mais abrégée : on écrit alors, dans le censier de i5og notamment, rue de la Buscherie seulement.

Deux autres appellations se rencontrent dans des titres des xue et xm' siècles et donnent lieu à des étymologies conjecturales : dans le censier de 1 2Ù3, on lit in furcosa, et, dans celui de 1176, in furtosa, videlicet in buscheria. Furca signifie a la fois fourche, ou huche allongée, et fourche patibulaire; la première acception se rattache tout naturellement au mot bûcherie; quant à la seconde, elle indiquerait un lieu d’exécution choisi précisément dans une rue voleuse, furtosa, non quelle fût habitée par des voleurs , mais parce qu’il s’y commettait beaucoup de vols.

Mais il ny a là, nous le croyons, que des conjectures, les altérations orthographiques que nous avons relevées plus haut ayant parfaitement pu se produire dans des pièces de la même époque.

Comme la rue de la Bûcherie longeait au nord le clos Mauvoisin, elle en a quelquefois pris le nom, ce que constate un titre de 1807. A cette date, le clos était couvert de maisons; mais le mouvement de construction n’avait commencé qu’au siècle précédent, et c’est probablement à l’extrémité occidentale de la rue, dans le voisinage du Petit-Pont, autour du prieuré de Saint-J ulien-le-Pauvre, que les premières habitations se sont groupées. A l’autre bout, la dépression du terrain ayant rendu nécessaire l’établissement d’une levée avec n degrés i>, il y a tout lieu de croire qu’on y a bâti un peu plus lard.

La rue de la Bûcherie avait conservé, en grande partie, son ancien aspect jusque dans ces dernières années, bien que le quai Montebello l'ait laissée en contre-bas.

Le prolongement de la moderne rue Monge, les démolitions et les nivellements, conséquence de cette opération édilitaire, ont notablement modifié la partie orientale de cette antique voie.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient en Occident).

PAROISSE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

Maison de la Serpent de pierre (i38o), laisant le coin oriental de la rue du Pavé de la place Maubert.

Maison de la Teste noire (i WG), ayant issue sur la rue des Trois-Portes.

Maison du Plat d’estain (i5ââ), ayant, au commencement du xvic siècle , lait partie de l’une de celles qui lui étaient contiguës.

Maison de l’Ymaige sainct Marc (îââo), aboutissant rue des Trois-Portes. Sur son emplacement, ou dans son voisinage immédiat, il en existait, en i38o, une autre qu’on appelait la Maison do Panier.

Chantier (i5og) et plus tard Jeu de Pau lue (i5Gi).

Chantier (i38o), faisant le coin oriental de la rue des liais.

Ces deux chantiers occupaient peut-être, sur le bord de la Seine, 1 emplacement de l'ancienne Bûciierie.

Maison du Soufflet (1067), formant l’angle occidental de la rue des Hats et ayant probablement eu pour enseigne la Corne de cerf, en i5o6. Elle fut acquise, en 1 568 , par la Faculté de médecine, pour agrandir les bâtiments de son école.

Maison des Troys Boys de Coulongne (i5og), acquise, cinq ans plus tard, par la Faculté de médecine.

Maison de la Couronne (i352). Au milieu du xv' siècle, ce n’était plus qu une « masure n et même un terrain nu, puisqu’on lit. dans un titre de i445, tt place, autres fois maison de la Couronne de ferti. Eu iâ58, on lui donne pour aboutissant cr l’Ostel de Celsoï ». Une note, sans indication de source, porte quelle lut vendue, au xiv° siècle, à Thevenin Bernier, à la charge de rxl sols de rente pour les religieux de l’Ostel-Dieur.

Maison sans désignation , achetée en 1 iGg . ainsi que 1 emplacement de la pré-

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, cédente, des Chartreux qui la possédaient, par tries maistres de ia Faculté de médecine, pour y estabiir leurs cscolesn. Dix-sept ans auparavant, elle est ainsi désignée : te Maison tenant à la place de la Couronne, devant la Fleur de Lys , tenant, d'autre part, à l’Ymaige saincte Katterine, acquise par Guillaume Cartelier, docteur en décrets n. C’est la tt grande maison des escholesr, dit une note.

Maison contenant ttdeux corps d’ostel, avec cour au milieu, et ayant pour enseigne l’Ymaige saincte Catterine, tenant, d’une part, aux Escoles de médecine, d’autre,- faisant le coing de la rue au Feurre, d’un bout, par derrière et d’autre bout, par devant, à la cour de la Buscherie». Cette maison est dite appartenir alors au collège de Tréguier. En 1608, dit Du Breul (p. 563), la Faculté de médecine acquit lYmaige saincte Catherine ccavec une grande masure, pour y baslir un magnifique théâtre anatbomiquen.

Maison sans désignation , taisant le coin oriental de larue du Fouarre, et ayant, en 1 5 5 g , formé une dépendance de la précédente.

Maison du Cigne couronné (<5og), puis de l’Ymaige sainct Père (i546), faisant le coin occidental de la rue du Fouarre.

Maison du Lyon d’argent (1Z180).

Maison du Lyon (i3o8), puis du Lyon ferré (i38o) et enferré (i5og), avant une issue sur la rue du Fouarre. Elle paraît avoir porté, en 1372, concurremment avec ce nom , celui de Maison de la Longue Allée ; mais la première appellation semble avoir été beaucoup plus employée. Deux pièces imprimées par Sauvai et Fébbien 11e la désignent, en effet, que par l’enseigne du b Lyon ferré t.

Dans le testament de Robert de Jusiers, deJussiaco, chanoine de l’éMise Saint- Germain d’Auxerre, on lit : te Volo et ordino quod executores met vendant dtmum mearn diclam ad Leonem ferratum, inBuscheria Parvi Pontis , et, de pecunia vendilionis, emanlur reddilus, de quibus possinl sustentari unus vel duo pauperes scholares perpelui, oriundi dicte ville de Jussiaco^.n

Le Lyon ferré est ainsi décrit sommairement dans une pièce de i32o : tt Item quod in dicta domo eral un pignon, a parte anieriori, supra dictum vicurn (la rue de la Bûcherie) et quedam figura bonis depetra, elevata et interclusa trelis de ferro, etc. r

Ainsi la maison dont il s’agit avait tr pignon sur rue», et, sur le mur de devant,

(l) Histoire de la Ville de Paris, f. 111,

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, se voyait un lion de pierre, enlacé dans un treillis de fer : doù 1 expression Lvox

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