‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 262 sur 302 · LXXXII · texte numérisé non relu

LXXXII

SON INCORPOR VTION AU COLLÈGE DE REIMS (1443), D'APRES L’INVENTAIRE DES TITRES DE CE DERNIER.

(Archives nationales, MM 434.)

(Texte, p. 377-378.)

"Il exisloil anciennement à Paris un college appelé le collège de Retliel, lequel avoit été londe, en 1 Université de cette ville, par M° Gaultier de Launoy (dont 011 ignore la qualité) pour recueillir les pauvres écoliers et maîtres du pays de Retlielois et du pays d'environ, qui seraient du dioce/.e de Reims, lesquels maîtres et écoliers étoient ordonnés par l’abbé de S1 Denis de Reims et le grand prieur de S1 Remy de la même ville.

La demoiselle Jeanne de Bresles avoit fondé quatre bourses dans ce collège pour quatre écoliers de la Comté de Porlien et du pays d’environ au dioceze de Rlieims, dont elle s’éloit réservée et à ses successeurs la collation. Pour laquelle fondation elle avoit donné certains héritages situés à Velly, desquels est provenue une rente de 3^ i55 dont le collège jouit encore et dont sera parlé cy après.

Les troubles qui s’élevèrent dans Paris au commencement du quinzième siècle, entraînèrent la ruine du college Retliel. Les écoliers qui l’habitoient se dispersèrent et la maison fut pillée.

Le collège de Reims éprouva à peu près le même sort.

En l’année i 443, l’évêque de Castres confesseur du Roy Charles VII, et plusieurs autres notables personnages du dioceze de Rheims, exposèrent à ce prince la situation fâcheuse dans laquelle se trouvoient ces deux collèges; qu'il n’y avoit plus aucuns maîtres ni écoliers et que notamment la maison du collège de Rethel étoit entièrement en ruine, ce qui causoit un grand préjudice aux écoliers du dioceze de Rheims pour lesquels ces collèges avoient été fondés, et ils proposèrent au Roy de réunir ces deux collèges, comme le seul moyen de les faire revivre.

L'abbé de Saint Denis de Rheims et le prieur de Saint Remy de la même ville, qui paroissoient avoir été institués les supérieurs majeurs du college de Rethel, avoient entièrement abandonné ce collège et il ne se trouvoit plus aucuns parens de la demoiselle de Bresles qui y avoit fondé quatre bourses. En conséquence, te Roy t.harles \ll, par des lettres patentes de l'année i443 , déclara que le droit de nomination a ces bourses et de supériorité sur le college lui étoit dévolu, et il unit et incorpora à perpétuité le collège de Rethel à celui de Reims, et il attribua à l’archevêque de Rheims et à ses successeurs la collation des bourses de ce collège et l'institution des officiers.

On voit par ses lettres patentes que tous les biens du collège de Rethel consistaient en la maison du collège située ruë des Poirécs, laquelle étoit alors entièrement en ruine, et en 6H 18' parisis ou environ de rente, dont on ne donne point l'alTeclation; plus dans les héritages situés à Vclly, qui avoient été donnés par la demoiselle de Bresles.

Le collège de Rheims a joui de la maison située rue des Poirées jusque vers le milieu du siècle dernier, qu’elle a été comprise dans la construction de l’église et maison de Sorbonne. Le premier décembre 1 64 2, le cardinal de Richelieu fit l’acquisition du jardin de cette maison, moyennant la somme de G,ooo**, laquelle est employée dans le compte de cette année à payer, en partie, les ouvriers qui venoient de reconstruire quatre maisons du collège donnant sur la ruë Charretière. Et le 12 aoust 1667, le collège vendit à messieurs de Sorbonne cette maison moyennant 21,000** qui furent employées au remboursement de trois parties de rentes qui avoient été constituées par le collège et à payer un ouvrier. Ainsi la rnaisoh du collège de Rethel a produit 27,000** qui ont été employées utilement par celui de Rheims.

Comme les comptes du collège de Rheins ne remontent pas au delà de l'année 1O08, on 11’a pas pu découvrir sur quoi étaient affectés les 16** 18* parisis de rentes qui appartenoient au collège de Rethel, ni ce que sont devenues ces rentes. Ce qu’il y a de certain, c’est que le collège de Rheims n’en jouissoit plus à cette époque.

A l’égard des héritages situés à Velly ou Vaillv, il y a lieu de croire qu’ils furent donnés à rente, mais on n’a pas pu découvrir en quel temps, et il ne reste plus de ces biens qu une rente de 3**i5‘.

On n'a trouvé aussi aucun renseignement qui annonce qu’il y ait jamais eu, dans le collège de Rheims, des boursiers du pays de Rethelois ou de la comté de Porcien; ce n’a été qu’en 1 720 que M. le cardinal de Maillv, archevêque, voulant faire revivre ces anciennes fondations, ordonna par ses statuts qu'il y auroit dans le college au moins sept boursiers, dont un serait de la ville ou duché de Rethel et un de la ville ou comté de Porcien; mais il ne paraît point que cette disposition ait eu son entière exécution. Le compte de l’année 1721 annonce bien qu’il y a (ce nombre tV écoliers) dans le collège, mais dans celui de 1 année suivante il nest plus fait mention que de quatre, qui se trouvent réduits à trois dans les comptes subséquens; jusqu à ce que toutes les bourses furent suspendues à cause de la reconstruction dun batiment sur la ruë de Rheims. Aucunes des provisions de bourses ne portent l’affectation du pays de Rethel ou de Porcien , mais sont toutes pour des sujets du dioceze de Rheims indistinctement, s

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

LETTRES PATENTES DECLARANT L’INCORPORATION DU COLLEGE DE RETIIEL À CELUI DE REIMS.

(Archives nationales, S G56o.)

(Texte, p. 377-878.)

cf Charles par la grâce de Dieu Roy de France : Scavoir faisons à tous présens et advenir, eslre venu à noslre cognoissance par la relation de nostre aîné et féal conseiller et confesseur Tevesque de Castres et de plusieurs autres personnages du diocèse de Rheims, que en nostre ville de Paris a plusieurs beaux et notables colleges, qui de longtemps et anciennement ont été fondez, les aucuns par nos prédécesseurs Roys de France et les autres par congé et licence de nosdits prédécesseurs, par plusieurs notables personnes de divers estais. Aflin qu’en iceulx collèges fussent recueillis receus et logez pauvres escoliers venans a Paris de diverses parties de notre Royaulme pour estudicr et acquérir science et degré et proffiter ez facultez de nostre fille l’Université de nostre ditte ville de Paris chacun selon sa nation, pays, province et diocèse esdits colleges à ce fondez et ordonnez; et est l’une des choses qui plus a entretenu et entretient la dite Université en vigueur. Et entre les aultres colleges fut jadis par M. Gaultier de Launoy fondé en nostre dite ville un college nommé le college de Rethel pour recueillir les pauvres escoliers et maistres du pays de Rethelois, et du pays d’environ, qui seroient du diocese de Rheins à l’ordonnance de l’abbé de Saint Denis de Rheins et du grand prieur de S. Denis dudit Rlicins, et pour la fondation d’iceluy et habitation desdits escolliers desdits pays et diocese, leur bailla l’hostel dudit college et six livres dix huicts sols parisis de rente ou environ. Et que semblablement feue Jehannede Bresles damoiselle fonda quatre bourses pour quatre escolliers de la comté de Portion et du pays d’environ au diocese de Rheins, réservé à elle et à ses successeurs la collation desdiles bourses, pour la fondation desquelles elle donna certains héritages à elle appartenons assis à Velly. El pour ce que 11’a pas longtemps, n’y avoit aucun college pour les escolliers de la province ou diocese de Rheins qui porta le nom de Rheins qui est la principalle province de nostre Royaulme, feu Guy de Roye, en son vivant archevesque de Rheins, délibéra et par son testament ordonna estre faict et fondé en nostre dite ville de Paris un college qui seroit nommé le collège de Rheins : auquel seroient recueillis et receus les escolliers dudit diocese et province, par la forme et maniéré plus à plein contenuz es ordonnances sur ce faictes, pour l’habitation et fondation duquel ledit archevesque laissa certaine grande somme de deniers à ses exécuteurs, lesquels ensuivant l’ordonnance dudit archevesque ont depuis achepté un dit grand noble et spacieux hoslel amorty, et lequel ne doit que sept deniers de fonds de terre, et aussi achetèrent plusieurs rentes et revenuz et firent audit hostel plusieurs réparations et édifices pour iccluy approprier à l’usance et l’habitation des escolliers qui y demeureront, et y mirent et instituèrent maistre particulier, procureur et chappelain, et le garnirent d’ornemens de chappelle et de plusieurs ustensiles et mesnages. Mais pour les divisions qui survindrent l’an mil quatre cens dix huict et pour les guerres qui depuis sont ensuivies, lesdits ornemens, ustensiles, mesnages et estoremens d’hostel ont été pillez, desrobez et perduz : ledit hostel venu en dccadence, grand ruine et désolation, et pareillement ledit collège de Rethel et les rentes et revenuz d’iceluy ont été et sont comme du tout laissées et abandonnées, et en aventure d’estre perdues. Et pour ce ledit college de Rethel et aussi lesdittes quatre bourses, héritage et revenuz d’iceluy ordonnez pour la fondation d’icelles sont tournez en ruine, et de présent ne de longtemps il n’a demeuré personne audit hostel de Rhetel, et n’y est oneques aucun logis pour les escolliers desdites quatre bourses, parquov fauldroit qu’ils

fussent vagabons, et encores de présent n’y a aulcun heritier apparent de ladite fondatrice , parquoy la collation et restitution des bourses avoit este' et estoit dévolue à nous et encores n’y a esté pourveu, et à l’occasion des choses susdites n’y a eu, ne a aucun qui se soit donne' ne preigno cure ne garde ne entremis desdites rentes et revenus appartenons à iceulx colleges et quatre bourses, et vont de jour en jour les édifices en ruine et s’y perdent iceulx droicts , rentes et revenus appartenons auxdits quatre bourses et colleges. Et pareeque sont lesdits collèges de Rheins et Rcthel et lesdites quatre bourses eu voye d’estre du tout anéanties et déperies, et ledit argent qui a este' employé esdits hostels, édifices, réparations et rentes et aultre chose perdu, et ledit testateur et aultres fondateurs frustrez de leurs ordonnances et intentions, si par nous n’y est sur ce pourveu, si comme dit et remonstré nous a esté. Pour toutes ces choses considérées, etc. etc. Ordonne et ordonnons que lesdits collège de Rethel et bources de Portien et les droicts, rentes et revenuz d’iceux soient unis, incorporez, annexez et appliquez, et lesquels par ces présentes nous unissons, incorporons, annexons et appliquons audit collège de Rheins, pour eslre dorénavant perpétuellement dits et nommez et appelez le collège de Rheins. . . s

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