‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 77 sur 302 · M-BLA.1SE · texte numérisé non relu

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la teneur : n II y a apparence que la Chapelle de Saint-Biaise estoit autrefois un oratoire dépendant du Prieuré de Saint-Julien , et consacré à la Vierge. Cette conjecture est fondée sur ce que, dans presque tous les monastères de la règle de Saint Benoist, où la conventualité a été establie, on trouve de ces chapelles, ou oratoires particuliers, basties à peu de distance de l’église principale. Il y en a des exemples à Saint-Martin-des-Champs, à Saint-Germain-des-Prés. Une statue de la Vierge, qui était autrefois placée dans le fond de cet oratoire, confirme même cette conjecture. Il paroit évident, par les communications, que la Chapelle de Saint-Biaise a fait partie du prieuré, le passage ayant fait partie de la chapelle, n

L’époque de la construction de cette chapelle est un peu indécise; mais il en est fait mention dès la fin du xm' siècle. En 1/176, les maçons et les charpentiers de Paris y établirent leur confrérie et firent en même temps élever un portail sur la rue Galande; ce qui semble indiquer que l’oratoire était inachevé ou qu’il avait été conçu primitivement dans de modestes proportions. La même confrérie le fit rebâtir en iG8/i, c’est-à-dire deux siècles et demi après la construction du portail; ce qui porte à croire que ce petit édifice était alors ou fort ancien, ou fort exigu.

L’inscription qu’on mit alors sur le nouvel oratoire et que rapporte un historien de Paris était ainsi conçue :

Chapelle de Saint Blaise, de Saint Louis, de Saint Roch.

Au milieu du siècle dernier, ce n’était plus, dit le même auteur, et qu’un grand terrain occupé par un menuisiers. La confrérie qui y avait son siège, et qui y faisait et chanter une grand’messe tous les dimanches et les bonnes fêtes de l’année n, lui avait retiré son appui, puisque le portail de 1/176 et la nef de 168/1, élevés par ses soins, avaient fait place à un atelier de menuiserie.

La reconstruction de 168/1 n’avait pas été totale, car on n’eût pas manqué de rebâtir la chapelle dans le style de cette époque. Or il résulte d’un et procès-verbal a dépourvu de date, mais présentant tous les caractères de l’authenticité, que la nef, tout au moins, avait été respectée par les reconstructeurs, tt La construction de la Chapelle Saint Biaise, est-il dit dans le procès-verbal, est totalement differente de celle de Saint-Julien-ie-Pauvre, tant pour la qualité des matériaux, que pourla distribution, architecture et décoration; en ce que la Chapelle Saint-Biaise, qui consiste en trois travées, est voûtée en ogives avec clef, an milieu des lacunes — armoiries différentes. Celles du sanctuaire portent les armes de France, trois fleurs de lys. — Armes du Dauphin sur la troisième. — En la seconde, moitié de (leurs de lys. — Deux vitraux sur la cour, le premier représentant de grandes figures, Saint Biaise, Saint Louis, Saint Joseph n.

Ces détails semblent indiquer que la te reconstruction » de 168A avait été plutôt un ensemble de travaux décoratifs qu une réédification réelle. La chapelle Saint- Biaise a été érasée en 1808.

Maison du Cheval bouge (i3gi), appartenant à la confrérie de Saint-Biaise et composée de deux corps de logis, qui eurent leur existence distincte au xvie siècle. A la fin du xivc (1 3 9 5 ) , elle aboutissait à une cave ainsi décrite : « Cave séant derrière les Deux Signes, laquelle cave est assise dessoulz une court, laquelle tient, d’une part, à la Chapelle Sainct Bloize, d’aultre part, aux maisons du Prieuré, d’aultre part, au mur estant entre ladicte cave et court, d’une part, et ledict Hostel des Deux Signes d’aultre part; et, d'auitre part à I’Hostel du Cheval rouge. appartenant auxdicts confrères.»

Maison des Deux Signes (i36o), appartenant, ainsi que la suivante, à la Nation de Normandie.

PAROISSE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

Maison des Lyons (i54A), ayant dû primitivement faire partie de la précédente, ou de la suivante. En îiag, on la trouve ainsi désignée : a Grand hostel contenant trois corps d’hostel, jardin et dépendances, rue Galande, tenant, d’une part, du costé et par devers Sainct-Julien, sçavoir, sur le devant, à I’Hostel des Deux Cignes, et, sur le derrière, dudict costé, à un jardin de Sainct-Julien, tenant, devers la rue du Feurre, sur le devant, à I’Hostel de la Heuse, et, sur le derrière, du costé de la rue du Feurre, aux Esc.oles de la Nacion de France, par derrière au Lyon Ferre; acquise par la Nacion de Normandie11).» A la fin du xvic siècle cle Lyon, ou les Lyons, tenant aux Deux Signes, est dit appartenir à la Nacion de Navarre».

Maison de la Heuse (1373), et, sept ans plus tard. Maison où au-dessus est l’ansaingne de Sainct Jullian ( 1 3 8 0). En ihhi, ori trouve, dans un titre, cette mention : et Maison ouquel est à présent élevée en pierre de taille l’ymaige de Sainct-Jullian, sur huisserie dudict hostel.» La précieuse teymaige» 11’a pas été déplacée; nous en donnons ci-contre la reproduction dans son état actuel.

Cet important immeuble avait été aliéné, en iii3, moyennant <t quatre vingts escus d’or à la couronne, de vingt deux solz, six deniers tournois chascun». En 1 535 , la Heuse, ou Sainct-Jullian, se composait de trois corps d’hostel, l’un sur

Archives nationales, fonds de F Université . i4' carton, .Nation de France, trc liasse, n° 2.

ËSCOLLES DE LA NACION DE FRANCE (i5og), acquises en i4o4, moyennant cinq cents livres tournois, puis Maison du Chate.au de Vincestre, faisant le coin occidental de la rue du Fouarre. En i343, ces écoles appartenaient «aux hoirs de feu Messire Yves de Blacheville», et avaient été avant lui à Jehan au Buef.

ESCOLLES de LA NACION DE PICARDIE (i 48 3), ayant été, en 1428, la Maison de la roë de Fortune, formant l’angle oriental de la rue du Fouarre. Entre ces deux époques ( 1 435), on y avait appendu une autre enseigne, bien connue dans le quartier; c’était

La Cobne de Cebf (i 435 ).

Maison du Heaulme (i 43 1), réunie, vers le commencement du xvis siècle, à la maison précédente.

Maison de l’Escu Sainct-Georges (i38o), puis des Tbois Boettes, en i5og.

Trois maisons, sans désignation, sans doute à cause de leur peu d’importance, ou parce quelles dépendaient de la maison suivante, laquelle est qualifiée, en 1 402 , de

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Grande masure travée une porte faisant front à la rue des Trois Portes n, composée des maisons précédentes, de celle qui formait le coin occidental de la rue des Rats, et de deux anciens corps d'hôtel de la Maison de la longue Allée, sise dans cette rue. Après un laps de temps indéterminé, une reconstruction succéda à cet état de délabrement; mais on ne rebâtit que trois maisons en façade sur la rue Galande. Vers la fin du xvic siècle, ces trois maisons, qui avaient été temporairement réunies en une, en formaient encore deux, ainsi qu’il résulte de la mention suivante : «Deux maisons contiguës, jadis en une, faisant le coin des Ratz.n

Cet angle est peut-être celui que désigne l’article suivant, extrait du Conque ries confiscations de la I ille de Paris, entre les années 1/127 et iA3A : «Maison eu la rue de Galande, faisant le coin de la rue aux RatzWr; mais il se pourrait également que ce fût l’autre coin.

Ici quatre maisons omises, sur lesquelles nous avons recueilli les notes suivantes :

«Maison du Plat d’estain (1.367), de la Teste pelée (i.38o), puis de l’Imaige s ainct Kristophe (1 6 8 q ) , faisant le coin oriental de la rue des Rats. Il y avait une plâtrière en 1/1 2 A.

■ «Maison de l’Imaige sainct Estienne (1A89).

«Maison de ia Roze ( 1 3 8 0 ) , de la Roze blanche (îAAg), avec pignon sur rue.

«Maison de la Fleur de Las (îAAg), faisant le coin oriental de la rue Jacinthe n.

Nous 11e terminerons point l’histoire topographique de la rue Galande sans dire le peu que l’on sait du Cimetière qu’y possédaient les Juits.

CIMETIÈRE DUS Juifs. — L’existence de cette nécropole, très voisine de celle de la rue Saint-Gôme, ou de la Harpe, et en dépendant peut-être, est attestée, de siècle en siècle, par de nombreuses découvertes funéraires. Bien que la Jmlœaria, on Juiverie, eût cette dernière rue pour centre principal, il est hors de doute quelle se ramifiait, en s’étendant vers le bourg Saint-Julien et les deux clos Mauvoisin et Garlande. Cette extension n’a point échappé à Sauvai, qui croit à deux cimetières distincts : «Les Juifs, dit-il, avaient à Paris, deux cimetières, l’un à la rue Galande, qui devait, en 1 3 5 8 , quatre livres parisis de cens et rente à deux chanoines de Notre-Dame, quon appelle les Chanoines de Saint-Aignan - . - L'autre était celui de la rue de la Harpe, sur lequel Sauvai s’étend longuement, et que nous avons décrit dans le volume du présent ouvrage ayant pour sous titre : Région occidentale de l’ Université.

1 Antiquités de Paris, l. III, p. Sop. — ,3) Ibid., t. II, p. 53i.

Félibien a constaté également que la nécropole juive de la rue Galande avait des redevances à payer; mais il est très sobre de détails sur les découvertes qu’on a dù y faire après sa désaffectation, et lorsqu’on a pratiqué des fouilles pour bâtir. A propos des deux clos, il ajoute sommairement : crLes Juifs y avoient un cimetière placé entre la rue Galande et la rue du Piastre, dans la terre de Henri et de Nicolas de Sens, celui-ci, chanoine de Nostre Dame, et l’autre, sous-chantre, et chargé de quatre livres parisis de cens P), v

De tous les anciens historiens de Paris, Le Beuf est le plus explicite, et , pour restituer la nécropole israélite de la rue Galande, il s’aide des découvertes qu'on a faites en fouillant le sol. et J’ai cru, dit-il, devoir encore faire observer que, sur la paroisse Saint-Séverin, entre la rue Galande et la rue du Plâtre, on a trouvé plusieurs fois dans ce siècle et même encore en 1752, en rebâtissant le devant du Collège de Cornouaille, une grande quantité de corps morts sans cercueils, à dixhuit pieds en terre. L’un de ces squelettes, trouvés en 1 7.52 , avoit une bague d’or au doigt; mais il faut qu’il y ait eu d'autres que des Juifs inhumés en ce canton du Bourg Saint-Julien P), d

Deux conclusions probables se dégagent des textes que nous venons de reproduire : la première, c’est qu’une synagogue a dû exister sur un point des clos de Garlande ou de Mauvoisin , et disparaître à l’époque de Philippe-Auguste , ou de Philippe le Bel, lors de la proscription des Juifs; la seconde, c’est que la proximité de Saint-Julieu-le-Pauvre, ancien nospitalv, ou hôtellerie pour les pèlerins indigents , explique aussi, dans une certaine mesure, les découvertes funéraires qu’011 a faites en ce lieu, lequel a pu servir de cimetière aux gens de passage qui v décédaient.

De nos jours, des découvertes funéraires se produisent encore quand on fouille le sol de la rue Galande et des voies adjacentes, pour exécuter des travaux édilitaires, ou les terrains en bordure, pour y édifier des maisons.

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