ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX, HOSPITALIERS ET MILITAIRES
L’immense développement qu’ont pris au faubourg Saint-Germain , pendant les xvnc et AvnP siècles, les couvents d’hommes et de femmes, les maisons d’école et d’assistance, ainsi que les asiles affectés à la retraite des vieux soldats et à l’éducation des jeunes officiers, comporterait une longue série de documents relatifs à ces diverses fondations. Félibien a consacré trois volumes in-folio à ses Preuves; il n’en faudrait pas moins, si l’on voulait réunir toutes les pièces qui se rapportent aux grands établissements du faubourg Saint- Germain. Mais nous avons déjà fait remarquer, dans notre chapitre additionnel, que le caractère exclusivement topographique de cet ouvrage et les limites chronologiques dans
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, lesquelles il se renferme, nous imposaient le devoir de restreindre aux choses essentielles ces sortes de reproductions, si intéressantes d ailleurs.
Notre laborieux confrère , M. Cocheris, récemment enlevé à la science, s’est borné, dans son édition de Lebeuf, à des indications sommaires sur le contenu des cartons et des liasses composant le fonds Saint-Germain; nous allons un peu plus loin : nous donnons des analyses, des résumés et quelques pièces capitales pouvant former un corps de preuves topographiques. Malheureusement les documents de cet ordre sont les plus rares : ce qui abonde ce sont les pièces relatives au régime intérieur et au gouvernement des communautés et des hospices. Les questions de nomination et d’élection, de juridiction et d’exemption, de règlement et d’institut ont laissé de nombreuses traces écrites; mais elles appartiennent à un autre ordre d’idées, et ne sauraient trouver place dans cet appendice. Nous exposons, en effet, comment s’est formé l’un des quartiers de Paris, et dans quelle proportion les établissements dont il s’agit ont aidé à son développement : toute autre considération nous est étrangère.
C’est en se plaçant à ce point de vue particulier que le lecteur devra parcourir les pièces composant cet appendice. Nous les rangeons en trois catégories, suivant la nature des établissements auxquels elles se rattachent. L’ordre chronologique y est, d’ailleurs, rigoureusement observé.
|. - ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX : CARMES DÉCHAUSSÉS; - MAISON DU JARDIN D’OLIVET ET DE NOTRE-DAME DE LIESSE; - QHANOINESSES DU SAINT-SÉPULCRE; — ANNONCIADES DU SAINT-SACREMENT ET DE LA PRÉSENTATION, NOTRE-DAME DE GRACE, PETIT COUVENT DE L'ASSOMPTION; -FILLES DE SAINT-JOSEPH OU DE LA PROVIDENCE; - VERBE INCARNÉ ET BERNARDINES DE PENTEMONT; - DIX-VERTUS ET ARRAYEAUXBOIS; - COMMUNAUTÉ DE MADEMOISELLE COSSART ET CHAPELLE DU SAINT-ESPRIT; - PRÉMONTRÉS DE LA CROIX- ROUGE; - MISSIONS ÉTRANGÈRES; - FILLES DU SAINT-SACREMENT; - BÉNÉDICTINES DE NOTRE-DAME-DES-PRÉS; - PAROISSE DU GROS-CAILLOU.
Carmes déchaussés.
Nombreuses pièces, dont plusieurs sont sans date et qui, pour la plupart, ne se rapportent qu’aux affairés spirituelles de la communauté. En voici quelques-unes :
Requête des Carmes pour l’érection d’un autel (17 octobre 1625);
Lettre d’un Carme au prieur de Saint- Germain, annonçant que le père général lui a donné l’ordre de se transporter au couvent de Langres, mais que le père provincial s y oppose (i4 novembre 1690);
Lettre à l’appui de la précédente;
Longues plaintes contre le père provincial ;
Demande d’ordination en faveur d’un religieux;
Demande de deux religieux qui voudraient une place convenable pour exercer leur ministère.
Mémoire imprimé su r les différens des Carmes déchausses de la province de Pans k touchant la résistance que font quelques religieux aux décrets du chapitre général. » (Arch. nat., L 766.)
appendices et pièces justificatives.
Requête des Carmes déchaussés, datée de i65y et tendant à obtenir la permission d exposer les reliques de sainte Thérèse à la vénération publique. (Arch. nat., L 11h.)
Bénédictines de Notre-Dame de Liesse.
Par contrat passé le 1 o juillet 1626 devant deux notaires au Châtelet, Marie Brissonnet veuve d’Etienne le Tonnelier, conseiller au grand conseil, donna à Geneviève Poulain et à Barbe Descoulx deux arpents et demi de terre situés au lieu dit le Jardin d'Olivet, afin d’y établir une communauté de filles.
Après le décès de Geneviève Poulain, le droit de propriété se trouva dévolu à la légataire survivante, Barbe Descoulx. Cette dernière, par contrat du 2 décembre 1 6 A 5 abandonna aux Bénédictines de Notre-Dame de Liesse, chassées de leur couvent de Réthel par la guerre et établies provisoirement à Paris, le terrain de deux arpents et demi et les bâtiments quon y avait construits. La défunte Geneviève Poulain avait manifesté la même intention dans son testament, reçu le 4 janvier , 643 par un notaire du Châtelet.
Les Bénédictines de Notre-Dame de Liesse étaient installées dans une maison de louage de la rue du \ leux-Colombier, lorsque Barbe Descoulx leur donna le terrain et les bâtiments a jardin dOlivet, sous la condition de conserver, nourrir et entretenir cinq filles séculières qui appartenaient à la maison. Des lettres patentes de Louis XIV datées de décembre , 645 et vérifiées au Parlement le 7 septembre ,64?, approuvèrent la translation des religieuses en cet endroit. L’arrêt de vérification était rendu contradictoirement entre les Bénédictines et les filles que Barbe Descoulx avait associées avec elle, et qui s’onposaient a 1 installation de la nouvelle communauté.
Les Bénédictines n’avaient pas attendu, pour leur translation, l’arrêt de vérification ni meme les lettres patentes du Roi, car elles étaient installées dans leur nouveau domicile des la surveille de Notre-Dame de septembre (G septembre) ,644. ainsi que le constate . lacté de donation de Barbe Descoulx.
L'installation des religieuses dans leur couvent du jardin d’Olivet, mentionnée dans un document du carton L 771 et indiquée par Jaillot sous la date du 6 septembre ,644 était-elle régulière? On peut en douter, car le même carton renferme un procès-verbal en date du 3o septembre , 647, qui fixe au jour précédent, 29 septembre, la cérémonie de I installation a laquelle procéda le prieur de Saint-Germain- des-Prés.
Sans être dans un état très prospère, la communauté était moins besoigneuse que la plupart des établissements religieux qui furent supprimés simultanément par un arrêt du I arlement, rendu le 17 juin ,670. En effet, nous trouvons une pièce qui constate que par contrat du 5 janvier 1 663 . le couvent avait prêté aux marguilliers de Saint-Sulpice la somme de ,2,000 livres, assez considérable pour le temps, et qui devait servir : ,° à l'acquisition d une maison de la rue Guisarde pour faire un passage dans le cimetière de
egbse; 2" aux frais de construction ou de réparation de l’église. (Arch. nat carton L 771.)
Chanoisesses DU Saint-Sépulcre, ou Augustines de Bellbchasse.
Par contrat du 16 juillet ,635, les cbanoinesses du Saint-Sépulcre acquirent du sieur
Barbier une propriété située au lieu dit de Bellechasse, et, le 20 août de la même année, l’abbé de Saint-Germain les autorisa à s’établir en cet endroit.
Leur installation n’eut pas lieu immédiatement, car le procès-verbal de leur mise en possession est daté du 21 novembre i635. (Arch. nat., carton L 77°')
Ce fut seulement en mai 1637 qu’elles obtinrent de Louis XIII des lettres patentes permettant leur établissement. Cette autorisation fut confirmée par des Lettres de Louis XIV, en date de février 1661, ainsi que le constate une mention du registre X“ conservé aux Archives nationales.
Le là février 1G86, les Augustines acquirent de la succession Bellizan, moyennant 2,020 livres, un terrain situé dans la rue Saint-Dominique.
Parmi les pièces contenues dans le carton L 770 et se rapportant a ces religieuses, on voit figurer une copie, non signée, d’une déclaration de leurs biens, quelles firent le 10 novembre 1692. Entre autres propriétés, elles possédaient, dapres ce document, une maison ayant son entrée par la porte du couvent et louée au marquis de Brosse. (Arch. nat., carton L 770.)
L’emplacement du couvent correspond à l’église Sainte-Clotilde et aux rues de Bellechasse, de Las-Cases, Martignac et Casimir-Périer.
Couvent des Annonciades du Saint-Sacrement, plus tard de la Présentation de Notre-Dame,
ET ENFIN DE N0TRE-D.4ME-DE-GrÀCE (dIT AUSSI LE PETIT COUVENT DE l’AsSOMPTION).
Instituées dans le diocèse de Troyes en 1628 et plus tard logées dans une maison du faubourg Saint-Germain, les Annonciades obtinrent de l’official, le h septembre i636, la permission de s’établir dans la rue Saint-Pere.
Le 20 juin 1 638 , la supérieure de la communauté fut autorisée à quitter, avec six religieuses, le local de la rue Saint-Père, et à se rendre dans le couvent quelle avait fait bâtir rue du Bouloir-Saint-Germain (du Cherche-Midi).
Une pièce du 20 septembre 16Z17 constate que la communauté était endettée et que les religieuses se trouvaient dans un état de gêne très pénible.
Le 2 septembre 1 656 , les Augustines de l’Assomption se rendirent adjudicataires du couvent, et l’abbé de Saint-Germain les autorisa à s’installer dans ce local, qui prit alors le nom de couvent de la Présentation de Notre-Dame. Le procès-verbal d établissement est daté du 28 octobre 1 056.
Par une requête en date du i5 janvier 1 658, les religieuses de la Présentation de Notre-Dame demandent que le nom de leur communauté soit transformé en celui de Notre-Dame-de-Grâce. Elles obtiennent l’autorisation du prieur de Saint-Germain le 2 4 du meme mois.
La nouvelle communauté était grevée de dettes considérables. Le i3 novembre iG63, un commandement de payer fut adressé par huissier à la supérieure, et, le 3 décembre de la même année, le couvent fut réellement saisi. L’exploit de saisie nous apprend que la propriété comprenait «plusieurs bastimens appliquez en salles basses,;) une grande cha-
pelle, un parloir, deux étages avec greniers au-dessus, une cour et un jardin clos de murs, le tout contenant quatre arpents environ.
A la fin do Tannée 1 663 , les parents des religieuses furent convoqués à une assemblée, afin de décider si Ton abandonnerait le couvent aux créanciers, ou si Ton rechercherait les moyens de le faire subsister. Il fut conclu dans cette réunion que les religieuses devaient se retirer, avec leurs dots, dans d autres monastères, et elles en obtinrent Tautonsation le 28 décembre. (Arch. nat. , carton L 772.)
Filles df, S.vint-Josepii, ou de la Providence.
Des lettres du Roi, datées de mai i64o, autorisèrent la communauté des Filles de Saint- Joseph ou de la Providence, fondée par la demoiselle Marie Delpech de Lestang, à jouir des mêmes droits à Paris que dans les villes où elle avait été d’abord établie.
L’institution de Saint-Joseph fut autorisée par un brevet de l’abbé de Saint-Germain du 5 juin 1 6/11 ; l’établissement était consacré à l’entretien et à l’instruction des jeunes orphelines.
Les lettres d’institution furent données par l’archevêque de Paris, le 28 janvier i64o.
La situation de la communauté, assez précaire d’abord, dut s’améliorer par suite de donations importantes. Parmi les bienfaiteurs de cet établissement, nous voyons figurer Marie Vignerot, duchesse d’Aiguillon, qui donna aux sœurs la somme de 6,000 livres, une fois payée, en vertu d’un contrat portant la date du 26 juillet 1 643.
Un peu plus tard, en 1 6 4 5 , un arrêt du conseil exempta la communauté, ainsi que divers autres établissements religieux, du pavement des taxes levées pour l’extinction du droit royal sur les coches des routes d Orléans et de Rouen : les établissements exemptés étaient copropriétaires de ces coches.
En cette meme année 1 6 4 5 , une bulle dlnnocent X, datée du 4 des ides de mars, autorisa la fondation, et des lettres patentes du Roi, en date du 3i mars i65i. approuvèrent cette bulle.
En 1 65g, un état adressé au sous-prieur de Tabbaye de Saint-Germain fait monter la valeur des biens de la communauté à la somme de 176,040 livres, tandis que le passif se réduisait à 11,742. On pouvait joindre à l’actif le bénéfice résultant de l’exemption des droits sur le vin et le sel, montant à 750 livres qui, au denier 18, représentaient un capital de i3,5oo livres; de sorte que la valeur des biens, défalcation faite du passif, s’élevait au moins à 1 77,798 livres. (Arch. nat., carton L 775.)
Religieuses du Verbe-Incarné et Bernardines de Pentemont.
Protégée par Anne d’Autriche et appuyée par plusieurs personnes influentes, notamment la duchesse de La Rocheguyon. Jeanne Ghezard, plus connue sous le nom de madame de Malel, obtint du Roi, en juin 1 643 , des lettres patentes l’autorisant à établir une communauté qu’elle avait fondée sous le nom de Verbe-Incarné, et qui devait être soumise à la règle de saint Augustin. Un brevet de l’abbé de Saint-Germain, en date du 8 juillet i643, approuva l’établissement.
Madame de Matel logea sa communauté dans une maison appartenant à 1 Hôpital général et située rue de Grenelle. Le prieur de l’abbaye de Saint-Germain bénit la chapelle le icr janvier i644, et installa légalement les religieuses.
Les lettres patentes du Roi ayant été égarées, madame de Matel sollicita des lettres de surannation, qui lui furent délivrées en juin 1667.
Le 1 7 juin 1670, la Cour rendit un arrêt portant suppression de plusieurs établissements religieux, parmi lesquels était comprise la communauté du Verbe-Incarné. D’un autre côté, un mandement de l’archevêque de Paris prescrivait qu’on mît dans le couvent du Verbe-Incarné un certain nombre de religieuses appartenant aux maisons supprimées; ce fut sans doute cette raison qui porta le Parlement à enregistrer les lettres de suran nation, sous la condition que le couvent du Verbe-Incarné ne recevrait pas de novices, jusqu’à ce qu’il en eût été ordonné autrement.
Peu de temps après, le P- Tixier, prieur de l’abbaye de Saint-Germain et «grand «vicaire né v de l’archevêque de Paris, voulut mettre à la tête de la communauté une religieuse Ursuline; mais il rencontra une assez vive résistance dans le personnel de la maison. Alors il prit un parti extrême : en février 1671, sous prétexte que le Verbe- Incarné était au nombre des établissements supprimés, il unit tous les biens de cette maison à l’Hôpital général.
Des lettres patentes, en date du 20 mars 1671, donnèrent raison au prieur de Saint- Germain, en ordonnant que tout le temporel de la communauté fût appliqué à l’Hôpital général, à la charge de fournir aux religieuses ce qui serait nécessaire pour leur entretien.
Les religieuses firent opposition à l’enregistrement de ces lettres patentes, et, par un mémoire habilement rédigé, elles réfutèrent au moins l’une des raisons invoquées pour la suppression de leur communauté : l’insuffisance de revenus. Elles firent observer, notamment, que leur maison, contenant environ quatre arpents avec les jardins, avait été estimée 20,000 écus, quinze ans auparavant, et quelles y avaient apporté des améliorations qui en augmentaient la valeur de 10,000 livres.
Un arrêt du Parlement, en date du 4 septembre 1671, maintint le Verbe-Incarné au nombre des établissements supprimés. (Arch. nat. , carton L 773.)
Chassées de leur abbaye, soit par les dangers de la guerre, soit parles inondations, les Bernardines de Pentemont-lez-Beauvais se transportèrent d’abord à Beauvais; mais, ne pouvant trouver dans cette ville un lieu convenable pour leur établissement, elles résolurent de se fixer à Paris. Elles obtinrent à cet eflet un brevet du Roi, en date du 1 2 avril 1671, et l’autorisation de l’évêque de Beauvais, qui fut accordée le 3 1 octobre de la même année.
L’Hôpital général, auquel appartenait la maison des Augustines du Verbe-Incarné, la rétrocéda aux religieuses de Pentemont. Celles-ci obtinrent du Roi des lettres patentes, en date du mois d’août 1672, qui les autorisaient à s’établir dans ce local et à se faire bâtir une église.
En 1675, Colbert les déchargea d’une taxe de 800 livres, qui leur avait été imposée tant pour leur translation que pour les droits d’amortissement et de franc-fief.
Le g juillet 1680, le Roi leur accorda un brevet d’amortissement.
Le t 3 octobre 174 7, un brevet de l’archevêque de Paris autorisa la réunion des Bernardines d’Argenteuil à la communauté des religieuses de Pentemont. Ce brevet fut approuvé par des lettres patentes du Iloi, en date de novembre de la même année. (Arch. nat. , carton L 1 o32.)
Nous avons, dans le cours de notre chapitre additionnel, indiqué l’année i643 comme date de l’installation des Bernardines de Pentemont dans les somptueux bâtiments des rues de Grenelle et de Belle-Chasse. En réalité, celte date s’applique à l’établissement des religieuses du Verbe-Incarné, qui précédèrent celles de Pentemont; mais, au point de vue topographique, qui est exclusivement le nôtre, la substitution d’un ordre monastique à un autre, dans le même local, est sans importance. Ce que nous avons dit de la grandeur des bâtiments et de l’influence qu’une aussi magnifique construction dut avoir sur le peuplement de cette partie du faubourg, subsiste donc tout entier.
ClSTEBCIESNES DE l’AbBAYE-AUX- BoiS.
Le i3 mars i652, le couvent des Dix-Vertus fut mis aux enchères sur le pied de 100,000 livres, à la requête des créanciers de cet établissement.
Par contrat passe le g mars i654, devant deux notaires au Châtelet, les Cisterciennes de l’Abbaye-aux-Bois acquirent cette propriété pour la somme de 1 26,000 livres. Ce contrat fut homologué par un arrêt du Parlement, en date du 10 février 1 6 5 5 .
Les Cisterciennes de 1 Abbaye-aux-Bois, après s’être réfugiées à Paris pour éviter les dévastations qui les menaçaient dans le Soissonnais, setaient vues obligées de rester dans cette ville, par suite de l’incendie de leur couvent. Ce fut alors qu’elles acquirent le couvent des Dix-Vertus.
Le 12 mars i6G5, l’abbé de Clairvaux, ordre de Cîteaux, autorisa la translation de ces religieuses au faubourg Saint-Germain.
Des lettres patentes du Roi. datées de juin 1 665, permirent la translation qui fut, d’un autre côté, autorisée par une bulle du pape Alexandre VII, datée du 28 février 1667.
Par de nouvelles lettres patentes d’août 1667, le Roi confirma son autorisation et déclara qu’il prenait les religieuses de l’Abbaye-aux-Bois sous sa protection, à condition quelles obtiendraient le consentement des seigneurs de Nesle, successeurs de leur fondateur, quelles continueraient dans leur couvent du faubourg Saint-Germain les prières ordonnées par leurs fondateurs et donateurs, et, enfin, quelles bâtiraient, sur l’emplacement de l’ancien couvent, une chapelle où elles feraient dire une messe basse. Ces lettres patentes furent vérifiées au Parlement le 4 août 1668.
Les Cisterciennes firent plusieurs acquisitions de propriétés et entreprirent des constructions dans le voisinage de leur couvent. C’est ainsi que nous les voyons, en 1782, paver 6,000 livres pour les droits d’amortissement d’un grand corps de logis composé de sept boutiques au rez-de-chaussée et de divers autres bâtiments. On les voit encore, en 1747, soumises à une contrainte à la suite de la réclamation de la somme de 1,100 livres que l’administration des douanes leur adressait pour le droit d’amortissement d’un bâtiment attenant à leur clôture et loué 3oo francs. (Arrh. nat., carton S 44 12.)
Missions étrangères.
Le 12 octobre 1637, M. de Raconis, évêque de Lavaur et directeur de la Propagation de la Foi, demanda au prieur de Saint-Germain la permission de r faire exercer le ministère » de cet institut.
Le projet de M. de Raconis contenait en germe la fondation du séminaire des Missions étrangères; mais cette idée ne fut mise à exécution que vingt-six ans plus tard.
Par contrat passé devant deux notaires du Châtelet, le 16 mars i 663, Rernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, céda tous ses biens aux sieurs de Morangis et de Garibal, sous la condition d’établir une maison où seraient formés des missionnaires qu’on enverrait ensuite dans les pays idolâtres, particulièrement dans la Perse. Les biens abandonnés ainsi par l'évêque comprenaient :
r . . . Tous les emplacemens, maisons, logemens et bastimens dudit seigneur evesque scituez audit Saint-Germain des Prez les Paris, tant en ladite rue de la Fresnaye ou petite Grenelle, derrière les Incurables, qu’en la rue du Bac, consistant principallement en trois corps de iogis qui font face sur ladite rue du Bac, dont l’une est sur le derrière avec un jardin loué au sieur marquis de Fonlenille, qui a transporté son bail, du consentement dudit seigneur evesque, pour les six mois restant d’icelluy, et les deux aultres sur icelle rue du Bac, en forme de pavillon, dont l’un est loué au sieur Dumesnil , qui a aussy transporté son bail pour le quartier courant, aussy du consentement d’icelluy seigneur evesque, et l'autre est à louer; et aussy consistant en trois autres petitz corps de logis en fondz l’un de l’autre sur ladite rue de la Fresnaye ou petite Grenelle, avec deux petits jardins, le tout que ledit seigneur occupe à présent, et qui ont leurs aspectz, savoir : celuy de devant, sur le marais des Incurables, et l’autre sur ledit jardin, joignant le derrière desdits deux corps de logis en ladite rue du Bac; plus une place vague sur la mesme rue de la Fresnaye ou petite Grenelle, joignant deux petites maisons en fondz l’une de l'autre, appartenant, savoir : celle qui fait face sur icelle rue aux enfants mineurs du deffunt (en blanc) Dragée, et celle qui est au derrière à la veuve Flacoy, et qui séparent ladite place d’avec ledit premier corps de logis de ladite rue de la Fresnaye ou petite Grenelle, tirant vers ladite rue du Bac, contenant ladite place trois thoises et demie de face sur neuf thoises ou environ de profondeur; plus deux arpens de terres en quatre pièces differentes scizes dans la plaine de Grenelle les Paris, savoir : trois demy arpens au terroir de Sainte Geneviefve, lieu dit les Fourneaux, l’autre demy arpent au terroir dudit Saint Germain des Prez, lieu dit la grande borest, qui ont cy devant appartenu à Louis Catrix, acquises par ledit seigneur evesque avec 1 une des maisons cy dessus mentionnées, qui tendent sur icelle rue de la I resnaye ou petite Grenelle, tous lesdits emplacemens, maisons, logemens, bastimens, héritages cy dessus déclarez, etc., présentement donnez, appartenant audit seigneur evesque... «
En outre, l’évêque léguait tous ses meubles, en se réservant seulement, sa vie durant, la jouissance du logement qu’il occupait dans la rue de la Fresnaye, et une rente annuelle de 3,ooo livres, qui devait être payée par les sieurs de Morangis et de Garibal, en sus d’une rente de 5oo livres au profit de deux autres personnes.
Par un acte en date du i 8 du même mois de mars 1 663 , les sieurs de Morangis et de Garibal se désintéressèrent de toute immixtion dans la fondation du séminaire, au profit
de deux docteurs en théologie Michel Gasil et Armand Poitevin qui, plus que toutes autres personnes, étaient capables de remplir les intentions du donateur.
Des lettres du Roi, en date de juillet 1 6 6 3 , confirmèrent le contrat du 16 mars et Pacte de renonciation du 18. Ces lettres furent enregistrées au Parlement le 7 septembre de la même année, et l’abbé de Saint-Germain, par un décret en date du 1 0 octobre suivant, approuva la fondation. (Arch. nat. , carton L 766*)
Communauté de Mademoiselle Cossart et chapelle du Saint-Esprit.
Nous ne possédons presque aucun renseignement sur la communauté de filles séculières fondée par Magdelaine Cossart dans la rue Neuve-Notre-Dame (des-Champs); nous pouvons seulement avancer, avec certitude, que l’acquisition de la maison destinée à recevoir la communauté eut lieu le 27 mars 1 G 5 8 .
En ce qui regarde la chapelle du Saint-Esprit, nous avons trouvé quelques indications aux Archives nationales.
Le carton L 770 contient une supplique sans date, mais probablement écrite au commencement de 1666 et adressée par Magdelaine Cossart à l’abbé de Saint-Germain. La pétitionnaire demandait qu’on lui permit d’établir, dans un terrain attenant de trois côtés à sa maison, une chapelle, dite du Saint-Esprit, dont le desservant serait à sa nomination, et après son décès, à celle de son plus proche parent.
Au bas de la supplique, on lit: T une note du prieur de Saint-Germain -des-Prés, en date du 29 mars 16G6, portant que la demande sera communiquée au promoteur de sa cour ecclésiastique; 20 une réquisition (probablement du promoteur) tendant à ce que la demande soit transmise au curé de Saint-Sulpice (réquisition datée du 5 avril 1666); 3° une note du prieur, en date du 7 avril 1666, portant qu’il sera fait droit à la réquisition.
Une pièce sans signature, datée d’avril 1666, prouve que le curé de Saint-Sulpice se montra d’abord peu favorable à l’érection de la chapelle, qu’il regardait comme une innovation dangereuse. Toutefois il revint sur ses premières impressions, car des lettres du prieur, en date du 2 3 mai 1666, constatent que le curé ne fait aucune opposition à l’érection de la chapelle. Ges lettres autorisent la fondation de la chapelle proposée par Magdelaine Cossart, qui fournit pour la dotation deux cents livres de rente annuelle. Selon le vœu de la fondatrice, la présentation et la nomination du desservant appartiennent à mademoiselle Cossart. la collation étant réservée à l’abbé de Saint-Germain. Ces mêmes lettres ne sont postérieures que d’un jour à un contrat, passé devant deux notaires au Châtelet, par lequel Magdelaine Cossart déclare qu’elle a l’intention de fonder une chapelle dans les conditions qui ont été mentionnées plus haut, et fixe la dotation a deux cents livres de rente annuelle.
La communauté fut totalement supprimée en 1707, et le terrain fut vendu en 1722 aux Frères des écoles chrétiennes, qui s’y établirent. (Arch. nat., carton L 770.)
Prémontrés de la Croix-Rouge.
Le 28 juin 1662, les chanoines réguliers de Prémontré de la congrégation de Saint-
Norbert obtinrent, de l’abbé de Saint-Germain, des lettres qui les autorisaient à s’établir dans un terrain acquis par eux au carrefour de la Croix-Rouge.
Sous l’inspiration de sa mère, Louis XIV accorda à ces religieux des lettres patentes datées du mois d’octobre 1663, par lesquelles il déclarait que leur monastère était de fondation royale. Le procès-verbal de l’établissement des Prémontrés est daté du 12 octobre 1 652.
Quatre articles de soumission furent présentés par les Prémontrés le 27 juin 1 6 6 3 . Ces articles reçurent, le 3 juillet suivant, l’approbation du prieur de Saint-Germain.
Plus tard, les Prémontrés rebâtirent leur église : la réédification était achevée en 1720. Le 3o octobre de cette même année, Louis-Antoine de Noailles, archevêque do Paris, leur permit de démolir une chapelle faisant partie de l’ancienne église, d’exhumer les corps renfermés dans cette chapelle et de les faire transporter dans la nouvelle église. (Ârch. nat. , carton L 7 G 6 . )
Filles du Saint-Sacrement.
D'après Lebeuf, les Filles du Saint-Sacrement se seraient établies dans la rue Cassette en i 654.
Cette date ne s’accorde pas avec les indications que donne une inscription signalée par M. de Boislile et reproduite dans le Bulletin de la Socidlé de l'Histoire de Paris cl de l’Ile-de- France (1881, 1" livraison, page 28). Suivant ce document, la première pierre du couvent de la rue Cassette aurait été posée le 27 mars 1666 par Marguerite de Lorraine, veuve de Gaston d’Orléans. L’inscription est ainsi conçue :
LE -XXVII -MARS- DE -LANNEE- 1 666- TRES • HAVTE ■ TRES • PV1SSANTE • ET ■ TRES - EXELENTE • PRINCESSE ■ MADAME ■ MARGVE RITE • DE ■ LORRAINE ■ DVCHESSE ■ DOVAIRIERE ■
DORLEANS . VEV VE ■ DE ■ TRES • HAVT • TRES P VISSANT ■ ET ■ EXELLENT • PRINCE - MON SE1GNEVR • GASTON • FILS ■ DE ■ FRANCE •
ONCLE -DV- ROY • DVC- DORLEANS -DE- VALOIS ■ DE ■ CHARTRES • DALENÇON- COMTE ■ DE ■ BLOIS • ETC •