I M M AC VLEE • VIERGE • MARIE ■ SA ■ TRES • SAINTE • MERE
ET ■ DV ■ GLORI EVX ■ PATRIARCHE ■ S ■ BENOIST
Bénédictines de Notre-Dame-des-Prés, oc de Mouzon.
Les fortifications de Mouzon ayant été démolies en i 6 7 3 , les Bénédictines de cette ville obtinrent de l’archevêque de Reims une ordonnance, en date du 2 février 167/1, les autorisant à s’établir à Paris, sauf l’approbation de l’archevêque de cette dernière ville, et, par suite, elles vinrent se loger dans la rue du Bac.
Plus tard, elles se logèrent dans la rue du Champ-de-TAlouette, et, par contrat du
28 mai 1689, elles acquirent une maison dans la rue de Vaugirard, où elles s’établirent en vertu des lettres patentes de Louis XIV, données en juillet 1689, et confirmatives des lettres de Louis XIII, qui dès i638, avait permis à ces religieuses de s’installer à Paris.
Le couvent fut supprimé en 1741. (Arch. nat. , carton L 772.)
Eglise caroissiale du Gros-Caillou11!.
Dès 16/17, les habitants du Gros-Caillou avaient adressé à l’abbé de Saint-Germain une requête tendant à l’érection d’une succursale dans le terrain «joignant le lieu communément appelé le Pré-aux-Clercs. » Cette requête, motivée par l’éloignement où les habitants étaient de l’église Saint-Sulpice, fut renvoyée au curé de celte église, l’abbé Olier, qui consentit à l’érection de la succursale, pourvu que l’abbé de Saint-Germain l’autorisât.
C’est peut-être à cette demande que se rapportent : 1* une approbation donnée le
29 décembre 1647 par le prieur de Saint-Germain; 20 un projet de lettres patentes, soumis en 1647 à l’abbé do Saint-Germain. Le projet est en latin, mais les dispositions relatives à la circonscription de l'église sont en français.
Plus tard, les habitants du Gros-Caillou renouvelèrent leur demande en faisant valoir les mêmes motifs. Ils suppliaient l’abbé de Saint-Germain d’ordonner qu’il fût procédé à l’établissement d’une église paroissiale, ou succursale, «dans tel endroit commode des environs du lieu appelé le Pré-aux-Clercs, et des places de l’ancien parc de la reine Marguerite, a De cette paroisse devaient dépendre les maisons bâties, ou à bâtir, dans les rues et lieux suivants :
«Les maisons des deux côtés de la rue dite des Petits-Augustins; celles de la rue Saint-Benoit du côté du couchant; celles de la grande rue de Taranne du côté du nord, les maisons des autres côtés des rues Saint-Benoit et Taranne continuant d’appartenir à la paroisse Saint-Sulpice; les maisons des rues de Jacob et des Deux-Anges; celles de la rue de la Charité jusqu’au coin de la rue Saint-Dominique, y compris la maison du sieur Cantarini, le surplus de ladite rue, du côté de la terre de Grenelle, appartenant à l'ancienne paroisse; toutes les maisons bâties et à bâtir des deux côtés de la rue Saint-Dominique dans toute sa longueur, depuis la rue de la Charité jusqu’à la plaine de Grenelle; les maisons bâties ou à bâtir dans l’étendue de la terre d’Orléans, abusivement appelée de l’Université, de l’un et de l’autre côté; la rue an-
L’importance acquise par le quartier du Gros- Caillou, et attestée parla construction d’une église à cette extrémité du faubourg, nous a décidé à
donner quelques renseignements sur la fondation d’une succursale dans cette région, et sur la transformation de cette succursale en cure.
dénuement de Saint-Père, traversant le parc de la reine Marguerite, après dite de Valois et vulgairement de la Charité, jusqu'au carrefour de la rue Saint-Dominique et maison du sieur Cantarini; les rues de Verneuil, de Bourbon, de Beaune, du Bac, jusqu’à la rue Saint-Dominique, de Poitiers, de Bellechasse, et le long du quai de la Seine, la Grenouillère comprise, jusqu’à ladite petite rue des Augustine, la maison du sieur Brisacier, située au coin de ladite rue, faisant la séparation et demeurant, avec les autres maisons situées sur le même quai tirant vers le port de Nesle, à la paroisse Saint-Sulpice, comme aussi toutes les maisons qui pourront être bâties dans l’étendue des susdits lieux, même dans les places dites de la reine Marguerite, et dudit lieu appelé le Pré-aux-Clercs et pré des Religieux. 75
Par une autre requête, sans date, les habitants du Gros-Caillou réclament la construction d’une succursale dans la rue de Grenelle, succursale qui ne pourra être érigée en paroisse et sera entièrement dépendante de l’église Saint-Sulpice. A la succursale on adjoindra un cimetière, dont le terrain sera pris à côté de la maison voisine du carrefour de la rue du Bac. Les suppliants ont l’intention de loger dans cette maison les prêtres chargés du service de la succursale. Enfin les suppliants offrent de faire bâtir la succursale aux frais de la paroisse.
Cette pièce est suivie d’une note de Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain, qui porte la date du 21 septembre (pas de millésime).
D’après Jaillot ( Quartier Saint-Germain , p. 83), l’initiative du projet de succursale aurait appartenu au curé de Saint-Sulpice. Celte assertion ne s’accorde pas avec le texte des requêtes des habitants du Gros-Caillou, qui n’auraient pas manqué de mentionner le fait, s’il eut existé. 11 est donc à peu près certain que les premières démarches furent entreprises par les habitants, et que le rôle du curé de Saint-Sulpice se borna à l’approbation de leur requête.
Le carton L 769, où nous avons puisé tous les renseignements qui précèdent, contient aussi plusieurs pièces relatives à la transformation de la succursale en cure. Voici les principaux faits constatés par ces derniers documents : ^
A la suite d’une délibération qui eut lieu le 11 octobre 1767, les habitants du Gros- Caillou présentèrent une requête tendant à l’érection de la succursale en cure. La délibération fut approuvée par une décision de la fabrique de Saint-Sulpice, en date du 29 novembre de la même année, par une délibération du conseil de l’Ecole royale militaire du 18 janvier 1768, et enfin par une délibération capitulaire du prieur et des religieux de l’Abbaye en date du 28 février suivant.
Par un brevet daté du 24 février 1 769, le Roi permit aux syndics et aux habitants du Gros-Caillou de se pourvoir auprès de l’archevêque.
Pendant la nuit du 23 au 2Ô juin 1769, le feu prit à la sacristie de la succursale. Les autres parties de l’église furent préservées, mais le mobilier fut entièrement détruit. Peutêtre cet accident contribua-t-il à faire reconnaître l’urgence de la requête des habitants; car, à partir de cette date, les ordonnances archiépiscopales, les réquisitions du promoteur, les informations des commissaires nommés par l’archevêque, les enquêtes, les contreenquêtes, les délibérations capitulaires des religieux de l’Abbaye se succédèrent à peu d’intervalle.
On ne peut être étonné de cette multitude de formalités, si l’on considère que la question
ne se réduisait pas a la transformation pure et simple de la succursale en cure : il s’agissait aussi de distraire de la paroisse de Saint-Étienne-du-Mont le château et le heu dit de Grenelle, pour les rattacher, quant au spirituel, au territoire du Gros-Caillou; en outre, il fallait le consentement des religieux de Sainte-Geneviève et des curés de Vaugirard et de Vanves, tous intéressés dans la délimitation de la nouvelle paroisse.
Après la réception des lettres apostoliques, datées du îA des kalendes de juillet i773, qui autorisèrent 1 érection de la cure, les formalités ne cessèrent pas. Enfin une décision archiépiscopale du i7 août 177-6 ordonna l’érection de la cure. Des lettres patentes du Roi, datées de janvier 1 777, confirmèrent ce décret, et, dans le mois de juin de la même année, les religieux de Saint-Germain déclarèrent qu’ils consentaient à ce que les lettres fussent enregistrées, pour être exécutées selon leur forme et teneur.
La décision de 1 archevêque du i7 août i776 délimitait de la manière suivante le territoire de la nouvelle paroisse :
«Tout le terrain . à commencer le long de la rivière de Seine, près de la barrière d’Or-
say, marqué sur le plan ligure par le chiffre romain I, allant vers le sud jusqu’à l’angle du couvent de Sainte-Valère, ledit angle indique' par le chiffre II, représentant le retour d’équerre indiqué par le chiffre III, jusqu’au point de contact de l’alignement du milieu du pavé des nouveaux boulevards, allant vers le sud jusqu’au milieu du pavé de la chaussée de Sèvres vers I ouest, et suivant ledit chemin fixé par les bornes chiffrées V et VII, continuant ledit chemin jusqu’au point de contact du chemin de Vaugirard à la rivière, suivant ledit chemin jusqu’à la rivière, enfin le long de la rivière, inclusivement l’ile des Cygnes, jusqu’à la barrière d’Orsay. Ne seront pas comprises dans ces limites, et continueront d’être comprises dans la paroisse de Vaugirard, deux maisons marquées en noir sur le plan et numérotées 3ot et 3oa , quoiqu’elles appartiennent auxdites limites.» (Arch. nat., carton L 769.)
II. - ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS : ANCIEN HÔPITAL DE GRENELLE; — HOSPICE DES INCU¬ RABLES; - HÔPITAL DES CONVALESCENTS; - CORDELIERS DU SAINT-SÉPULCRE DE JÉRU¬ SALEM; - ASILE DES RELIGIEUX HIBERNOIS; - HOSPITALIERS DE SAINT THOMAS DE VILLENEUVE.
Ancien hôpital de Grenelle.
Cet établissement charitable, qu’il ne faut pas confondre avec la maison hospitalière des Cordeliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, fondée soixante-douze ans plus tard, n’a été mentionné, avec quelques détails, par aucun historien de Paris, sans doute parce qu’il a été de très courte durée, ou plutôt parce que l’œuvre, arrêtée dès le début par les guerres civiles, n’a reçu qu’un commencement d’exécution. Voici le peu qu’en dit Félibien, tant dans ses Preuves que dans le corps de son ouvrage ;
Vers le milieu de la mesme année (i58o), la ville et les villages des environs furent atteints d’une maladie qui dégénéra dans une contagion presque générale. D’abord ce n’esloit qu’un rume ou catarre, maladie qu’on appela sous le règne de Charles VI la coqueluche. Elle commençoil par un mal de leste, d’estomach et de reins, avec lassitude par tout le corps. ... A cette maladie succéda bientôt une espèce de peste, qui fit en peu de tems de grands ravages. Pour y remédier, le Prévost des marchands et quelques conseillers députez du Parlement eslablirent un
officier, qu’on appela Prévost de la santé, clonl la fonction estoit de chercher les pauvres pesti— ferez, et les faire porter à l’Hostel-Dieu, dans des salles séparées des autres malades. Mais comme le lieu n’estoit pas assez spacieux pour les contenir, on dressa des loges et des tentes dans les faubourgs de Montmartre, de Sainct Marceau, vers Montfaucon W, et dans la plaine de Grenelles, où l’on bastit un nouvel hospital; et les habitants de la ville contribuèrent de leurs liberalitez à tous ces eslablissements '21 . . ..
Malheureusement pour le nouvel hospital , ces libéralités se firent attendre, et le Parlement dut intervenir pour stimuler le zèle des Parisiens : à la date du 22 février i58i, il rendit un arrêt que Félibien a imprimé dans ses Preuves
Ce jour, sur ce que le procureur general du Roy a remonstré à la Cour que le basliment de l’hospital de Gamelles demeurait, à faute de payer les ouvriers, provenant de ce que beaucoup des habitans de ceste ville et faulxbourgs n’avoient encore payé et ne payoient ce à quoy ils estoient col lisez : requérant y estre pourveü, la matière mise en délibération, ladicte Cour a. arresle et ordonné que ceulx qui se trouveront n’avoir payé les cottes de leurs taxes payeront dans trois jours aprez la signification à eulx faicte du présent arrest; les trois jours passez, la somme doublera; et seront exécutez en leurs meubles, et procédé à la vente d’iceulx, nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans préjudice d’icelles.
Nous ne savons ce qui advint de cette mise en demeure; mais il y a tout lieu de croire que les retardataires y furent sensibles, car les travaux interrompus durent être repris. Félibien nous autorise à le penser, en écrivant ce qui suit a la page 1162 de son Histoire :
Dans le tems de l’arrivée des Feudlans à Paris (1587), la France estoit desolee non seulement par une funeste guerre répandue dans toutes les provinces, mais encore par la famine et la contagion qui en sont les compagnes ordinaires. A Paris, le bled fut d’une cherté extraordinaire. O11 fut contraint d’envoïer deux mille pauvres dans l’hospital de Grenelle vers Vaugirard, pour y estre nourris par le Roy, qui leur laisoil distribuer tous les jours cinq sols a chacun.
L’hôpital, dont les chantiers chômaient en 1 5 8 1 , était donc, six ans plus tard, en état de recevoir deux nulle pauvres , ce qui suppose une construction dune certaine importance. A quel point de la plaine de Grenelle s’élevaient les bâtiments? Combien de temps ont-ils subsisté? C’est ce qu’aucun historien de Paris n’a cru devoir nous apprendre. Les documents manuscrits ne suppléant point au silence des livres, nous sommes obliges de nous borner à cet historique sommaire du plus ancien établissement hospitalier fonde dans la censive de Sainl-Germain-des-Prés.
Hospice des incurables.
La fondation de l’hospice des Incurables est longuement exposée par Félibien. La pensée première en était venue au prêtre François Joulet, qui mourut avant de réaliser son
(0 Ces loges et ces tentes sont le berceau du gieuses. — ~ Histoire de la ville de Paris , t. II,
grand hôpital Saint-Louis, fondé peu après pour p. 11/12. recevoir les malades atteints d’affections conta- 1 Ibid., t. V, p. 11.
projet. Marguerite Rouillé , femme de Jacques le Bret, conseiller au Châtelet de Paris, ayant eu, de son côté, le même dessein, fit à l’Hôtel-Dieu un don important qui s’ajouta au legs de François Joulet. Ces ressources s’accrurent considérablement par les libéralités du cardinal de la Rochefoucauld, abbé de Sainte-Geneviève, dans les vues duquel entrèrent les gouverneurs de l’Hôtel-Dieu et des hôpitaux de la Santé. Ceux-ci conseillèrent de fonder le nouvel établissement non point à Chaillot, comme le voulait Marguerite Rouillé, mais au faubourg Saint-Germain où ils possédaient une pièce de terre de dix— sept arpents, située entre les «chemins de Sève et de Gamelles, » — rues de Sèvres et de Babylone. — Ils en cédèrent deux arpents, offrirent de bâtir l’hospice et se chargèrent de l’administrer. C’est dans ces circonstances qu’intervinrent les actes dont nous reproduisons les dispositions principales. Les bienfaiteurs de cette maison sont nombreux : on compte parmi eux, dit Félibien :
rf Jacques de Ilillerin, preslre conseiller au Parlement; Charles Robineau, secrétaire du Roy; Antoine Loysel , conseillerai! Parlement; Vincent Nivelel, auditeur des comptes, et Catherine le Bret, son épouse; Perrot, administrateur de l’Hostel-Dieu et des Incurables; Marie le Prévost, veuve de Nicolas Camus, sieur de Pontcarré; Marie Thiot, veuve de Jean des Monts, marchand frippier; Louis Caillebot, chevalier, sieur delà Sale; Catherine Girard; Pierre de Ilodic, président aux enquesles; Jacques Danès, sieur de Marli, évesque de Toulon; Françoise de Chaulnes, veuve de Nicolas Thibaud, sieur de Beauvais, maistre des comptes; Roger, duc de Bellegarde; Roger du Plessis, seigneur de Liancour et de la Roche-Guyon; Judith de Mesmes, veuve de Jean Barillon, sieur de Mancy; Jean-Baptiste Lambert, secrétaire du Roy, frère de Nicolas, grand maistre des eaux et foresls de Normandie; Antoine Bergerac, aide de camp des armées du Roy; Mathieu de Morgues, prédicateur du Roy et premier aumosnier de la reine mère; Pierre Viole, président aux enquestes; Christophe du Plessis, baron de Montbar; Anne Hurault de Chiverni, veuve de Charles d’Aumont, marquis de Nolet; Marie Catherine de Larochel'oucaull, marquise de Senecé, et François Talon, curé de S. Gervais.»
A la suite de cette énumération, nous donnons, par extraits, les pièces les plus importantes relatives à la fondation du nouvel hospice :
Par devant les notaires gardenotles du Roy, nostrc sire, en son Chastelet de Paris soubzsignez, fut présent en sa personne monseigneur l’éminentissiine cardinal de la Rochefoucault, abbé de Sainte-Geneviève de Paris et y demeurant, lequel, considérant qu’entre plusieurs hospitaux et autres maisons de piété employées en celte ville et fauxbourgs de Paris pour le soulagement des pauvres, il n’y en a aucune en laquelle les affligez de maladies incurables soient receus, et ayant eu, dez le vivant de feu mcssire François Joulet, prestre, sieur de Chastillon, communication du dessein qu’il avoit de destiner quelques parties de ses biens à celle œuvre de charité, lequel il auroit depuis exécuté par disposition testamentaire, de laquelle néantmoins l’exécution et emploi auroient esté différez jusques à présent pour la rencontre de divers empeschemens, ledit seigneur cardinal, désirantde contribuer à ce dessein tant nécessaire, avec espérance que le commencement qui y seroit donné seroil suivi, avec l’aide et la grâce de Dieu, d’un accroissement pour l’entier accomplissement d’icelui; et après avoir déclaré cette sienne intention à messieurs les gouverneurs de l’Hostel-Dieu de Paris, maisons et hospitaux de la
(,) Les bâtiments principaux, commencés en 1 635 sous la direction de l’architecte Gamard, assisté de l’entrepreneur Pierre Dubois, furent terminés en 1 64 g.
Santé et leur avoir fait proposer que se servans de ce que ledit sieur de ChasLillon auroit laissé par sondit testament pour le secours desdils pauvres incurables, icelui seigneur cardinal leur donnerait dès à présent les choses cy-après déclarées à luy appartenant à juste tiltre, pour estre emploiées au mesme subjet sans aucun divertissement .
. Et pour parvenir à l’exécution d’un si bon et si charitable dessein, lesdils sieurs gouverneurs ont dit et déclaré qu’ils destinent, affectent et délaissent dez à présent la quantité d’environ dix arpens de terre audit Hoslel-Dieu appartenans, à prendre en une pièce de dixsept arpens ou environ, assise au terroir de Saint-Germain des Prez, proche et derrière l’enclos de l’hospital des Petites-Maisons, en la grande ruë sur le chemin qui conduit à Sevre, tenant la totalité de ladite pièce pardevant sur ladite grande ruë qui conduit à Sevre, et par derrière à la sente et chemin qui conduit de la ruë du Bac à Grenelle, d’un costé à plusieurs particuliers et d’autre costé à François Charon et Louis Manchon; pour sur iceux dix arpens de terre ou environ y faire construire et édifier les hastiments nécessaires pour lesdits pauvres incurables, et de tout faire le plan et figure qui sera paraphé des parties et notaires soubzsignez, et attaché à la minutte des présentes; auxquels hastimens lesdits sieurs gouverneurs et administrateurs seront tenus et promettent y faire travailler au leur et à mesure que les deniers se pourront recouvrer sans aucun divertissement ni disconlinuation; et ce qui se retirera des rentes sera conservé et employé pour l'ameublement, nourriture et enlretenement desdits pauvres incurables et officiers nécessaires audit hospital. . . . . (29 novembre iG3&).
. L’an 1 63 4 , le samedi 16e jour de décembre, le présent contract de donations a esté
apporté au greffe du Chastelet de Paris, et iceluy insinué, accepté et eu pour agréable aux charges, clauses et conditions y apposées, et selon que contenu est par icelluy, par M. Antoine le Marier, procureur audit Chastelet, porteur dudicl contrat et comme procureur, tant de monseigneur l’éminentissime cardinal de la Rochefoucauld, abbé de Sainte Geneviève de Paris, donateur, que des maislres et gouverneurs de l’Hostel-Dieu de cette ville de Paris, donataires dénommez audit présent contract, lequel a esté registré au 90e volume des insinuations dudit Chastelet suivant l’ordonnance, ce requérant le dit le Marier audit nom, qui de ce a requis et demandé acte, à luy octroyé, et baillé ces présentes, tant pour servir et valoir audit cardinal donataire, en temps et lieu, ce que de raison.
Ce fut fait audit Chastelet les an et jour que dessus.
Signé: Fausset et Drouart.
( Registre des Incurables, fol. i et suivans.)
Par un autre contrat, en date du 1 5 avril 1 6 3 6 , le cardinal de la Rochefoucauld céda à l’hospice la somme de 1,433 1. 6 s. 8 d. tournois, provenant de ses propres fonds. Ajoutée à 2,/ioo livres fournies par un bienfaiteur anonyme, cette somme devait servir à la fondation de trente-six lits, comme on le verra ci-dessous :
Par devant les notaires garde-nottes du Roy, noire sire, au Chastelet de Paris soubzsignez, fut présent monseigneur l’éminenlissime cardinal François de la Rochefoucauld, abbé de Sainte Geneviève au Mont de Paris, lequel a dit et déclaré que pour donner plus prompt commencement à l'exercice de charité en l’hospital nouvellement basty pour les pauvres incurables aux faubourgs Saint-Germain, sur le chemin qui conduit à 1 hospital des Petites-Maisons à Vaugirard, il donne, cède, quille et transporte par ces présentes, sans aucune garantie néantmoins que de ses faits et promesses seulement, à messieurs les maislres, gouverneurs et admi-
nistratcurs do l’hospital des Incurables audit nom, la somme de . employée à J’achapt
de 36 lits et de ce qui convient à chacun lit, dans le plus brief temps que faire se pourra, pour mettre, savoir : 18 lits dans une salle pour les hommes, et les 18 autres dans une autre salle pour les femmes, etc. ( Registre des Incurables , fol. h.)
En outre, le 8 août i636, le cardinal abandonna a l’hospice diverses créances montant ensemble à la somme de 38,0/17 ^ 6 s. tournois, pour l’édification de la chapelle. Nous reproduisons la partie la plus essentielle du contrat qui fut passé en celte occasion :
Par devant les notaires garde-nottes du Roy, nostre sire, en son Chastelet de Paris, soubzignez, fut présent monseigneur Péminentissime François, cardinal de la Rochefoucault, abbé de Sainte Geneviève au Mont de Paris, lequel disant qu’ayant eu advis que l’hospital des pauvres Incurables qui se bastit dans le faubourg S. Germain estoit grandement avancé par le soing et conduite de messieurs les gouverneurs de l’hostel Dieu de Paris, en telle sorte qu’il y a des a présent des lieux et salles où les pauvres peuvent estre receus et traitez, et les officiers nécessaires pour leur service et traitement logez et accommodez, mais que l’église et chapelle qui y doit estre construite est la partie la moins avancée, pour ce que les fonds destinez pour le basliment de ladite maison n’ont pu suffire, ayans lesdits sieurs gouverneurs fourny pour ce qui a esté fait plus que ne montent les deniers qui leur ont esté baillez pour ce faire, ce qui a esté occasion que ledit seigneur cardinal, jugeant n’estre moins nécessaire de penser au salut des âmes des pauvres qui y seront receus, qu’au traitement de leur corps, ce qui ne se peut faire aisément si la chapelle n’est baslie et accommodée pour y faire le service divin, afin que les pauvres y assistant y puissent recevoir quelque spirituelle consolation en leurs infirmitez; à celte cause, pour donner moyen auxdils sieurs gouverneurs de faire bastir et élever ladite chapelle le plus soudainement que faire se pourra , ledit seigneur cardinal a donné, cédé, quitté et transporté par ces présentes, sans aucune garantie que de ses faits et promesses seulement, qui sont qu’il n’a cédé ni transporté les parties ci-après déclarées à d’autres personnes, auxdits sieurs et administrateurs dudit hostel Dieu de cette ville, aussi administrateurs dudit hospital des Incurables audit nom, la somme de, etc. (Registre des Incurables, fol. U.)
Des lettres de l’abbé de Saint-Germain, datées du 28 janvier 1 6 3 8 , autorisèrent la fondation. En voici le texte :
Henry de Bourbon, évesque de Metz, prince du Saint-Empire, abbé commendalaire de l’abbaye de Saint-Germain des Prez lez Paris, à tous présens et à venir, salut. Sur tout ce qui nous a esté représenté par les gouverneurs et administrateurs de l’Hostel Dieu de Paris, que plusieurs personnes d honneur et entre autres un prélat de qualité éminente, louchez de compassion de la misère d’un grand nombre de pauvres affligez de maux et maladies incurables, dont la condition est d’autant digne de pitié, que ne pouvant avoir entrée dans les hospitaux pour y estre traitez avec les autres malades, ils demeurent languissans par les rues et sur le pavé, sans secours ni assistance, ont libéralement donné de leurs facultez pour commencer un hospital destiné particulièrement pour recevoir et subvenir aux infirmes de celle qualité .
. Désirant autant qu’en nous est ensuivre et imiter son saint zèle et charitables intentions, et seconder de tout nostre pouvoir les bonnes intentions de ceux qui ont contribué et contribuent de leurs facultez et de leurs soins audit eslablissement, avons agréé, consenti et accordé, agréons, consentons et accordons l’eslablissement et baslimens dudit hospital dans nostre justice et seigneurie du faubourg Saint- Germain des Prez, suivant le contenu desdites
lettres patentes de Sa Majesté, pour jouir par les impetrans plainement des grâces, privilèges, franchises et immunitez qui par icelles leur sont octroyées, et outre pour contribuer de noslre part à un œuvre si chrestien, avons accordé tant pour nous que pour nos successeurs abbez dudict S. Germain, de donner vicariat au preslre qui nous sera présenté par lesdits administrateurs, pourveu qu’il soit trouvé idoine et capable par nous ou le prieur claustral de ladite abbaye noslre grand vicaire, pour administrer les saints sacremens de pénitence, eucharistie et extrême-onction avec toutes les fonctions curiales à l’endroit desd. malades incurables, officiers et administrateurs dudit hospital et serviteurs actuellement et domesliquemenl servans à iceluy, fors et excepté les sainls-sacremens de bapteme et mariage, que ledit vicaire ne pourra s’entremettre de conférer, et pour recevoir les testamens d’iceux, faire et célébrer le service divin en la chapelle dudit hospital selon l’usage romain, et sans qu’il puisse prendre qualité de curé, sous quelque prétexte que ce soit, ains seulement de vicaire, et sur lequel vicaire nous et nostrc grand vicaire avons droit de visite, avons deschargé et deschargeons lesdites maisons dudit hospital et terres comprises entre la preclosture d’iceluy, contenant seize arpens en fond de terre, de tous cens et autres droits seigneuriaux que nous pourrions avoir sur lesdits lieux, sans qu’à l’advenir on y puisse rien prétendre et demander, mesme pour le délaissement qui en a esté fait par ledit Hostel Dieu audit hospital ; à la charge que si lesdits administrateurs ou autres fai— soient par cy-après bastir dans l’estenduë desdits lieux présentement admortis aucunes maisons ou habitations, lesquelles vinssent à estre possédées en propriété par autres personnes que du nombre desdits malades incurables, administrateurs, officiers, ou autres servans actuellement audit hospital, ils ne jouiront desdils privilèges, franchises, immunitez et exemptions par ces présentes accordées audit hospital; et encore à la charge que si lesdits lieux ainsi admortis ou partie d’iceux venoient à changer de main et estre aliénez et mis hors des mains dudit hospital en aucune main, telle qu’elle puisse estre, laïque, ecclésiastique, ou régulière, ils retourneront à leur première nature et origine, avec extinction de toutes les grâces, franchises, droits et immunitez accordées par nos présentes lettres de concession, que nous n’entendons octroyer sinon en faveur desd. pauvres incurables seulement;
Et avons concédé et accordé auxdits administrateurs présens et à venir, et à celuy qui sera par eux commis et préposé à la conduitle et direction dudit hospital, la correction de prison, de carcan et de fouet seulement sur les pauvres et domestiques servans actuellement, comme aussy pourra ledit administrateur juger et terminer lesdifférens civils qui pourront naistre entre lesdits pauvres incurables, officiers et domestiques demeurans dedans la closture dudit hospital, qui n’excèderont la somme de cent livres tournois; et lorsque les cas requerront plus grande punition, la connoissance en appartiendra aux officiers ordinaires de noslredite abbaye privative-
ment à tous autres, sans qu’ils puissent refuser la . à nostre bailly et procureur fiscal en
personne, voulant faire quelque commission de justice pour cas non attribuez audit hospital par nosdites présentes lettres .
Donné en nostre chasteau abbatial dudit Saint-Germain des Prcz le xx. jour de janvier l’an de grâce m. d. c. xxxviii.
Signé HENRY, évesque de Metz, abbé de Saint-Germain,
Et sur le reply : Par monseigneur, Pellaut, et scellé en cire rouge. ( Registre des Incurables. fol. là.)
Un acte notarié, conservé aux Archives nationales (carton L 766), constate que les clauses des lettres abbatiales furent acceptées par les parties intéressées.
Les deux pièces suivantes se rapportent à une prise d’eau que Louis XIV concéda à l'hospice :
. Rc R°y. par son brevet du 17 juin i6A3, a la requeste du sieur Robineau, gouverneur particulier de l’hospital des Incurables, accorda quatre poulces d’eau de fontaine audit hospital, lesquels restoient à disposer de la chute des fontaines du parc de Luxembourg venant de Rongis, laquelle après avoir servi dans ledit parc se descharge par une conduite soubz terre dans un regard qui est hors iceluy, et se perd dans les rües, comme n’estant point recherchée, pour n’estre pas nette; mais néantmoins ledit hospital s’en pourrait servir, en la Taisant épurer, et lui serait plus utile que celle des puits dudit lieu qui estoit mauvaise et fort préjudiciable aux pauvres. Sa Majesté ordonne au sieur Franchine, intendant général des eaux et fontaines de France, de faire délivrance desdits quatre pouces d’eau audit hospital. (Registre (les Incurables, fol. 7 5 v°.)
Pour conduire cette eau à l’hospital des Incurables, faire un regard, et des canaux, etc., le sieur Robineau acheta pour la somme de 100 livres tournois de rente rachetable au denier 18, des administrateurs de l’Hostel-Dieu , une piece de terre sise au faubourg S. Germain proche du regard de Luxembourg, tenant d’une part à l’église Saint-Sulpice et à M. Monrouge, de
1 autre à Guillaume Lereau . le Beau sa sœur, et autres, aboutissant d’un bout à la rué
des Vieilles- Tirailleries dite Chassemidy, et d’autre bout à la ruë qui va de Luxembourg à Vaugirard. Fait et passé le xxiv juillet 11. dc. xliii. par Guillard et le Moyne notaires. (Ibid. , fol. 76 v°.)
Un imprimé I" sans date, appartenant au carton L 7G6 des Archives nationales, nous apprend que l’hospice contenait quatre grandes salles et cinq petites, et qu’il entretenait environ cent cinquante pauvres.
Le carton L 766 renferme, en outre, une note sans dote et sans signature, mais paraissant émaner du prieur de Saint-Germain, qui constate le bon état de l’établissement au point de vue matériel. Cette pièce débute ainsi ;
" L’hospital des Incurables est, par la grâce de Dieu, si bien conduit pour le temporel K qu’on ne trouve rien à redire ny à adjouster aux règlements , qui ont esté sagement faietz « et sont exactement observez. »