‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 55 sur 81 · CONSTRUCTION DES TUILERIES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES TUILERIES

(Voir p. î et 2.)

Catherine de Médicis fil publier, en i56û, par son fils Charles IX, un c Déclaration pour vente et aliénation des hôtels royaux des Tournelles et d' Angoulêmc.

Dans cette déclaration il était dit que les deniers provenant de cette aliénation seraient «pour «edillier et construire nostre chasteau du Louvre, et autres hastimens que nous voulons eslre « construits en nostre ville de Paris, esquelz avons délibéré loger, et non plus auxdites Tour- «nelles.n ( Collection Delamarre, mss. de la Bibliothèque impériale, t. CXXXI, fol. 37 v°.)

On lit dans l’histoire de De Thou, après quelques détails sur la vente et la démolition des Tournelles : «Afin de restablir en quelque sorte ce dommage, elle fist faire aux Tuilleries, qui «sont au-dessous du Louvre, sur les bords de la Seine, un jardin de plaisance, et commença à rr baslir une maison magnifique, qui devoit estre joincte au Louvre par une galerie. r> ( Histoire de M. de Thou , des choses arrivées de son temps, mises enfrançois par Pierre du Ryer, 1669, in-fol. I. II, p. 682.)

(Voir p. 9.)

La reine Catherine, comme tous les princes ayant le goût des bâtiments, aimait à créer, et peut-être à tracer elle-mêmp, les plans généraux des palais qu’elle faisait construire.

Philibert de l’Orme dit dans sa Dédicace à la Reine de son Traité d'architecture :

ff Madame, je voy de plus en plus l’accroissement du grandissime plaisir que Voslre Majesté «prend à l’architecture, et comme de plus en plus vostre bon esprit s’y manifeste et reluit, « quand vous prenez la peine de pour traire et esquicher les hastimens qu'ils vous plaist commander estre '■ faicts , sans y obmetlre les mesures des longueurs et largeurs , avec le departement des logis , qui verita- « hlement ne sont vulgaires et petits , ains fort excellons et admirables , comme entre plusieurs est celuy du « palaiys que vous j aides baslir de neuf en Paris près la Porte Neufve et le Louvre, maison du Roy, lequel « palays je conduis de vostre grâce , suivant les dispositions , mesures et commandemcns qu'il vous plaist « m'en faire, -o

(Voir p. 10.)

Après trois ans de travaux, le palais et ses jardins étaient assez avancés pour qu’on pût les

APPENDICES

admirer et en féliciter la Heine : «Voslre maison des Tuilleries, disait par exemple Ramus 1 en « i 567, qu’est-ce qu’elle monstre à ceux de France qu’ilz ayent auparavant veu et ouy !»

Il est aussi à croire que l’Ecurie était en construction dans celte même année 1 5 G 7, et qu’elle se termina en 1 568 : les devis et marché de Petit le prouvent.

(Voir p . 16.)

Philibert de l’Orme put mener la construction des Tuileries assez avant pour que Lippomano, qui le vit en 1677 l’année même de la mort de l’architecte, ne s’aperçut pas qu’elle était inachevée. Dans sa Relation, il admire sans réserve aucune «cet admirable escalier en colite maçon, dont les marches ne sont pas plus hautes que quatre doigts, et sont portées merveil- «leusement sur une légère aiguille de marbre.»

11 ajoute, à propos des jardins : «Il y a - un beau jardin où les arbres et les plantes sont

«distribués dans un ordre admirable, et l’on trouve. . . . des bosquets, labyrinthes, des ruisseaux, «des fontaines.» (Comm. de M. Ed. Fournier.)

(Voir p. 18.)

Philibert de l’Orme était si bien l’architecte préféré de Henri II et de Diane, que nous h* voyons, le 1 1 janvier 15/19, figurer, en qualité de «conseiller, aulmosnier du Roy et son archi- «tecte,» et comme ordonnateur des travaux de l’admirable tombeau de François Ior, à Saint- Denis, dans la quittance d’un payement fait aux sculpteurs Françoys Marchand el Pierre Bontemps^ . La même année, il fait exécuter par Guillaume Rondel et Baptiste Pellerin, peintres à Paris, les ornements de la salle construite dans le parc des Tournelles, pour l’entrée du RoP4), et se prédestine ainsi quinze ans d’avance aux travaux du palais qui sera le successeur de celui-ci. (Comm. de M. Ed. Fournier.)

(Voir p. 39.)

Jean de l’Orme, le 1 1 avril 1 566 , résigna la charge de maistrc general des œuvres de maçonnerye du Roy «à Eslienne Grant Remy^, qui la garda jusqu’à sa mort, en 1678 (°h

(Voir p. 37.)

Les jardins étaient terminés en grande partie vers 1 677 ; Boulrais, dans son poème latin sur Paris, Rodolphi Boterai Lutetia, 1611, in-8°, p. 56, parle du singulier blason figuré avec ses couleurs par du buis, du thym, de l’acanthe et autres plantes de nuances diverses :

Omnin quæ variis simulare coloribus audet Pictor, in atlonso virgulto et vimine fingit,

In buxo, inque thymo, foliisque comantis achanti.

Sedulus horlorum cultor perinixta Navarrae Lilia stemmatibus videas. . .

ll) Proêine de mathématiques , 1 563 , préface.

(2) Collection des documents inédits sur l’histoire de France. Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires étrangères, recueillies et traduites par Nie. Tommaseo. Impr. imp. 1 838 , in-4°, t. H, [>. 593.

(3) Archives de l’art françois, l. V, p. 367, 35o.

Catalogue analytique des archives de M. le baron de Joursanvault , 1 838 , in-8°, t. I. p. 198. n° 1101.

(5) Arch. de l’Emp. K K 96.

(6) Ordonnances, statuts et règlements concernant

les mestiersdes maistres maçons 1699, petit in-8°,

La mode s’était établie (voir p. 38) de donner des concerts à l’écho des Tuileries; elle commença dès le temps de la Régence de Marie de Médicis (voir la Lettre de Malherbe à Peiresc, du i fr juillet 1 6i A). Tallemant des Réaux raconte plusieurs anecdotes sur des galants qui rmenoienl ^les vingt-quattre violons au bout de la grande allée des Tuilleries» pour régaler de musique leurs belles et, comme on disait alors, rrleur donner cadeau, a ( Historiettes , édit. P. Paris, t. VI. 5 3 1 ; Vil , i6ô.)

(Voir p. 69.)

Les murs de clôture du grand jardin des Tuileries durent être terminés vers octobre 1 597 , du moins du côté de la Seine; car il est dit, dans le récit de la visite du Prévôt des Marchands et des Echevins à Henri IV, après la prise d’Amiens, qu’à leur sortie du palais ils se rangèrent 'rpres des murailles de l’enclos du parc des Tuilleries, du coslé de la riviere, en attendant "Sa Majesté. a (Félibien, llist. de Paris, Preuves, t. III, p. ô8o.)

On sait que cette muraille, quand elle fut achevée, entourait complètement le parc, même du côté du palais, entre lequel et cette clôture se trouvait la large rue des Tuileries, ce qui a fait dire, vers 1 6 5 5 , à Claude Le Petit, dans son Paris ridicule , édit, du bibliopli. Jacob, 1859, in-i s? , p. i3 :

Allons faire un tour au jardin.

Despesclions sans cérémonie:

Qu'il est beau, qu’il est bien muré!

Mais d’où vient qu’il est séparé Par tant de pas du domicile?

Est-ce la mode en ces séjours D'avoir la maison à la ville El le jardin dans les faubourgs?

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