‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 68 sur 81 · PROJET DE CONSERVATION DES SUBSTRUCTIONS DU VIEUX LOUVRE · texte numérisé non relu

PROJET DE CONSERVATION DES SUBSTRUCTIONS DU VIEUX LOUVRE

Conformément à l’autorisation qui précède, les fouilles furent entreprises sous la direction de la Sous-Commission des Travaux historiques , avec le concours de MM. Rertv, Vacquer et Lafforgue. Dès les premiers coups de pioche, les substructions apparurent, au point précis où on les cherchait, et guidèrent d’elles-mêmes les explorateurs. C’est ainsi que les trois modestes tranchées qu’on avait eues en vue se transformèrent forcément en un vaste chantier qui occupa pendant plusieurs mois la presque totalité de la cour du Louvre. Les magnifiques résultats que l’on connaît excitèrent au plus haut point l’attention du monde savant, et tous les amis des sciences historiques s’empressèrent de visiter ces restes d’un passé déjà si loin de nous.

Lorsque les travaux de fouilles furent à peu près terminés, et que l’ancienne forteresse de Philippe-Auguste apparut tout entière, l’opinion publique, vivement intéressée par ces imporlantes découvertes, se préoccupa du parti auquel l’Administration s’arrêterait lorsqu’elle aurait à replacer les choses dans leur état primitif. Enfouirait-on de nouveau, et pour de longues années peut-être, les curieux vestiges qui venaient de revoirie jour? En conserverait-on le souvenir, en dessinant, sur le sol de la cour réparée, le périmètre de l’antique forteresse? Ou plutôt ne ménagerait-on pas aux générations à venir l’imposant spectacle que la ville de Paris avait donné aux érudits decesiècle, en exhumant ce célèbre château du Louvre disparu depuis la Renaissance?

Ce dernier mode de conservation eût été véritablement digne de l’importance des substructions mises à découvert. Dégagés plus complètement encore, entourés d’un chemin de ronde qui eût permis d’en faire le tour, les deux cotés du Quadrangle, le Donjon , la porte de l’Est, ainsi que les tours du Milieu et de la Taillerie, se seraient montrés aux yeux des visiteurs, avec leur solide structure et tels que le xne siècle les a édifiés. Pour cela, il aurait suffi de construire une galerie souterraine , analogue à celles que le Service municipal fait établir pour les égouts de Paris. Une descente commode, ménagée sur un point désigné par le Service d’architecture du Louvre, eût facilité la visite de l’ancienne forteresse, devenue ainsi le complément de toute excursion dans le Palais et les Musées. A coté des splendeurs du Louvre de Pierre Lescolet de Jean Goujon , des Tuileries de Catherine de Médicis et du Louvre de Napoléon III, l’antique manoir de Philippe-Auguste, avec son aspect sévère et les grands souvenirs qu’il rappelle, eût formé, au double point de vue de l’art et de l’histoire, un de ces contrastes que la ville de Londres a su ménager, et que le vieux Paris, grâce aux découvertes du Service historique, peuL encore offrir aujourd’hui.

Les documents officiels qui vont suivre se rattachent à cette importante question.

APPENDICES

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