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STATUTS ET RÈGLEMENTS

Les documents originaux contenant statuts et règlements des collèges établis dans la région occidentale de l’Université ont entre eux, comme les actes de fondation, de très grandes analogies. Leurs principaux objets sont : le mode de nomination des boursiers et de distribution des bourses, la durée des études, la direction de la maison, les sorties, les repas, les récréations, les installations matérielles, le régime scolaire enfin, dans tous ses détails.

De ces nombreuses prescriptions recueillies par Du Breul, Du Boullay, Félibien, Crevier, Ch. Jourdain et autres historiens, dans la volumineuse collection qui constitue les archives de l’Université de Paris, nous avons retenu seulement ce qui, à certains égards, présente un côté topographique. Ce sont des détails se rattachant à l’aménagement et à 1 administration temporelle des maisons scolaires.

Dans la région que nous étudions, comme dans tous les pays universitaires, il faut faire une première et importante distinction : les collèges réguliers, comme celui de Prémontré, ouverts seulement aux novices de l’ordre et soumis à uue réglementation monastique, ne doivent pas être confondus avec les collèges séculiers, comme ceux de Bourgogne, de Dainville, de Tours et autres, qui comprenaient des arliens, des décrétâtes, des élèves mires, c’est-à-dire des étudiants en lettres, en sciences, en droit et en médecine. A ces derniers un peu plus de liberté est laissée; toutefois, sauf la fréquence des exercices religieux, les grandes lignes réglementaires sont presque les mêmes.

Généralement on est deux dans une chambre : bini et bini in eadem caméra ; on ne la quitte que pour aller à la. chapelle, à la classe, au réfectoire, au deambulalorium , jardin, galerie ou préau; elle demeure toujours ouverte au principal et au chapelain. On en descend a cinq heures du matin; on y remonte à neuf heures du soir; on y passe tout le temps de l’étude; on n’y mange point, et l’on n’y reçoit personne.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 641

Les statuts du collège d’Harcourt sont fort étendus; ils n’occupent pas moins de dix pages dans Du Boullay (iv, i53 — 16a) et sont divise's en quatre-vingt-six articles, ce qui témoigne de la sollicitude minutieuse avec laquelle les fondateurs ont tout examiné, tout prévu. Nous n’avons dû retenir, de ces nombreuses prescriptions, que celles qui ont trait à l’installation matérielle des écoliers et présentent ainsi quelque intérêt topographique.

Les théologiens vivent séparés des arliens ; à ceux-ci la petite maison d’Avranches située près de la porte d’Enfer ; à ceux-là le grand hôtel, également d’Avranches, qui confine à l’église de Saint-Côme : «Slatuimus quod Theologi separalim vivant et cohabitent ab Artistis , videlicet in inajori domo quæ est versus portam Inferni, nec habeant aliquid commune in cohabitatione, excepta capella.»

La chapelle n’était pas le seul lieu où ils se rencontraient, ils devaient prendre leurs repas en commun : «Tarn Theologi quam Artislæ simul coincdant in prandio et in cœna. n

Les uns et les autres avaient droit à des chambres que leur assignait le Maître: «Tarn Theologis quam artistis cameræ assignentur per Magistrum, prout melius videritexpedire.il

Au collège de Tours, où l’administration était fort économe, les écoliers ne devaient jamais transporter dans leur chambre le bois servant à la cuisine : «Lignum, quod singulis annis emitur sumptihus collegii , pro carnihus et aliis epulis communitatis solummodo decoquendis . . . , nullus ad suum cuhiculum transférât. » 11 en était de meme du feu produit par la combustion du bois; on devait le couvrir soigneusement après le repas, et aucun écolier ne pouvait ni le découvrir, ni en emporter chez lui; le proviseur était chargé d’y veiller: «Lignum studiose conservari et cum maxima parcimonia comburi satagat, ignem cito post prandium et cœnam cooperiendo aut cooperire laciendo; et si quis postea ilium discooperiat. . . graviter puniatur.u

Personne ne pouvait recevoir l’hospitalité au collège, ou y séjourner, sans la permission du principal ou proviseur: «Nullus hospes in domo sine licenlia principalis. . ., petita et oblenta remaneat, nec etiam bospiletur. r

Deux portes donnaient accès dans le collège de Tours; l’une s’ouvrait sur la rue Serpente, l’autre sur celle de la Harpe. La première était la principale; chaque boursier en avait une clef, et c’est par là seulement qu’il devait passer : «Quia nunc sunt duo ingressus, seu duæ portæ in collegio quorum unus est in vico Serpenlis, et aller in vico Cilharæ, volumus et ordinamus quod porta in vico Serpentis sita sit porta principalis dicli collegii, sicut lundator voluit; cujussinguli bursarii habeant unam clavem, illam portam sempcr ut daudant, <|uanclo exibunt.fl La seconde n’était qu’une porte de service, et le principal seul en avait la clef : «Quantum vero ad portam in vico Githaræ silam, quæ fuit facta pro munilionibus et commoditatibus collegii, et aliis negotiis necessariis subveniendis, volumus quod sit semper die dausa, et quod solus primarius habeat clavem dicti ostii, per quod nullus, nisi ex causa, poterit ingredi nec egredi collegium.n L’économe lui-même ne pouvait introduire des provisions dans le collège par la porte de la rue de la Harpe, qu’en demandant la clef au principal : «Cum procurator indigebit clave pro necessitalibus collegii, primarius Lradet illi unam clavem. n

Comme dans la plupart des collèges parisiens, le principal du collège de Tours distribuait les chambres, a raison d’une pour deux écoliers; le plus ancien avait, de préférence au plus jeune, la garde de la petite bibliothèque dont chaque chambre était pourvue : «Principalis caméras assignabit scolaribus, eruntque duo in uno cubiculo, et antiquior receptus habebit bibliothecam in suo cubiculo exislentem, et præferetur posLeriori recepto. r> Si cependant un boursier était prêtre, lecteur en médecine, en droit canon ou en théologie, on devait lui donner une chambre pour lui seul : «Si tamen aliquis dictorum scolarium sit magister, aut alias. . . v* 81

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graduatus, et maxime si sit iector in medicina, canonibus, vel theologia, solus habeat cameram. w Quant au principal, il avait droit à deux chambres, pour lui et scs serviteurs, et à une cave : cfMagister domus habebit duo cubicula pro se et suis famulis, cum una cavea.n

Les choses avaient été ainsi réglées à nouveau en i54o; vingt-trois ans après (i563) l’arcbevêque Simon de Maillé, qui paraiL avoir porté beaucoup d’intérêt à son collège, était obligé d’augmenter la bourse, ou pitance hebdomadaire des boursiers eL du principal, rr parce que notoirement toutes sortes de vivres et choses nécessaires pour la vie et entretenement des personnes sont, à Paris, excessifs, mesme le pain et viandes, etque l'intention du fondateur a esté que les boursiers fussent alimentez, nourris et entretenu/, aux despens du revenu du college. . . lequel, oullre les réparations et aultres charges nécessaires, est suffisant pour avoir, chascun desdicls boursiers, par chascune sepmaine, la somme de quinze sols tournoys, et au principal vingt-deux sols six deniers tournoys.'’

L’augmentation parut insuffisante, car vingt-quatre ans plus lard, le vicaire général du même prélat, à ce aulorisé sans doute, élevait la bourse des écoliers à vingt-cinq sols, et celle du principal à trente-six sols six deniers, autant ^ par grande cherté de vivres, que par accroissement des revenus du collège, augmentez environ du tiers, puis quelques années en ça ». Ainsi on ne songeait point à nommer de nouveaux boursiers, quand les ressources delà maison s’accroissaient, mais bien à doter plus largement ceux qui étaient en possession de la bourse; pour en augmenter le nombre, il fallait une nouvelle fondation.

Les mêmes usages, clauses et prescriptions, se retrouvent à peu près dans tous les collèges parisiens. A Dainville, on faisait l’inventaire de tous les biens meubles et immeubles du collège, deux fois par an, à la Saint-Jean et à la Toussaint. Une tenue décente et honnête était de rigueur avant l'obtention de la bourse; un trousseau était exigé, et il en restait une partie au collège après le départ des boursiers, disposition qu’on retrouve dans les prospectus de nos modernes établissements d’instruction publique et privée. Le semainier devait non seulement faire la dépense des repas, mais encore servir à table et manger ensuite avec le lecteur.

Dans tous les statuts et règlements, on remarque la même confusion : réception des boursiers, distribution des bourses, heures du lever, du coucher, des repas et des classes, administration temporelle, réparations et entretien, exercices de piété, services religieux pour le repos de lame des fondateurs, prescriptions relatives au costume, aux sorties, aux visites, etc., etc.; tout se suit sans autre ordre que celui auquel a obéi la pensée du fondateur. Aussi voit-on de nombreuses additions et modifications se produire dans les statuts et règlements primitifs. Aux \vic et xvii° siècles, les établissements fondés par les Jésuites sont un stimulant et déterminent un certain travail d’unification; au xvnT siècle l’autorité souveraine intervient et réalise l’unité scolaire, en réunissant tous les petits collèges rr sans exercice « à celui de Louis-lc- Grand.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

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