‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 52 sur 206 · I. — PREMIÈRE CHAPELLE DE LA RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

I. — PREMIÈRE CHAPELLE DE LA RÉSURRECTION

Celte chapelle, dont Le Beuf ne parle pas, se trouvait immédiatement à droite quand on pénétrait dans l’église par la façade occidentale; elle était donc la neuvième et dernière, à gauche, quand on descendait du maître autel vers le portail. Elle prenait jour sur la rue du Cimetière-Sainl-André. Ou 1 appelait aussi «la chapelle des Gailardsn, parce qu’elle avait été concédée, par acte du î h novembre 1617, à Claude Gallard, secrétaire du lloi et receveur des consignations, ainsi qu'à Marguerite Mandat, sa femme, «pour eux, leurs hoirs et ayants cause, à l'avenir, perpétuellement avec un droit de sépulture dans ladite chapelle, aussi pour eux, leurs hoirs ou ayants cause et ceux à qui ladite chapelle appartiendrai!. Claude Gallard et Marguerite Mandat s’engagèrent à payer une somme de cinq mille trois cents livres, dont cinq mille pour subvenir aux frais de construction de la chapelle, et trois mille «pour les affaires communes de la fabrique n.

Dans la liasse relative à la première chapelle de la Résurrection, on ne trouve point la trace du payement des cinq mille trois cents livres; mais une possession longue et ininterrompue établit suffisamment le droit de propriété des Gallard. Le fondateur a été inhumé dans la chapelle, et l’on y voyait son épitaphe avec la date de sa mort, 29 mai 1 6 3 6 , ainsi qu’une mention de Marguerite Mandat; un mémoire du xvine siècle, faisant partie de la liasse que nous avons dépouillée, conclut en reconnaissant les droits de la famille Gallard, pour elle et ses descendants, sous la condition, imposée à ceux-ci, d’établir cette descendance..

Acété de l’engagement des époux Gallard, se place celui des marguilliers; il est ainsi conçu : «De leur costé, lesdiclz sieurs marguilliers promectent et seront tenuz faire bastir et construire une chapelle qui aura treize pieds de longueur sur dix piedz de largeur en œuvre; et sera ledict bastiment de mesme maçonnerie et symétrie que celle desdictz sieurs les Chartriers, jà bastie en ladicte église, du costé de la rue du cimetière dudict Saint André des Arts, lors les ouvrages de cuivre et aultre matière, qui sont en la surlace de l’autel. En oultre,

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, sera faict , sous ladicte chapelle, une cave voultée pour servir de sépulture auxdictz sieur et damoiselle Gallard, leurs hoirs et ayants cause, et ceulx auxquels ladicte chappelle appartiendra W. v

Les termes mêmes de ce contrat nous apprennent de quelle façon se fondaient les chapelles de Saint-André. Un notable paroissien, voulant avoir sa sépulture dans l'église et posséder une chapelle semblable à telle ou telle autre, fondée antérieurement par un personnage de son rang et de sa condition, s’entendait avec la fabrique et donnait pour modèle la chapelle déjà construite. Un devis était fait, et les travaux s’exécutaient à la charge du fondateur ; les dépenses excédant le devis étaient payées par la fabrique. C’est à une émulation de ce genre que l’église Saint-André, fort simple primitivement, dut cette ceinture de chapelles qui lui assurait une place à part parmi les autres églises de Paris.

La liasse où se trouve le contrat de fondation de la première chapelle de la Résurrection, contient aussi divers mémoires de maçonnerie, charpente, menuiserie, serrurerie et marbrerie relatifs aux réparations et entretien de ladite chapelle, dans le cours des xvn° et xvme siècles.

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