‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 107 sur 202 · ES ——— 10 M · texte numérisé non relu

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La maison de Des Yveteaux fut donnée par lui à son neveu Nicolas Le Vauquelin, le 18 octobre 1644, et celui-ci l'abandonna par échange, le 30 décembre 1658, à Jacques Lemacon, seigneur de la Fontaine, par lequel elle fut morcelée

en trois parties, dont on a fait depuis sept propriétés différentes. I Ù [ pu prof

CENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN

Deux maisoxs sans désignation (1595); en1547, le Lerrain était occupé par des jardins.

Maison sans désignation (1547). Gette maison et les deux précédentes furent achetées, en 1640, 1642 et 1644, par le due de Liancourt, qui les annexa à son hôtel. Toutefois, en 1687, deux maisons seulement de la rue des Marais sont

déclarées dépendre de l'hôtel de la Rochefoucauld, soit parce que la troisième

Cette galerie, dont nous donnons le plan et coupée, en 1874, pour le passage d'un égoul, el rela coupe d’après les relevés de M. Th. Vacquer, a élé connue par le Service historique de la V ille—1.M.T. e

fut aliénée, soit parce qu'elle fut confondue avec une autre. Vers la même époque, la maison servant d'issue à l'hôtel de la Rochefoucauld était déjà séparée de la suivante par une allée conduisant en‘la maison du Point-du-Jour, rue de Seine.

Mason sans désignation. C'était peut-être la troisième de celles qu'acheta le due de Liancourt; ce qu'il y a de certain cest qu'elle était comprise dans la suivante avant le xvne siècle.

Maisox sans désignation, que parait avoir habitée, vers 15/47, un artiste illustre, le peintre Jean Cousin. Voici, en effet, comment est concu l’article du censier de 1549-1548 qui s'y rapporte : « De maistre Jehan Cousin, painetre, pour sa maison «et jardin, assise en ladicte rue Desmaretz, contenant... tenant d'une part à « Loys Vachot, et d'aultre part à ladicte rue Desmaretz. » Cet article est d’ailleurs confirmé par celui du censier de 1595, où on lit : «De Claude Alexandre et sa femme, ayant les droictz des héritiers, hoirs ou ayant cause de feu maistre «Jehan Cousin, pour une maison et appartenances assise en ladicte rue Desma- «retz; tenant d’une part aux hoirs feu M. le président de la Porte, d'aultre part «à une maison faisant le coing de ladicte rue Desmaretz, et d'autre bout par der-

«rière à... qui doibt de cens, chacun an, ledict jour Saint Rémy, nn nd p.U

La rue Sainte-Marguerite, aujourd'hui dénommée rue Gozlin, commence au lieu où se réunissent les rues de Bussy, des Boucheries, de lÉcole-de-Médecine et du Four. À son extrémité occidentale, qui touchait à l'ancienne rue de l'Égout, elle a été raccourcie, d'abord par le prolongement de la rue Bonaparte, puis par l'ouverture de la rue de Rennes.

Nous rectifierons, à l'article de la rue Taranne, l'erreur dans laquelle sont tombés Sauval et Jaïllot, en identifiant la rue « Madame de Valence» avec la rue Sainte-Marguerite; mais, à propos de cette dernière voie, des méprises bien plus importantes ont été commises et doivent être relevées. En eflet, suivant Jaillot et tous les écrivains postérieurs, la rue Sainte-Marguerite ne dateraié que de 1636,

et occuperait l'emplacement même du fossé de l'abbaye, creusé en 1368. Or

ces deux aflirmations sont erronées: car, si le comblement du fossé, en 16306, a permis de bâtir des maisons sur le côté septentrional de la rue, il n'en est pas

moins vrai que la voie existait antérieurement, bordée de constructions du côté

9 Arch, nat., reg. LL 1195, fol. :

v’, etreg. S 3058. lol. 124 v°. — La superficie de la maison est

restée en blanc dans le censier de 154

méridional seulement, et cela dès l'origine des fossés. absolument comme les rues de TÉchaudé et du Colombier, dont la situation était analogue. Il y a plus : uous sommes sûr que la rue dont il s'agit, placée sous le vocable de Sainte-Marguerite à partir de 1625, n’a subi alors aucun changement dans sa direction. en existe deux preuves certaines : d'une part, les maisons bâties sur le côté sep-

tentrional et profondes de dix toises, ainsi que les maisons correspondantes de la

rue du Colombier, ont pareillement leurs façades élevées sur le mur de la contrescarpe. laquelle était parallèle à l'enceinte de l'abbaye; d'autre part, en 1640 encore, lorsqu'on donnait les alignements d’une maison faisant le com de la rue des Ciseaux, on déclarait sen tenir aux «anciens vestiges.» Cette dernière circonstance explique lirrégularité d'alignement de ce côté de la rue, qu'on n'a

jamais cherché à redresser avant notre époque.

Depuis l'établissement des fossés, la rue Sainte-Marouerite a été énoncée dans les titres «chemin qui est sur les fossez» (1398), «ruelle des Fossez» (1453), «chemin des Fossez» (1530) et rue des Fossés-de-l' Abbaye (1628); mais bien plus souvent on ne la désignait que par la formule «sur les fossés.» Avant l'établissement des fossés, la rue Sainte-Marguerite proprement dite n'existait pas; mais il y'avait à une voie, un peu plus distante de la rue du Four, longeant les murs de l’abbaye, et reliant, sans décrochement, la rue des Boucheries à la rue Taranne. L'ancien carrefour Saint-Benoît et l'ancienne place Sainte-Marguerite provenaient de cette voie primitive, qu'on n'a point encore signalée, et dont on a peine à découvrir quelques mentions dans les archives de Saint-Germain-des- Prés.

Un manoir qui y était situé et qui fut vendu, le jour de Ascension 1336, par Jean-Robert de Verdelles au chevalier Henri de Courpalay, est simplement dé-

claré + devant les murs de FAbbayt mais un document de 1406, dans lequel

on lil «maison... rue du Four... aboutissant aux terres des fossés où souloyt avoir une ruelle appellée rue Neufre, » nous apprend que tel était le nom porté alors par la rue dont nous parlons. Elle est également appelée «rue Neuve» dans le censier de 1355, antérieur de treize ans au creusement des fossés. On la voit dénommée, en outre. «rue du Perron, » dans le rôle de la taille de 1292, où il est impossible de douter de son identité, et «rue delez les murs de lAbaïe, » dans le rôle de la taille de 1296.

Le perron auquel il est fait allusion dans le rôle de 1292 était peut-être

l'entrée de l'abbaye, voisine de la place Sainte-Marguerite. IL est question de la

maison du Perron en 1270, ainsi qu'en 1355, et, d'après une charte de 12

une maison placée auprès formait l'encoignure : domus juæta Perronem, que facu

cuneum. Quant à la place Sainte-Marguerite, elle était appelée jadis, non point

place. mais + chemin par où l'on va au pont de FAbbayve» (1398); « chenun da

«pont de PAbbaye» (1393); rue devant l'entrée de l \bbaye» (1474); «rue du «pont de l'Abbaye» (1593), et «chemin par lequel l'on va à l'Abbaye» (1530). ] ÿ I l À

Les maisons des environs ont souvent été dites aussi «devant le Pilory, » à cause du pilori qui fut érigé au carrefour et que représente le plan de 1548. I consistait en une lanterne, coiflée d'un toit conique et exhaussée sur un soubassement. Comme sa situation le rendait gênant, afin de le reculer on le démolit peu après 1636, et quelques années plus tard on renonça à le rebâtir. Il avait été érigé en vertu de l'autorisation que Philippe le Hardi accorda aux moines de l'abbaye, au mois d'août 1275, d'avoir des piloris et des fourches patibulaires dans les fiefs où ils posséderaient le droit de haute justice. IT est parlé, dans une

sentence de 1453, des masures situées devant le pilot, et de celles de Bello Visu,

sises au dit lieu.

En 1548, à l'entrée de la rue Sainte-Marguerite étaient placées des barrières

situées à quarante-huit toises de la rue des Ciseaux.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTICE ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Partie postérieure de la maison nu Cuarrau-Rouce, faisant le coin de la rue du

Four et ayant sa principale entrée dans cette rue.

aN- Casin, située rue du Four.

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