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ET PETITE RUE DE NESLE

La rue Mazarine commence au carrefour de Bussv et finit maintenant à la rue

de Seine, en faisant un coude; elle débouchait sur le quai Malaquais avant la

construction du collége des Quatre-Nations.

L'ilot compris entre la rue Mazarine et la rue de Seine était encore tout en

culture vers 1529 ©, et se composait alors de deux pièces de terre. La première,

celle du midi, en bordure sur la rue de Bussy, contenait deux arpents el demi

et fut baillée à bâtir à plusieurs individus, dès 1530. Au mois de mai de celte

innée. Thomas Blanche, Jean Gaudin, Denis Du Pont et Geollroy Guibaut en

Il avait été rcommis» de Claude Vellefaux, et, dès le mois de mai 1627, il lui avait succédé dans sa charge de voyer de l'abbaye. C'est Gamard qui donna le premier plan de la reconstruction de Saint-Sulpice.

En 1385, Francois Salle, conseiller du roi, prit à bail de l’abbaye, pour y établir une tuilerie,

un arpent de terrain situé près des fossés de la

ville, tenant, d’une part, rà la lerre de Monsieur

“de Barry.» Gette tuilerie, qu'on avait laissée à l'état de masure dès 1396, élait probablement située dans l'ilot formé par les rues de Seine et Mazarine, ainsi que trois arpents de vigne que Malotio, chambellan de Philippe- Auguste, vendit à l'abbaye, l'an 1200. Ces trois arpents avaient appartenu aux Juifs et élaient situés devant la porte Saint-G

main (de Bussy), près d’un lieu dit le

Petit-Pré (parvum pratum ).

RUE MAZARINE ET PETITE RUE DE NESLE. 209 prirent chacun un quartier, el Philippe Lenoir, ainsi que Nicole Prévot, chacun un demi-quartier. La première pièce appartenait à l’aumônier de Saint-Germaindes-Prés, et ne fut séparée de la seconde qu'en 1510. Gette dernière s’'étendait jusqu'au bord de l'eau, et contenait cinq arpents un quartier el vingt perches; elle fut accensée, le 3 mai 1510, à l'enlumineur Jean Pichore. duquel elle fut acquise, le 19 septembre 1519, par les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu, à l'occasion de la fondation de l'hôpital voisin, dit le Sanitat.

L'abbaye, ne trouvant point son compte à ce que le terrain, de Pichore passät à un établissement de mainmorte, se pourvut devant le Parlement à l'eflet de coutraindre les Frères de l'Hôtel-Dieu à exhiber leurs titres de possession, à payer les droits de lods et ventes et à vider leurs mains de leur nouvelle propriété. Un arrêt rendu le 28 septembre 1530 et confirmé par un autre du 20 août 1531 obligea les Frères de l'Hôtel-Dieu à aliéner, dans les trois mois, la pièce qu'ils tenaient de Pichore; ils la cédèrent à Gilles Lemaïtre, avocat du roi. et plus tard premier président du Parlement.

Quelques années après, Gilles Lemaître intenta, à son tour, un procès aux ‘moines de Saint-Germain. I] leur reprochait d'avoir élargi à ses dépens les deux

voies qui limitaient son lot, et même d'en avoir vendu une partie à leur profit.

L'accusation était fondée, car l'abbaye, par transaction du 25 septembre 1538, accorda comme indemnité à Lemaître un terrain de 150 perches carrées, atte- “nant au Petit-Pré-aux-Cleres. C'est sans doute à la suite de cet accord que Lemaitre commença à morceler ses cinq arpents et à en céder les lots à des parüculiers, qui y bâtirent rapidement. En 1542, l'ilot entier élait couvert de

constructions,

La rue Mazarine doit son nom au collége Mazarin, autrement des Quatre-Naüons (aujourd'hui palais de l'Institut), fondé vers 1665, et elle a été dite alors rue Mazarin (1687). Elle s'appelait auparavant rue du Fossé (1617), ou des Fosses de la Porte de Nesle, «rue d’entre les portes de Bussy et de Nesle (1628), ou simplement rue de Nesle, parce qu'elle longeait le fossé de la ville entre les deux portes, comme faisait anciennement le chemin qu'elle a remplacé et qu'on ne désignait que par la formule générique de chemin sur les fossés. An xvr' siècle, la rue Mazarine était fréquemment dénommée la rue des Buttes (1547), à cause de buttes qui servaient au tr des archers, et semblent avoir été placées sur le bord même du fossé, attendu qu'on lit dans des titres de 1531 et 1554 : «maison. «près les battes où tirent les archers. .. aboutissant d’un bout sur la rue de Seine. «el d'autre sur les fossez de la ville, le chemin et les buttes entre deux: «maison ...-sur les fossez, devant la butte des archers.» Ces buttes provenaient, suivant Jaullot, des décombres amoncelés de tuileries voisines. Il en est question déjà en 1523, et même encore en 15803 mais nous ne savons quand elles furent

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rasées. Nous remarquons seulement que, en 1595, les maisons formant l'ilot compris entre la petite rue de Nesle et le bord de l'eau sont déclarées se trouver

«sur la butte,» et, en 1699, ainsi qu'en 1663, «sur la butte du port Malaquest. »

au contraire, indiquée, et d'une manière incontestable, dans le censier de 1539. même dès 1530. Il est done manifeste qu'elle a été ouverte en mème temps qu'on baillait à bâtir les terrains bordant la rue de Bussy et qu'on ahgnail les rues voisines, c'est-à-dire en l’année 1530, où nous constatons d'ailleurs que fut accensé le terrain de lilot de la Butte, terrain que Gilles Lemaitre soutenait

avoir été une portion du sien, Jaillot rapporte que, dans une déclaration de

5ho, la petite rue dont nous parlons est appelée rue Traversine ©). Nous l'avons vue énoncée æchemin du port de la Tour de Nesle,» en 1530 et 1h47, désignation qui a été aussi appliquée à la rue Mazarine (1542); puis «Petite rue de «Nesle,» de 1595 à 1663; «& Petite rue qui aboutit à la rue de Seyne d'un bout, «et de l'autre sur la porte de Nesle apelée la rue de Nesle,» en 1604; «Petite rue de Seine,» en 1617, et (peut-être par erreur) «rue des Portes,» en 1600 et 1692.

En 1636. la rue Mazarine n'était encore pavée que sur une largeur de huit à neuf pieds, le long des maisons.

On ne s'explique pas quelle était l'uuilité de est dite, dans le censier de 1595, conliguë vers

celte rue, si celle des fossés aboutissait alors sur le l'ovient à la Butte, détail évidemment copié sur un

ainement ainsi à la fin du document ancien.

quai, el il en était ce

si Peut-être y a-t-il lieu d'en conclure que la Il ajoute que la maison dont il s'agit dans la

jutle interceptait la voie et qu'on eut alors l'idée de briser, à son extrémité, la ligne droite de la rue nouvelle, pour lui créer une issue. À l'appui de Fhy-

pothèse que nous hasardons, nous constalons que

la maison faisant le coin nord-ouest de la petite rue

déclaration relevait de la censive du président Lemaître. La censive de cette région appartenait à l'abbaye Saint-Germain, et, si le Domaine l’a revendiquée, le président Lemaitre n'y à jamais rien prétendu.

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