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TOMBE DE FRÉDÉGONDE

La tombe de Frédégonde était placée à lorient du tombeau de Chilpérie, entre l'extrémité du gros mur septentrional du sanctuaire et la première colonne du même côté. Ce monument curieux diffère des précédents en ce qu'au lieu d’être exécuté en sculpture il est formé d’une sorte de mosaïque composée de matières vitreuses, colorées de divers tons et réunies par un ciment {rès-dur; des dessins tracés par des filets de cuivre enveloppent des morceaux de la même matière vilreuse qui simulent des pierreries. Ce travail est analogue aux émaux cloisonnés; des fils de métal tracent un dessin dentelé autour du cadre de cette tombe et sur la robe de la reine. Toute cette mosaïque délicate est établie dans une pierre dure d'un grain très-fin, dont certaines parlies ont été conservées au niveau du reste, tant pour indiquer largement les contours et les plis du vêtement que pour laisser une place importante au visage, aux mains et aux pieds: la pierre élant très-polie en ces divers endroits, il est probable qu’elle a été peinte, dans l'origine pour mieux figurer ce que les parties ménagées dans cette pierre devaient exprimer.

La reine, couchée, a la tête couronnée de lis et de pierreries; la main gauche, ouverte, est appliquée sur la poitrine; de la droite elle porte un sceptre surmonté d’un fleuron. Une longue robe attachée par une ceinture la couvre, les manches sont bord ées d'un galon; des filets de métal, incrustés dans la matière de la mosaïque, divisent la robe en douze zones horizontales. dont

la plus basse est de largeur double et terminée par une grande bordure; un manteau placé sur

cette robe est fixé sur la poitrine par une agrafe; il est bordé sur tous ses contours. Les chaussures, terminées en pointe, sont, comme le masque et les mains, dépourvues des détails que probablement la peinture ajoutait aux silhouettes, qui seules existent aujourd'hui.

On à pensé que ce monument pouvait être celui qui fut originairement placé sur la sépulture de Frédégonde en 594; cela parait peu probable. Tous les autres tombeaux méroyingiens ont

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disparu, puisqu'ils ont élé renouvelés après la reconstruction de l'église; celui-ci, dont la fabrication est des plus fragiles, n'a pu survivre seul à la destruction de la basilique primitive par les Normands, qui, en l'incendiant, ont dû amener la chute du loit et des constructions supérieures sur le payé, el détruire tout ce que renfermait l'édifice. Bien que le travail qui constitue ce monument offre de l’analogie avec les émaux cloisonnés qu'on rencontre dans les sépultures de cette époque, les lis de la couronne, le nœud et la disposition de la ceinture, le galbe et la forme aiguë des souliers ont une allure du moyen âge qui peut faire douter de l'ancienneté de ette mosaïque, qui doit dater de l'achèvement de l'église au xu° siècle. Le tombeau de Frédéronde. recueilli au Musée des Monuments français par A. Lenoir, le 292 ventôse an ur, a élé

ransporté à l'église abbatiale de Saint-Denis.

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