‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 177 sur 202 · SAINT-GERMAIN- DES-PRÉS. — FAÇADE LATÉRALE RESTITUÉE · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN- DES-PRÉS. — FAÇADE LATÉRALE RESTITUÉE

La façade latérale de l'église de Saint-Germain-des-Prés que nous reproduisons est celle du côté du nord; elle a été dégagée de toutes les constructions secondaires qui sy appuient, afin de faire mieux connaitre le style de son architecture. Toute la partie occidentale, depuis le grand clocher de la façade jusqu'à celui qui s'élève auprès du sanctuaire, est dans le style du xr° siècle et peut être attribué à l'abbé Morard. Cette première moitié de l'édifice comporte le clocher

principal, dont la façade septentrionale offre la plus grande similitude avec celle de l'occident,

publiée à la page xIx, moins le portail servant d'entrée à l'église. Au delà de ce clocher se pré sente, à rez-de-chaussée, le mur extérieur de la nef latérale du nord avec les contre-orts qui soutiennent la poussée des voûtes. Contre ce mur s'appuyaient les voûtes du cloître. Au-dessus du toit, en appentis de ce bas côté, s'élève la haute muraille de la nef principale de l'église, percée de cinq grandes fenêtres qui l'éclairent; elles sont encadrées de moulures et de billettes, sortes de denticules arrondis; ces moulures forment un bandeau continu qui passe sur les contre-forts destinés à soutenir le mur et les voûtes. Une corniche ornée de modillons couronne la façade.

\u delà des constructions de la nef s’avance le transept du nord, dont les contre-forts et la corniche existent encore, mais dont toute la façade est occupée par une grande fenêtre en ogive, de construction moderne, remplacée, sur la gravure, par deux baies en plein cintre dans le style de celle de la nef; plus loin que le transept s'élèvent les murailles des chapelles situées latéralement au chœur; elles ont le même caractère que les constructions de la nef; une petite porte, bouchée aujourd'hui, y était pratiquée pour aller à l'ancienne sacristie placée de ce côté. Le clocher voisin du sanctuaire est rasé, depuis 1822, à la hauteur de son premier élage; il pré-

sentait, par son architecture, une grande analogie avec celle des parties ocecidentales de l'église,

el se divisail en cinq élages apparents, dont trois ouverts de fenêtres doubles et décorées de

pilastres et d'archivoltes; une flèche en bois et quatre clochetons couvraient la tour. L'architec-

ture des chapelles de Fabside et celle des hautes constructions du chœur différent de celle du

reste de l'édifice, et elles sont d'une époque postérieure; l'are aigu y surmonte loutes les baies; dans les parties hautes les fenêtres sont doublées, et des colonnettes supportent les archivoltes;

d'épais ares-boulants maintiennent la poussée des voûtes du chœur. Une corniche ornée de mo-

dillons couronne l'édifice et soutient la saillie du toit.

Le linteau qui surmonte la baie d'entrée de la grande porte occidentale de l'abbaye est composé d'une seule pierre sur laquelle est seulptée la Gène; ce bas-relief est dessiné dans son élat actuel

en haut de la planche. Le Christ y est représenté assis entre les apôtres; saint Jean, placé à sa

droite, s'incline sur la table; un apôtre à genoux en avant de Jésus lui présentait un calice; cette figure a été détruite à l’époque de la Révolution de 1789. Le dessin fait voir aussi la double série de chapiteaux que surmontaient autrefois huit statues dont le portail était décoré; ces chapileaux existent encore, mais ils surmontent aujourd'hui des colonnes qui remplacent les figures détruites à la Révolution.

Au bas de la planche est représentée toute la statuaire du portail, telle qu'on la voyait dans

le siècle dernier; elle est publiée ici d'après le dessin original qui fut exécuté pour être gravé à

la planche VIE du grand ouvrage intitulé : Trésor des antiquités de la couronne de France, publié

en 1745 par Montfaucon. Cette reproduction du dessin est plus précise que celle qui est gravée

dans l'ouvrage précité et présente avec elle des différences. Le caractère des têtes et de la seulpture. en général, a été alléré par un graveur inhabile.

On a longuement discuté au sujet des statues qui décoraient le portail de l'église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés; Dom Mabillon y a vu, à la partie gauche en entrant dans l'église, les représentations de saint Germain, auprès de la porte, et ensuite celles de Clovis, de sainte Clolilde et de Clodomir; puis debert. et celles d'Ultrogot

, à la partie droite, celles de Chilpérie, auprès de la porte de Chil-

ie et de Clotaire. Dom Ruinart pensait que la figure d'évêque était

celle de saint Remy. Il conservait les autres désignations de ce côté; en face, sur Fautre paroi

du portail, il substituait Thierry à Chilpérie proposé par Mabillon. Un autre auteur qui a gardé

l'anonymie voulait que les statues placées à la droite de l'évêque, qu'il considérait comme

saint Germain, fussent Pépin, Bertrade et Charlemagne; vis-à-vis, 1l plaçait Carloman d'abord

et conservait les trois autre retrouvé les noms

CLODOMR

leaux que tenaient les dern

s noms donnés par Mabillon. Dom Ruinart avait VS, et celui de Clotaire, CHLO....VS, inscri

ières statues de chaque série; on ne pouvait don

de Clodomir, s sur les deux rou-

: admettre, à cause

de ces dénominations, que ces huit figures aient représenté des personnages de l'Ancien Testa-

ment, comme cela fut presque généralement pratiqué par les sculpteurs du moyen âge lorsqu'ils

décoraient les portails d'églises. Quoi qu'il en soit, ces sculptures dataient du xn° siècle, et non

de l'époque de la première construc ion de l'église, comme l'ont pensé les différents auteurs

ités plus haut. Le portail et le clocher auraient été construits dans le x1° siècle, mais le style des

statues et des cl ui les surmontaient inc

iapiteaux € ique que la décoration n'aurait élé terminée

que dans le siècle suivant.

Les portes en bois qui servent encore aujourd'hui à clore l'église sont du commencement

du xvi° siècle; deux anneaux en bronze, soutenus

les

par des têtes de lion qui étaient placées sur

panneaux inférieurs de la menuiserie, dataient du xu° siècle; l'un d'eux est dessiné de face

et de profil au milieu de la planche.

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