CLOCHER DE LA FAÇADE DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-DE
grand clocher qui s'élève sur la facade occidentale de l'église Saint-Germain -des-Prés
offre, dans sa partie supérieure, de curieux détails; l'étage qui porte directement la flèche en bois est décoré de colonnes engagées, dont les bases et les chapiteaux sont d’une grande simplicité, nécessaire à une aussi haute élévation; ces colonnes supportent des arcs en plein cintre très-bien construits et qui sont disposés sur deux plans différents, ce qui résulte de la disposition des colonnes; ce plan partiel, gravé au-dessous de Félévation, en explique la combinaison; des
frettes décorent les archivolles de ces ares. La corniche qui surmonte cet étage est formée € consoles sur lesquelles reposent, horizontalement, des dalles de pierre disposées régulièrement taillées en biseau par-dessous pour simuler une moulure.
La coupe gravée au bas de la planche indique comment sont construites à l'intérieur les fenêtres doubles des deux étages supérieurs du clocher, ainsi que les grands ares de décharge qui supportent des consoles sur lesquelles repose le poids principal du beffroi. Ces consoles sont idées dans leur fonction par des moulures saillantes placées à la hauteur de Fimposte des
fenêtres, et sur lesquelles s'appuient des contre-fiches en bois qui portent une partie de la charge
de cette lourde charpente: ce beffroi, cependant, est moderne et bien moins important que celui qui devait supporter autrefois les grosses cloches de l’abbaye, lesquelles, en 1580 et 1581, lurent fondues de nouveau par un nommé Pierre Leroy, lrès-habile fondeur:; elles étaient considérées
omme les plus harmonieuses et les mieux d'accord qu'il v eût à Paris.
XXI] TOMBEAU ET EPITAPHES On fit, en 1656, un tombeau pour couvrir les restes de la reine Biibilde ou Blithilde. femme du roi Childérie IT, assassinée avec lui et leur jeune fils Dagobert dans la forêt de Livry par Bo
dillon. Le cercueil de la reine avait été retrouvé et ouvert en 1645, lorsqu'on fit des réparations
au sanctuaire de l'église abbatiale. Le squelette avait été vu alors enveloppé encore dans un
partie des vêtements : un coussin d'herbes odoriférantes était sous la tête; le corps du jeune Dagobert reposait sur celui de sa mère. Ce tombeau de Bilihilde n'a pu être recueilli, comme les précédents, au Musée des Monuments français, et prendre ensuite sa place chronologique dans
la série des tombes royales à l'église de Saint-Denis, parce qu'il avait été détruit à l’époque de
la Révolution de 1789. Le seul document qui reste pour le faire connaître est le dessin de la collection Gaignières publié sur celte planche.
Au-dessus du caveau situé au milieu de l'ancien sanctuaire de l'abbatiale de Saint-Germaindes-Prés, on lisait une inscriplion apprenant que Îles religieux bénédictins y avaient placé le cœur du prince Henri de Bourbon, due de Verneuil, leur abbé, mort en 168».