ACTE PREMIER — SCÈNE IV
TAGUS
Nous faisions les délices de Vienne !
Nous étions là !
L'HOMME
L*infante, autant qu'il m'en sou\denne Était, sur ma parole, adorable en Hébé. Elle avait une jupe en gros de Tours flambé. Allait, venait, riait, et versait à la ronde. Et grisait, avec l'air le plus galant du monde. D'un vin qui n'était pas pris dans les aqueducs. Un olympe de rois, de ducs et d'archiducs !
Il étale ses fioles aux yeux de la foule.
— Des fioles pour les dents, la fièvre et la S3,Ticope !
TAGUS, en fausset.
Qui demande un flacon ? Qui veut son horoscope ?
L'HOMME
Je viens du Portugal ! J'arrive. Ils ont un roi
Tout jeune, — il a seize ans, — et joyeux, sur ma foi !
Quand l'alcade Obregon, maintenant en disgrâce.
Lui demanda : Comment délivrer Votre Grâce
Du comte de Valverde ? il dit : En l'assommant ! —
Avec la gaîté propre à cet âge charmant.
Mélancoliquement.
O jeunesse ! printemps ! ciel d'azur !
A la foule.
— Qui demande Les huiles de beauté ?
Se penchant sur les acheteurs.
Lys ? jasmin ? rose ? amande ?
TAGUS, avec emphase.
Parlez ! ! !
Pendant que les spectateurs s'empressent autour du tréteau, achetant, choisissant, payant, Tagus prend à part un bourgeois et l'attire sur le devant du théâtre par un des gros boutons que le bomrgeois porte à son habit.
TAGUS, confidentiellement, au bourgeois.
Manant ! — mon maître est un magicien Si grand que...
H dresse le doigt en l'air, comme pomr lui désigner un objet éloigné dans les nuages.
Voyez-vous cet oiseau ?
LE BOURGEOIS, levant la tête.
Non.
TAGUS
Eh bien, Mon maître, s'il lui plaît, va lui diriger l'aile Selon la sphère droite, oblique ou parallèle.
Il prend la bourse du bourgeois dans une des poches de son gilet.