SCÈNE II LA REINE seule, puis DAME CLAUDE
LA REINE
Plutôt que de t 'attendre, infâme, que je meure ! Il viendrait me narguer, le traître ! — En vérité !
Elle sonne. Une de ses femmes, dame Claude, paraît à la porte du pan coupé à droite.
— Claude, mon lit est prêt ?
DAME CLAUDE, désignant la chambre d'où elle sort.
Oui, madame, à côté,
LA REINE, sur le devant du théâtre, rêvant.
Le roi n'est plus mon fils. La cour est mazarine.
Cet homme me mettrait le pied sur la poitrine
Que mon fils en rirait !... — Mes amis sont exclus. —
Silence et rêverie profonde.
Si Monsieur seulement avait deux ans de plus !
Rêverie plus profonde encore.
Ou bien... — si... —
Relevant la tète.
Ce sont là d'effrayantes pensées.
Elle entre dans la chambre voisine, précédée de dame Claude qui a pris le flambeau resté sur la table.
Moment de silence. La chambre est redevenue déserte et obscure. Tout à coup, dans le pan coupé à gauche, un panneau de boiserie, pareil du reste à tous les autres, tourne sur lui-même et laisse voir une entrée qu'il masquait. Cette entrée paraît donner sur un petit escalier à vis. On voit monter un homme vêtu de couleur sombre, enveloppé d'un manteau, une lanterne sourde à la main. C'«t le comte Jean. — Il entre laissant le panneau ouvert derrière lui.