‹ TorquemadaChapitre 167 sur 176 · ACTE m — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE m — SCÈNE III

Il se retourne vers le panneau entr'ouvert et se penche sur l'escalier obscur.

C'est ici. Montez.

Paraît le Masque enveloppé d'un grand manteau et coiffé d'un large chapeau rabattu, accompagné d'Alix.

LE MASQUE, jetant à terre manteau et chapeau.

Alix ! Je t'aime !

Je SUIS libre 1 A présent le monde est à nous deux !

Au comte Jean.

Oh ! faites-moi sortir de ce masque hideux !

LE COMTE JEAN

Sur-le-champ.

Il fait signe au Masque de s'asseoir, puis il tire une lime du havre-sac et se met à limer le cadenas du masque.

LE MASQUE

Enfin ! - Mais - où sommes-nous ?

LE COMTE JEAN, ç, , . , Nous sommes

bous la garde des morts, près de Dieu, loin des hommes Une ombre amie et sainte ici veille sur nous. Un vieux soldat vous guide.

Montrant Alix qui en entrant s'est agenouillée en silence sur un prie-Dieu dans le coin du théâtre.

. Un ange est à genoux,

-Ne craignez rien.

LE MASQUE

Merci !

LE COMTE JEAN

Demain vers la frontière Nous fuirons. En deux jom-s nous serons à Mézière. Nos amis vont s'armer. En attendant, sans bruit, Dans ce château désert il faut passer la nuit.

Tout en parlant, il a achevé de limer la serrure du masque, qui cède et s'ouvre enfin.

Voilà.

Il ôte le masque au prisonnier et le pose sur un guéridon dans l'angle du salon.

Au moment où il est délivré du masque, le prisonnier reste un moment comme éperdu de bonheur, et semble respirer à l'aise avec une joie immense. — C'est un beau jeune homme d'environ seize ans.

LE PRISONNIER

Dieu!

ALIX, le contemplant.

Qu'il est beau ! Plus encor que mon rêve

LE PRISONNIER

L'ombre qui me couvrait, l'ombre affreuse se lève ! Ma tête se redresse et plonge avec fierté Dans l'air, dans la lumière et dans la liberté ! Tout brille ! Je voudrais tout saisir au passage.

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