ACTE III — SCÈNE IV
Je le laisse envoyer au doge une ambassade. Je veille sur Turin, anneau qui souvent rompt.
— Farnèse, Gonzague, Est, maisons qui s'éteindront ! — A Parme le vieux duc mourra de mort soudaine ;
Une duègne à Mantoue, im enfant à Modène ; J'y suis maître déjà, sans fracas, sans émoi. Les républiques sont à des doges à moi. Je tiens, car des Bru tus la vertu s'humanise. Gênes par Paoli, par Comaro Venise.
— Bon pays ! — le poignard, mais jamais l'échafaud.
— Quant aux petits états populaires, il faut Laisser comme hochet, malgré les diplomates, Lubeck aux allemands et Raguse aux dalmates. Donc, tout marche à mon but, tout va bien, tout est sûr.
Rêvant.
A peine deux points noirs dans ce beau ciel d'azur. C'est Madrid qui conspire et Londres qui résiste ; C'est Cromwell, heureux fou ; Philippe, idiot triste.
— Mais bah !
Retombant sur la carte.
Rome !...
Rêvant.
O cité que les ans font courber.
Qui parle sans comprendre et penche sans tomber. Si bien qu'en la voyant la pensée indécise De la tour de Babel flotte à la tour de Pise I
Relevant la tête.
— Expliquons d'une part, et de l'autre étayons ! Hors d'Europe, la France a d'immenses rayons. La France partout veille. Heureuse, forte, armée. Elle éteint en passant toute guerre allumée. Le sophi voulait prendre avec le Kurdistan Candahar au mogol, Babylone au sultan ; Nous l'avons arrêté. Pour la vente et l'échange Déjà nous remplaçons, du Tigre jusqu'au Gange, Marchands arméniens et marchands esclavons. Partout nous devenons les maîtres ; nous avons Dans l'Inde des soldats, en Chine des jésuites. Nos machines de guerre en tous lieux sont construites ; Sûr moyen de régner sans lutter. — Je suis vieux. Tout brisé par les ans, mes pires envieux ; Je vois déjà, dans l'ombre où pas à pas je tombe. Quelque chose d'ouvert qui ressemble à la tombe. Eh bien, si l'heure sombre est tout proche en effet. Quand Dieu dans mon cercueil me criera : Qu'as-tu fait ? Je pourrai dire : O Dieu, l'onde a battu ma tête ; Quand je suis arrivé, tout n'était que tempête ; L'esprit des temps nouveaux, l'esprit du temps ancien, Luttaient ; c'était terrible, et vous le savez bien ! Louis onze a livré la première bataille ; n
François premier, venu pour élargir l'entaille, f
Est mort à l'œuvre avant que le géant tombât ; Richelieu n'a pas vu la fin du grand combat ; Tous ces hommes, suivant leur loi haute et profonde. Ont fait la guerre. — Moi, j*ai fait la paix du monde !