‹ TorquemadaChapitre 48 sur 176 · PREMIÈRE PARTIE — ACTE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — ACTE II

Ah çà ! mais je serais un imbécile. Il faut Que j'existe. Allez donc demander au gerfaut, A l'aigle, à l'épervier, si cette chair qu'il broie Est permise, et s'il sait de quel nid sort sa proie. Parce que vous portez un habit noir ou blanc. Vous vous croyez forcé d'être inepte et tremblant. Et vous baissez les yeux devant cette offre immense Du bonheur, que vous fait l'univers en démence. Ayons donc de l'esprit. Profitons du temps. Rien Étant le résultat de la mort, vivons bien ! La salle de bal croule et devient catacomoe. L'âme du sage arrive en dansant dans la tombe. Servez-moi mon festin. S'il exige aujourd'hui Un assaisonnement de poison pour autrui, Soit. Qu'importe la mort des autres ! J'ai la vie. Je suis une faim, vaste, ardente, inassouvie. Et le monde est pour moi le fruit à dévorer. Mort, je veux t'oublier. Dieu, je veux t'ignorer. Vivant, je suis en hâte heureux ; mort, je m'échappe !

FRANÇOIS DE PAULE, à Torquemada.

Qu'est-ce que ce bandit ?

Mon père, c'est le pape.

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