DEUXIÈME PARTIE — ACTE I
J'en vais ouvrir la porte et vous livrer passage. Afin que votre altesse aille, selon l'usage. Chercher sa fiancée et la ramène ici Pour faire hommage au maître et lui dire merci. Le roi veut vous parler avant qu'on vous marie. Tel est l'ordre. Il sera dans cette galerie.
DON SANCHE
J'aimerais mieux aller droit à l'église.
Il faut Obéir, monseigneur. Le roi dira ce mot : Je consens. Et d'ailleurs, c'est la coutume ancienne. Votre couronne étant vassale de la sienne.
DON SANCHE
Soit.
LE MARQUIS
Il faut vous astreindre aux usages légaux.
DON SANCHE
Ainsi, mon père ?...
LE MARQUIS
C'est Jorge, infant de Burgos.
DON SANCHE
Et mon grand-père, c'est...
LE MARQUIS, à part.
C'est moi !
DON SANCHE
...C'est le roi, père
De l'infant.
LE MARQUIS
Vous aurez un règne long, prospère... — Laissez-vous diriger par moi.
Les yeux fermés.
Je ne sais pas pourquoi, je crois que vous m,' aimez. Je ne vous connais pas depuis longtemps. Vous vîntes Un jour avec un ordre — oh ! j'eus d'abord des craintes. Nous chercher. Rose et moi, dans notre vieux couvent. Pour nous conduire auprès du maître. En arrivant J'eus peur, il nous semblait être presque une proie. Enfin on nous marie, et je suis plein de joie. Et je sens près de vous mon cœur en sûreté.
LE MARQUIS
Comptez sur moi. Je veux votre félicité,
Et je confie à Dieu votre tête bénie.
vSi vous étiez malade en un lit d'agonie,
Et si, comme jadis pour Jean, comte de Retz,
Il vous fallait du sang à boire, j'ouvrirais
Mes veines pour vous voir, au gré de mon envie.
Pendant que je mourrais, renaître de ma vie !
O mon prince, mon roi, mon seigneur 1