‹ TorquemadaChapitre 96 sur 176 · DEUXIÈME PARTIE — ACTE III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — ACTE III

Lui montrant le parc et les massifs d'axbres.

Toute cette nature est comme un bruit de lyre.

DOÎÎA ROSE.

Ah ! quand on se revoit, tout ce qu'on veut se dire Vous arrive à la fois aux lèvres, le passé. Le présent, ce qu'on a souffert, voulu, pensé. Tant de nuits sans sommeil, Dieu, sa miséricorde. Les hommes, si méchants... Enfin l'âme déborde, On dit : Je t'aime ! alors on voit qu'on a tout dit. Ami, j'ai bien pleuré ! Quand l'espoir se perdit. Quand je me vis au fond de ce cloître emmenée. Oh ! quand je vis le fil de notre destinée Se rompre, et nos deux cœurs l'un de l'autre arrachés. Et les projets du roi vaguement ébauchés, Horreur ! je me sentis tendre, invincible, forte, Fière, et j'ai souhaité bien des fois être morte.

Un vague clair de lune commence à se mêler aux perspectives obscures de l'horizon.

DON SANCHE

Et moi, si tu savais !... Mais, Rose, oublions tout. Le cœur seul est vivant, l'amour seul est debout. Tout le reste s'écroule et meurt. Nous allons être. Oui ! mariés, sauvés ! Moi, je crois en ce prêtre. Il nous rend ce qu'il a reçu de nous. Aimons ! Vivons ! Vois se lever la lune sur les monts, Vois ces eaux, vois ces bois qu'emplit une âme immense ; Toute cette beauté. Rose, est de la clémence.

Toute cette douceur éparse en ce beau lieu Nous ordonne de croire et nous répond de Dieu. Ne crains plus rien, belle âme innocente apaisée ! La douleur, c'est le lys ; l'espoir, c'est la rosée. La douleur s'ouvre, et Dieu d'en haut pleure attendri. Et c'est là l'espérance. Oui, nos deuils, notre cri. L'ont ému. Des gardiens inconnus nous préservent. . Je vois autour de nous des ombres qui nous servent. Que te dire ? Je t'aime ! Ah nous sommes vainqueurs, Et tout le bleu profond du ciel entre en nos cœurs. Espérons !

Oui, je sens que quelqu'im nous délivre. Oui, j'espère. Espérer, c'est naître.

DON SANCHE

Aimer, c'est vivre.

doNa rose.

Qu'avais- je dans l'esprit ? Ah ! voilà ! je voudrais Te dire que je t'aime !

DON SANCHE

Approche alors.

Elle approche.

Tout près.

Elle approche. Tous deux tombent sur le banc, dona Rose dans les bras de don Sanche.

DORA ROSE, le contemplant.

G don Sanche ! ô mon roi ! quel beau front que le vôtre

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