XXVIII. — Broca
Garçon de 4 ans 1/2 L'enfant fut apporté il y a cinq Jours, le 4 juillet, à notre consultation. Il souffrait d'une réaction périlonéale modérée, mais évidente, avec 395 de température, et dans le ventre, un peu ballonné, partout sensible, ma main tomba tout de suile, à droite de la ligne médiane, sur une grosse masse dure et mate, que la douleur et la défense musculaire m'empêchèrent de palper avec précision. Elle occupait toute la fosse iliaque droite et atteignait, de l'ombilic au pubis, la ligne médiane qu'elle dépassait peut-être un peu. |
Notre diagnostic à ous fut appendicite. Il était commandé non seulement par l'examen local actuel, mais encore par les commémoralifs. La crise, en effel, avait débuté brusquement le matin même de l’amenée à l'hôpital, par une douleur vive quand lenfant s'élait levé. Mais depuis cinq à six mois des souffrances abdominales s'étaient déclarées à droite, surtout depuis deux mois, à la suite d'une chute elles s'étaient aggravées ; elles procédaient par crises avec un peu de fièvre, sans vomissements. L'enfant état habituellement constipé. Aussi attribuai-je à l'appendicite celte crise aiguë fébrile avec langue saburrale, avec Lumeur iliaque douloureuse à droite. Le seul fait anormal étail le volume de la Lumeur, cerlainement gros, quoique la crise n’eût, nous disait-on, que quelques jours de date. Mais vous savez qu'assez souvent des lésions rapides se préparent pendant quelques jours sans atlirer l'attention des profanes, el on nous donne comme loule fraîche une crise qui en est déjà à son troisième ou quatrième jour ; un exemple récent el royal vous prouve qu'on peut trouver un abcès gros el profond à un sujet qui, la veille au soir, banquelail avec des diplomates.
Une tuméfaction aussi volumineuse laissait peu de chances de réussite au traitement médical : quoique l'on voit quelquefois
ns JOURS
fondre de façon remarquable des empâtements considérables, où presque tout revient à la lymphangite et à l’épiploïte, l'existence d'un abcès me paraissait presque certaine. Mais comme il n'y avait aucun des symptômes que maintes fois je vous ai signalés, exigeant l'intervention immédiate, je jugeai que la glace et l'opium pouvaient être essayés. Le lendemain matin, en effet, le météorisme, la douleur diffuse, la défense musculaire avaient diminué ; deux jours après, ils avaient complètement disparu, et il me fut dés lors loisible d'apprécier des signes qui me firent peu à peu douter du diagnostic, doutes qui s’aggravèrent hier et avant-hier, en sorte que ce matin je vous dis, avant d'opérer, que j'ignorais la nalure exacle de la lésion, mais que ce n’était pas une appendicite. Pourquoi celle négahon el pourquoi l'avoir émise, à quoi pouvailon penser ? Ce n'élait pas une appendicite parce que, la tumeur grosse comme une orange, fluctuante, élait assez régulièrement arrondie, à surface lisse, et surlout sans aucune induration inflammatoire, autour d'elle, autour d'un abcès appendiculaire de ce volume, l’empâtement est obligatoire. En outre il n'y eût pas eu une détente semblable, avec un état fébrile sans caractè e infeclieux. +
Ses Lorsque j'ouvris l'abdomen, j'arrivai derrière le péritoine pariétal, blanc, épaissi, lardacé, sur une membrane kystique fixée de toutes parts, à la paroï et à l'intestin grêle, par des adhérences glutineuses. Je pus les libérer facilement en passant la main, et Jeus la même impression que pour un kyste de l'ovaire à pédicule récemment tordu. J’emmenai ainsi au dehors un kyste rond à paroi tomenteuse extérieurement translucide, à liquide clair, appendu au sommet du grand épiploon. J'avais détordu celui-ci de gauche à droile d'un demi-tour et vous voyez en ce moment l’élat suivant :
Dans ses trois ou quatre centimètres inférieurs, l’'épiploon est épaissi, induré, ecéhymqotique; Il s'insère sur le pôle supérieur de la tumeur dont la parokest à ce niveau, elle aussi, épaisse et ecchymolique ; Finfiltration sanguine descend sur le liers supérieur de la calotte. Le liquide que j'ai fait sortir en incisant la poche était clair, mais sans avoir cependant la limpidité de l'eau de roche, et il était contenu dans une membrane hydatique des plus nettes.
L'histoire devenait ainsi fort claire : depuis longtemps l'enfant portait dans la pointe de l'épiploon un kyste hydatique, qui devint par
OO
Lorsion du pédicule la cause des accidents aigus. Ces accidents furent, en effet, cliniquement identiques à ceux que provoque la torsion du pédicule d’un kyste de l'ovaire, et chez une femme il est certain que j'aurais porté le diagnostic. — Guérison.