‹ Torsion du Grand ÉpiploonChapitre 43 sur 45 · ONE · texte numérisé non relu

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valle, elle émet par l'anus du sang pur. Cetle hémorragie aurait été assez abondante, la malade L'évalue à un demi-litre, mais il êst à supposer qu'elle exagère beaucoup. Epuisée par la perte de sang et plus encore par les évacuations alvines trop fréquentes et accompagnées de coliques, elle reçoit d'urgence les soins d'un médecin qui lui administre une potion laudanisée et couvre le ventre de cataplasmes.

Dans la journée elle constate elle-même que sa hernie est plus volumineuse qu'à l'ordinaire, qu'elle est douloureuse au (toucher ef enfin qu'elle ne rentre plus. Comme il n°y a ni vomissements, nipausées, ni fièvre, on attend. Les douleurs-abdominales s'atténuent, sans cesser néanmoins. Pendant deux jours l'état reste stationnaire. Un autre médecin est alors consulté. Il remplace les calaplasmes par une vessie de glace, et, comme la malade n'a pas eu de selle depuis l'avant-veille, il prescrit un purgatif, qui provoqua plusieurs selles diarrhéiques. Il n'en résulle aucun soulagement. Le ventre est, au contraire, tendu, douloureux, la tumeur herniaire augmente el devient le siège de vives souffrances.

Le 21, quatre jours après le ‘début des accidents. la malade est lransportéé dans mon service. Il n'y a pas eu de vomissements et Jamais les gaz n'ont élé supprimés. Le pouls est bon, régulier, el la tempéralure de 37%. Le ventre est légèrement météorisé el Lous les mouvements réveillent des souffrances. ;

L'a tenlion est tout de suile attirée par une saillie anormale occupant la région inguinale gauche, la partie correspondante du mont de Vénus:et la grande lévre qui offre l'aspect habituel des hernies inguinales irréductibles. La lumeur est du volume du poing. Sa consistance est très ferme, sans bosselures. Elle est un peu douloureuse à la pression, mais peu. Elle est mate à la percussion. L’explorallon monlre, en outre, qu'elle est absolument irréductible. Ces conslatalions, rapprochées de l'absence de vomissements et de la persistance des gaz el même des selles nous font admettre qu'il s'agit d'une épiplocèle devenue irréductible

Ce point acquis, je découvre en pratiquant la palpation de l'abdomen, palpalion facile malgré le léger méléorisme, une autre masse située à gauche de la ligne médiane, entre l'arcade erurale et Fombilic, plus grosse que les deux poings, irrégulière, mal limitée, à surface inégale, bosselée, de consistance très ferme et, contraire-

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ment à la tumeur inguinale, très douloureuse à la moindre pression. Elle paraît êlre au contact de la paroï abdominale, (oute la main en apprécie avec netteté certains détails. Elle n’est pas mobile, forme une sorte de gâteau, de plastron. Il n'est pas possible d'établir s1 continuité dvec la tumeur herniaire, bien qu'elle descende jusqu'à l’'arcade crurale.

Le toucher vaginal est négatif ; le petit bassin ne contient rien d’anormal, l'utérus, les annexes n’offrent aucune particularité digne d'être notée et la tumeur abdominale semble n'avoir aucune connexion avec l'appareil génital.

Le siège, la consistance de la tumeur, les circonstances où elle est apparue me font penser à une épiploïte par lorsion herniaire el abdominale. Le diagnostic était posé d’une façon formelle, la malade fut opérée séance tenante, une demi-heure après son entrée.

J'incise d'abord la tumeur herniaire. L'incision sera plus lard prolongée sur la paroi abdominale et atteindra 18 cm.

Après avoir traversé une très épaisse couche de {issu adipeux, je découvre, environné de tissu œdémateux, le sac herniaire extrêmemement épais et transformé en une coque carlonneuse rigide. A l'ouverture 1l s'écoule un peu de liquide jaune, louche. Il est rempli par de l'épiploon épaissi, rougeâtre, induré, roulé en boule et uni à Ja face interne du sac par des adhérences glulineuses. Altiré à l'extérieur, ce paquet d’épiploon se laisse déplisser quelque peu, et, d’une sorte de cavité formée par l'organe sur lui-même, s'écoule une assez grande quanlilé de liquide louche, analogue à celui que nous avons vu précédemment s'échapper du sac. Au niveau du trajet inguinal, lépiploon est forlement serré par le collet du sac, étroitement appliqué au bord de l'orifice inguinal externe. Je fends l'aponévrose du grand oblique pour ouvrir le trajet inguinal et constate qu'à ce niveau la paroi abdominale est dans toute son épaisseur le siege d'un ædème assez accusé.

L'incision est prolongée vers l'abdomen. un peu en dehors du muscle droit. J'ai dû donner 18 em. à l’incision cutanée ; ladipose sous-cutanée élait considérable, mais l’incision musculo-aponévrolique remonta seulement à quatre travers de doigt au-dessus de larcade de Fallope.

L'ouverture du périloine, au-dessus du trajet inguinal, dopna

issue à un liquide rosé, sanguinolent, tout différent de celui que

ra

contenait le sac. Il s'en écoula 50 à 60 grammes. Je reconnus immédiatement derrière la paroi la grosse masse bosselée et pâteuse que j'avais sentie à la palpation. C'était bien l'épiploon se continuant en bas avec le contenu du sac herniaire, l’épiploon très modifié, tassé, agglutiné, ecchymotique, induré, formant une tumeur véritable, adhérente à la paroi, à la fosse iliaque interne, franchissant en dedans le rebord pelvien pour pénétrer quelque peu dans le bassin. Cette masse fut isolée, libérée avec douceur, finalement atlirée sans grande difficulté hors de la plaie. Elle était supportée par un pédicule relativement étroit au-dessus duquel persistail une courte portion d'épiploon sain. Deux travers de doigt séparaient à peine la parlie élranglée du côlon transverse. J'emportai la tumeur en plaçant sur l'épiploon sain, presque au ras du côlon, une série de ligatures embrassant chacune un pelit paquel de tissus.

La malade guérit parfaitement,

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