SCENE II MADAME DE CERMOISE, puis BLANCHE
MADAME DE CERMOISE, seule, s'adressant à Totote qu'elle tient debout sur la table.
Mademoiselle Totote, écoutez-moi... l'heure est solennelle : dans quelques intants, vous resterez seule avec votre mari... Apprenez donc que le mariage n'est pas une simple cérémonie... il y a un mystère qu'on vous cache, à vous autres jeunes filles, un mystère dont vous ne vous doutez pas... Soyez bien gentille, bien obéisssante. (Avec émotion.) On vous demandera des choses... des choses qui paraîtront tout d'abord excessives à votre pudeur de demoiselle...
(Très émue, s'interrompant.) C'est bête ! Il me Semble
que j'entends maman le soirde mon mariage! (a Blanche qui rentre.) Eh bien! C'est monsieur Boby?
10 TUTOTK ET 15()I!Y
BLANCHE
Oui, uiaiiaiiie, mais ce n'est pas le valet de chambre qui l'amène, c'est monsieur le marquis luimême.
MADAME DE CERMOISE, se levant.
Ah ! mon Dieu t Et moi qui suis à peine coiffée... Prenez Totote un instant. (Elle lui passe ïotoie, puis va
s'arranger les cheveux devant la glace de la chemiaée») Lom-
ment est-il?
BLANCHE
Superbe... le poil soyeux I
MADAME DE CERMOISE
Je VOUS parle du marquis.
BLANCHE
Oh ! pardon, madame... je croyais... Il est très bien, très chic^ dans les trente-huit.
MADAME DE CERMOISE.
Ah I Et monsieur Boby est superbe?
Des yeux pleins de feu I
MADAME DE CERMOISE, redescendant un peu.
Pourvu qu'il ne soit pas trop brutal I
BLANCHE
Oh ! madame, un chien du faubourgSaint Germain... il doit y mettre des formes.
MADAME DE CERMOISE.
Faites entrer ces messieurs.
BLANCHE
Bien, madame!
TOTOÏE ET BOBY 11
MADAME DE GERMOISE, prenant Tolole des bras de Blanche.
Allons, mademoiselle Totote, venez^ dans les JH'as de votre petite mère.
Blanche fait entrer le marquis qui tient Boby dans ses bras puis disparait.