Archives nationales, F
2. On dénonçait particulièrement la maison de M^^de Sennoville, ruo de Paris, 78. Archives nationales, F'' 6397.
le résultat de cette campagne fut piteux : on ne parvint à arrêter ' que le frère cadet de d'Aciié, brave homme inofîensif et extrêmement borné- qui portait le prénom justifié de Placide^ et qu'on appelait familièrement Toiirlou7\ à cause de sa lourdeur d'esprit et de sa rotondité ^. Sa plus grande crainte était d'être confondu avec son frère, ce qui lui était advenu fréquemment; d'Aché l'aîné étant insaisissable, c'était sur Placide, qui aimait la tranquillité et ne bougeait guère de chez soi, que dévoyaient invariablement toutes les enquêtes. Cette fois encore la chose ne manqua pas et Manginotmit la main sur lui, croyant faire merveille; le premier interrogatoire le détrompa. Pourtant il rendit compte de sa prise à Real qui, dans son ardent désir de satisfaire aux ordres du Premier Consul, essaya de donner le change et prit sur lui d'assurer que Placide d'Aché était un brigand royaliste tout aussi redoutable que son frère; il expédia l'ordre de traîner sous forte escorte le prisonnier à Paris, se réservant de l'interroger lui-même ; mais, dès qu'il eût vu Toiiriour, dès qu'il lui eût posé quelques questions, entre autres sur sa conduite pendant la Terreur, l'autre ayant répondu : « — Je me suis caché chez maman » , Real comprit que ce n'était pas là un homme digne d'être posé devant un tribunal, en rival de Bonaparte. Il le garda cependant en