‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 30 sur 125 · Fauriel, Les derniers jours du Consulat · texte numérisé non relu

Fauriel, Les derniers jours du Consulat

n'avait pu indiquer, comme Picot, que le pavillon du quai de CJiaillot et le logement de la rue Carême-Prenant, et l'on ignorait toujours la retraite de Georges. Les révélations, arrachées par la peur ou la torture à ses affiliés, grandissaient encore la figure de cet homme extraordinaire en montrant la puissance de l'ascendant qu'il exerçait sur ses compagnons et le mystère dont s'entouraient tous ses actes. Une légende se créait autour de son nom et les communiqués publiés par le Moniteur ne contribuaient pas peu à faire de lui une sorte de personnage fantastique qu'on s'attendait à voir surgir tout à coup, pour terminer la révolution par quelque grandiose coup de théâtre.

Paris vécut dans la fièvre les premiers jours de mars 1804, suivant avec anxiété le duel à mort engagé entre le Premier Consul et cet homme-fantôme traqué dans la ville, qu'on croyait rencontrer partout' et qui demeurait insaisissable. Les barrières étaient fermées- comme aux jours les plus tragiques de la Terreur; des patrouilles de policiers et de gendarmes gardaient toutes les rues ; les troupes de la

1. «Le général Duplessis au général gouverneur de Parie, 23 pluviôse an XII. Deux militaires reconnaissent Georges dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, le suivent jusqu'au coin de la rue Coquillière où il "entre dans un café. Les deux sergents y sont entrés, ont demandé une bouteille de bière et ont été chercher la garde. Pendant cette minute, Georges étonné que deux militaires demandassent une bouteille de bière sans la boire, en témoigna sa surprise tout haut et s'en fut avec son camarade. » Archives nationales, F' 6.392.

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